Retraite des sapeurs-pompiers volontaires : comment obtenir vos trimestres bonus ?
Depuis le 1er juillet 2026, les sapeurs-pompiers volontaires bénéficient d’une avancée concrète pour leur retraite. Après la publication du décret du 20 janvier 2026, c’est désormais la circulaire de la Cnav du 23 juillet 2026 qui vient préciser les modalités pratiques de cette majoration de trimestres. À la clé : jusqu’à 3 trimestres supplémentaires pour les volontaires ayant accompli au moins 10 ans d’engagement. Conditions d’éligibilité, barème, justificatifs à fournir, régime compétent ou encore limites du dispositif : voici tout ce qu’il faut savoir sur cette mesure.
Qui peut bénéficier de cette majoration de trimestres ?
Le dispositif s’adresse aux personnes ayant été engagées comme sapeur-pompier volontaire pendant au moins 10 ans. Cette condition d’ancienneté est un seuil plancher : en dessous de 10 années d’engagement, aucune majoration n’est accordée.
Il n’est pas nécessaire que cette période ait été continue. Les années d’engagement peuvent être cumulées sur plusieurs périodes distinctes, y compris avec des interruptions, du moment que le total atteint le seuil requis.
Attention : la majoration concerne uniquement les retraites dont le point de départ est fixé à compter du 1er juillet 2026, souligne la circulaire de la Cnav. Il n’y a donc pas d’effet rétroactif : les sapeurs-pompiers volontaires déjà partis à la retraite avant cette date ne peuvent pas en bénéficier, même s’ils remplissaient les conditions d’engagement requises.
Combien de trimestres supplémentaires sont accordés aux sapeurs-pompiers volontaires ?
Le nombre de trimestres attribués dépend directement de la durée totale d’engagement :
- 1 trimestre pour une durée d’engagement d’au moins 10 ans ;
- 2 trimestres pour une durée d’engagement d’au moins 20 ans ;
- 3 trimestres pour une durée d’engagement d’au moins 25 ans.
Sapeur-pompier volontaire : comment est calculée la durée d’engagement ?
Le calcul se fait de date à date, en tenant compte de toutes les périodes d’engagement, qu’elles soient continues ou fractionnées dans le temps.
Pour les années civiles complètes, le décompte est simple : chaque année compte pour une année entière. Pour les périodes incomplètes en début ou en fin d’engagement, les jours concernés sont additionnés, puis divisés par 365. Le résultat est arrondi à l’entier inférieur pour obtenir un nombre d’années supplémentaires.
Un exemple permet de mieux comprendre la mécanique : un sapeur-pompier engagé du 21 janvier 2001 au 26 mai 2007, puis à nouveau du 13 mars 2010 au 6 octobre 2025, cumule des périodes complètes (19 années civiles pleines au total) et des jours isolés sur les années incomplètes. Une fois ces jours additionnés et divisés par 365, ils s’ajoutent aux années pleines pour obtenir la durée totale d’engagement, ici 21 années.
Quelles démarches et justificatifs pour en bénéficier ?
La majoration n’est pas automatique. Elle doit être demandée par l’assuré au moment de sa demande de retraite, directement auprès de sa caisse.
Un seul document est exigé : un état des services, délivré par le dernier service départemental d’incendie et de secours (SDIS) au sein duquel la personne a été engagée. Ce document doit mentionner précisément la durée et la période de l’engagement en tant que sapeur-pompier volontaire. Sans cette pièce, la caisse ne peut pas calculer ni attribuer les trimestres de majoration.
Quel régime de retraite verse la majoration ?
Les personnes concernées doivent être ou avoir été affiliées à l’un des régimes suivants pour pouvoir prétendre à la majoration : l’Assurance retraite, la Mutualité sociale agricole (MSA), le régime de la fonction publique d’État, celui des marins (Enim), la fonction publique territoriale et hospitalière (CNRACL), le régime des ouvriers des établissements industriels de l’État, ou encore certains régimes spéciaux comme la RATP, la SNCF ou la Banque de France.
Lorsqu’une personne a cotisé auprès de plusieurs régimes au cours de sa carrière, des règles de priorité s’appliquent pour déterminer lequel doit verser la majoration. En général, l’Assurance retraite est compétente dès lors qu’elle intervient aux côtés d’un autre régime non spécial. Face à un régime spécial, c’est ce dernier qui prend la main, à condition qu’il prévoie lui-même ce type de majoration et qu’il soit en capacité de liquider une pension selon ses propres règles.
Un cas particulier existe pour Saint-Pierre-et-Miquelon, où des règles de compétence spécifiques s’appliquent en cas de double affiliation. À Mayotte, en revanche, le régime local ne permet actuellement pas d’attribuer ce type de trimestres.
Ce que cette majoration change (et ne change pas) pour le calcul de la pension
C’est sans doute le point le plus technique, mais aussi le plus important à comprendre pour les sapeurs-pompiers concernés : ces trimestres supplémentaires ne sont pas neutres, mais ils n’ont pas non plus le même poids partout.
Ils sont pris en compte dans deux cas précis : pour déterminer le taux de calcul de la retraite, et pour la durée d’assurance servant de base au calcul de la pension. Ils permettent également d’ouvrir droit à la surcote, sans toutefois entrer dans son calcul.
En revanche, ces trimestres ne sont ni cotisés ni réputés cotisés. Concrètement, cela signifie plusieurs limites importantes :
- ils ne comptent pas pour ouvrir un droit à la retraite anticipée au titre des carrières longues ;
- ils ne comptent pas non plus pour la retraite anticipée pour les assurés en situation de handicap ;
- ils ne sont pas retenus dans le calcul d’une pension issue d’un cumul emploi-retraite.
Autrement dit, cette majoration améliore le niveau de la pension et peut faciliter l’atteinte du taux plein, mais elle ne permet pas de partir plus tôt à la retraite dans le cadre d’un départ anticipé.