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Retrait des mentions « sans » sur les étiquettes de produits cosmétiques

Depuis le 1er juillet 2019, les mentions « sans » (silicone, paraben, etc.) disparaissent des emballages cosmétiques au profit de la liste des composants.
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Depuis le 1er juillet, et ce dans toute l’Europe, les mentions « sans » sur les cosmétiques disparaissent. En France, ces allégations marketing sont accusées de tromper le consommateur. Explications.

Retrait des mentions « sans » sur les étiquettes de produits cosmétiques


Des directives déjà soulignées en 2016

La Commission européenne a souhaité que l’article 20 du Règlement des cosmétiques soit conforme aux pratiques en vigueur. En 2016, 90 % des allégations sur les cosmétiques étaient justifiées. Seules les mentions « sans » et « hypoallergéniques » étaient problématiques.

En 2017, le document technique (Technical Document on cosmetic claims) a été rendu public par un groupe de travail de la Commission européenne. Malheureusement, ce texte n’obtient pas toute la portée qu’il devrait, faute de mandat explicite.

Ce n’est qu’en 2018 que l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité) introduit deux nouvelles annexes à sa Recommandation Produits Cosmétiques et publie sa 8e révision. Les mentions suspectes doivent être retirées. L’application est donc programmée pour le 1er juillet 2019.

Des termes marketing pour faire vendre

« Hypoallergénique », « sans paraben », « sans fluor », « sans silicone », etc. Ces mentions « sans » pullulent sur les emballages cosmétiques. Le seul but des fabricants reste de rassurer le consommateur, souvent à tort, en vue de lui faire préférer leurs produits plutôt que ceux de la concurrence.

Mais derrière ces fameux « sans », se cachent des composants encore plus nocifs pour la santé. Sans parler des allégations mensongères.

Toutes les mentions « sans » sont-elles concernées ?

Toutes les mentions « sans » ne sont pas concernées par cette directive européenne. D’autre part, les produits bio n’ont pas l’intention de les retirer, car les fabricants s’estiment légitimes à les utiliser pour rassurer les consommateurs, de façon honnête.

Voici les « sans » que vous ne verrez plus sur vos cosmétiques :

  • Ingrédients interdits en cosmétique (ex : sans corticostéroïdes)
  • Ingrédients dont des résidus peuvent être présents ou relargués (ex sans formaldéhyde si le produit contient un libérateur)
  • Ingrédients dont l’utilité n’est pas nécessaire dans le produit (ex : sans conservateur pour les parfums contenant de l’alcool)
  • Ingrédients dont on ne peut vérifier l’impact (ex sans allergène alors qu’un cas peut se déclencher)
  • Ingrédients dont l’un des autres composés joue le même rôle (ex sans conservateur alors que le produit contient de l’alcool)
  • Ingrédients visant à dénigrer sa fonction (ex paraben, silicone, etc.)

Restent autorisés les « sans » engendrant un choix éclairé pour le consommateur. Par exemple, un « sans alcool » pour un bain de bouche pour enfants.

Bon à savoir : la mention hypoallergénique ne pourra être inscrite que lorsque le produit a été conçu en apportant la preuve de sa bonne composition. La législation en vigueur va se durcir à ce niveau.



Les étiquettes se refont une beauté

Depuis ce 1er juillet, les fabricants ont le devoir de retirer toutes les mentions « sans ». Elles sont considérées comme aguicheuses, même si celles-ci sont parfois réelles. À la place, les laboratoires cosmétiques devront faire apparaître la liste des composants de façon plus explicite et indiquer véritablement tout ce que le produit contient.

En d’autres termes, l’emballage va mettre l’accent sur ce que le produit contient et non sur ce qu’il ne contient pas, comme le précise Anne Dux, directrice scientifique de la FEBEA (syndicat de l’industrie cosmétique).

D’autre part, ce changement de signalétique ne va nullement engendrer la composition du produit lui-même. Au contraire, des explications seront données sur les ingrédients : le karité adoucit la peau, l’aloe vera apaise l’épiderme, etc., mais le produit restera tel quel.

Encourager le consommateur à aller chercher l’information

Certains laboratoires cosmétiques, comme L’Oréal, ont déjà annoncé que le manque de place sur les emballages ou les pots de certains cosmétiques rendrait l’affichage complet des ingrédients impossible.

Afin de pallier cela, la FEBEA a mis au point une base de données où les quelque 25 000 ingrédients les plus utilisés sont répertoriés. Le consommateur pourra alors retrouver celui qu’il recherche, et connaître sa fonction, son origine, ainsi que son impact sur la santé, etc. De même, une campagne radio nommée « L’important, c’est ce qu’il y a dedans » regroupe 8 chroniques pour informer le consommateur.

Ces informations en ligne sont accessibles à tous, professionnels comme particuliers. Le but est de pouvoir redonner confiance aux consommateurs et les aider à faire le bon choix lors de leur achat.

Une mise en place plutôt laborieuse

Cette nouvelle règle s’applique dès le 1er juillet, mais ne sera visible qu’à compter de quelques semaines, le temps que les stocks soient écoulés. En effet, le retrait des produits déjà en rayons n’a pas été demandé.