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Saint-Étienne expérimente les capteurs de sons dans la rue pour la sécurité des habitants

Pour renforcer la sécurité de ses habitants, la ville de Saint-Étienne va expérimenter pendant 6 mois l’installation de capteurs sonores dont le but est de détecter les bruits suspects et permettre une intervention rapide des autorités.
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La ville de Saint-Étienne va mettre en place 50 micros dans le quartier de Tarentaize-Beaubrun-Couriot. Ces outils permettront d’alerter la police municipale en cas de bruits étranges. L’expérience qui doit s’étaler sur 6 mois constitue une innovation à l’échelle nationale. C’est une nouveauté qui pour but de lutter contre l’insécurité.

Saint-Étienne expérimente les capteurs de sons dans la rue pour la sécurité des habitants


Un dispositif complémentaire aux caméras de vidéosurveillance

Pour assurer plus de sérénité aux habitants du quartier Tarentaize-Beaubrun-Couriot, la municipalité de Saint-Étienne a pris la décision de tester un système de surveillance novateur dans l’hexagone avec des micros placés dans les rues. Le but est de détecter les bruits étranges.

50 capteurs sonores, en complément des 300 caméras de vidéosurveillance qui existent déjà, vont être installés dans ce quartier de la ville qui est l’un des plus sensibles.

Pour appuyer la démarche, les élus de la ville indiquent qu’ils veulent créer une ville connectée au sein de laquelle règne le bien-être et que le but n’est pas d’espionner les habitants.

La CNIL a donné son accord

Ces micros pourront détecter des cris ou un accident, mais ces capteurs n’enregistreront pas les conversations privées. « Ces capteurs ont l’habitude d’entendre des bruits de klaxon, de voitures, de gens qui passent. En revanche, s’il y a une anomalie comme un bris de glace, un accident de voiture, un coup de feu, tout de suite le capteur va se déclencher », souligne Jean-Pierre Berger, adjoint au maire de Saint-Étienne en charge du développement durable.

Les alertes sonores arriveront sur une plateforme digitale, mise au point par l’entreprise spécialisée Serenicity, avant d’être envoyées au poste de supervision urbaine de la police municipale. Sur ce sujet, il n’y a pas de cadre juridique établi. La CNIL (Commission nationale informatique et libertés) a donné son accord pour un test de 6 mois.

Des capteurs de quelques centimètres

C’est une entreprise américaine, Analog Devices, qui a été retenue pour fournir le matériel nécessaire. Aux États-Unis, les micros sont déjà utilisés pour détecter par exemple les coups de feu. L’installation de ces capteurs dans le secteur Tarentaize-Beaubrun-Couriot doit commencer en mars et s’entendre jusqu’à fin 2019.

Les micros seront très discrets, ne mesureront que quelques centimètres et seront mis en hauteur.

Les techniciens de la ville et les techniciens de la société Serenicity vont cartographier l’implantation exacte des 50 capteurs. Le type de technologie, wi-fi ou 4G, qui enverra les informations sonores aux policiers municipaux n’est pas tranché. Un bilan sera fait pour évaluer l’efficacité du dispositif.



L’opposition municipale rejette ce projet

En février dernier, durant un conseil municipal, le groupe d’opposition Nouvelle Gauche, parle d’« une escalade technologique » qui fait « penser au 1984 de George Orwell » au sein duquel « l’espace public pourrait devenir, du jour au lendemain, un lieu dans lequel l’anonymat et la confidentialité ne seraient plus garantis. »