Retraite des mères : la réforme du calcul prend du retard
Depuis le 1er septembre 2026, la réforme des retraites entre dans une nouvelle phase avec la suspension du recul de l’âge de départ. Cette bascule s’accompagne d’une mesure spécifique destinée aux femmes ayant eu des enfants : pour le calcul de leur pension de base, le nombre d’années prises en compte doit désormais être réduit à 23 ou 24 meilleures années, selon le nombre d’enfants, contre 25 auparavant. Sauf que les premiers dossiers liquidés ce mois-ci n’en ont pas profité. Que s’est-il passé ? Que risquez-vous si vous êtes concernée ?
Un décret sur la retraite publié trop tard pour être appliqué à temps
Sur le papier, la mesure est entrée en vigueur à la date prévue. Dans les faits, l’Assurance retraite n’a pas eu le temps de l’intégrer à ses outils de calcul. Le texte réglementaire encadrant cette réforme n’a été publié au Journal officiel que le 31 juillet 2026, laissant à peine un mois aux services concernés pour adapter leurs systèmes d’information.
Un délai jugé beaucoup trop court par les représentants syndicaux. « Certes, l’Assurance retraite était au courant avant. Mais il n’est pas étonnant que tout ne soit pas prêt, vu l’ampleur de la réforme et la tension sur les effectifs », avoue ainsi Pascal Cros, délégué central CFDT à la Cnav, auprès de Ouest-France.
Quelles conséquences pour les dossiers déjà liquidés ?
Résultat de ce décalage : les personnes dont le départ à la retraite a pris effet dès le 1er septembre 2026 n’ont pas pu bénéficier du nouveau mode de calcul, alors même qu’elles y avaient droit. Leur pension a été établie selon l’ancienne règle, sur la base de 25 années, en attendant que les outils de calcul soient mis à jour.
Autrement dit, un certain nombre de mères ayant fait liquider leur retraite ce mois-ci reçoivent pour l’instant un montant qui ne tient pas compte de la réforme censée s’appliquer à leur situation.
Un rattrapage automatique promis par l’Assurance retraite
Face à cette situation, l’Assurance retraite se veut rassurante. Aucune démarche particulière n’est nécessaire de la part des assurées concernées : ni recours, ni demande de révision à déposer. L’organisme annonce une mise à jour complète de ses systèmes d’information dans les prochaines semaines.
Une fois cette mise à jour effective, les dossiers concernés feront l’objet d’une reprise automatique, avec un nouveau calcul intégrant les 23 ou 24 meilleures années. Le calendrier précis de cette opération n’a toutefois pas encore été communiqué, ce qui laisse planer une part d’incertitude sur les délais de régularisation.