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Retour à 90 km/h autorisé : Conséquences pour les départements et automobilistes

Le Premier ministre Édouard Philippe a indiqué, le 16 mai dernier, sur l’antenne de France Info, être favorable à un assouplissement de la mesure des 80 km/h, laissant ainsi aux départements la possibilité de repasser à une limitation à 90 km/h sur certains axes. Cette mesure aura plusieurs conséquences pratiques dans sa mise en œuvre. Le point sur le sujet.
Sommaire

Un amendement LREM proposait de donner la possibilité aux présidents des conseils départementaux de déroger aux 80 km/h et de rétablir s’ils le souhaitent une limitation à 90 km/h sur les routes de leur département. Cet amendement qui a été adopté en commission dans la nuit de jeudi 16 à vendredi 17 mai doit être examiné à l’Assemblée nationale dans les jours qui viennent dans le cadre du projet de loi d’orientation sur les mobilités.

Retour à 90 km/h autorisé : Conséquences pour les départements et automobilistes


Les présidents de département décideront de la vitesse maximale autorisée

L’une des interrogations sur ce dossier concerne les routes qui seront concernées par cet assouplissement. 400 000 km de voies nationales et départementales à double sens sont actuellement limités à 80 km/h. Et il s’agira toujours de la règle de base. Néanmoins, les présidents de conseils départementaux pourront s’ils le souhaitent réaugmenter la vitesse maximale sur certains axes à 90 km/h.

Plusieurs élus se sont déjà exprimés à ce sujet. Et les territoires qui souhaitent le plus un retour aux 90 km/h sont les départements les plus isolés comme le Cantal, l’Ardèche, la Corrèze ou encore la Dordogne. Les autres souhaitent prendre le temps de réfléchir.

L’association 40 millions d’automobilistes est satisfaite

L’association 40 millions d’automobilistes se dit satisfaite de cette annonce et ajoute que c’est « une victoire pour nous et la sécurité des routes ».

En revanche, ce n’est pas l’avis de la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon qui considère cela comme une régression. « Quand les présidents de conseils départementaux décideront de repasser une route de 80 à 90 km/h, ils le feront sur ce qu’ils appellent les belles routes droites où il y a le plus de trafic, mais qui sont aussi les plus dangereuses et ils le paieront cher », affirme-t-elle. La mortalité sur ces axes pourrait ainsi remonter selon elle.

De nouveaux panneaux devront être installés

Lorsque la mesure des 80 km/h est entrée en vigueur, cela a entraîné le remplacement d’une centaine de panneaux en moyenne dans chaque département, pour un coût estimé à l’époque entre 6 et 12 millions d’euros.

Si un président de département décide de déroger aux 80 km/h et de repasser à une vitesse maximale de 90 km/h sur certains axes, il devra de nouveau les changer. Une opération qui a donc un coût.



Une mise à jour des navigateurs GPS devra être effectuée

Les 1,7 million de personnes qui utilisent des appareils GPS Coyote ou son application mobile disposeront d’une mise à jour automatique et progressive après que les élus aient pris leur décision.

Les 5 à 6 millions de personnes qui utilisent le système Tomtom bénéficient quant à elles de mises à jour gratuites et à vie. Elles devront ainsi connecter leur GPS à Internet.

Enfin, pour les véhicules équipés de GPS intégré, les conducteurs devront, le plus souvent, remettre leur voiture à un concessionnaire pour procéder à la réinitialisation du système ou acheter, pour les systèmes les plus vieux, une nouvelle version du logiciel GPS.