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Santé et qualité de vie au travail : 1 salarié sur 2 est épuisé selon le Baromètre

Le rythme de travail dans le secteur du privé est de plus en plus difficile, comme en témoigne le baromètre de Malakoff-Médéric. Explications.
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Le Baromètre santé et qualité de vie au travail prend la température sur l’état des salariés au travail. Cette année, 7 employés sur 10 estiment que leur travail est nerveusement fatigant.

Santé et qualité de vie au travail : 1 salarié sur 2 est épuisé selon le Baromètre


Les salariés du privé de plus en plus épuisés

Les conditions de travail semblent s’améliorer, pourtant, les salariés du privé sont de plus en plus épuisés. En cause ? Des objectifs toujours plus complexes à atteindre, un rythme de rendement qui s’accélère, une fragmentation du travail, des tâches répétitives, etc.

Le temps de transport joue également un rôle important dans cette fatigue. 38 % des salariés passent au moins une heure quotidienne dans les transports. En effet, qu’il s’agisse de subir les embouteillages en voiture ou de passer plus d’une heure dans les transports en commun, cela a une incidence directe sur la santé des salariés en poste.

L’IFOP a mené une e-enquête pour Malakoff-Médéric, auprès de 4 552 salariés du privé entre le 17 mai et le 20 juin 2019. Les résultats démontrent un rythme de travail effréné et une fatigue psychologique chez un salarié sur deux.

Le bien-être des salariés mieux pris en compte, mais…

56 % des salariés interrogés pensent que leur bien-être est mieux pris en compte par leur entreprise. En 2018, 53 % pensaient la même chose. Une information qui pourrait sembler réconfortante, sauf que 46 % des salariés trouvent aussi que le rythme de travail s’est considérablement accéléré sur les 12 derniers mois.

L’activité de 30 % des entreprises sur le territoire français ne fait qu’augmenter. Les objectifs doivent être atteints et cela impose par conséquent d’avoir des horaires plus élastiques, grignotant au final, le fameux droit à la déconnexion. En effet, 38 % des salariés interrogés avouent finir de travailler chez eux le soir.

Pour autant, les entreprises n’embauchent pas plus, comptant sur l’adaptabilité des salariés à assumer cette charge de travail supplémentaire.

Une fatigue physique et psychologique

53 % du panel estime que leur travail est « physiquement fatigant », notamment dans le domaine du BTP, de l’industrie, des services. Cela est le cas tant chez les employés que pour les cadres. Cette donnée équivaut à 10 points de plus qu’il y a 30 ans et 6 à 8 points de plus que l’an dernier en fonction des secteurs. L’épuisement au travail est surtout palpable chez les jeunes de moins de 30 ans, représentant 10 points de plus en seulement un an !

Il n’y a pas que la fatigue physique qui soit impactée, la fatigue psychique l’est de plus en plus. 54 % des interrogés estiment leur travail épuisant, demandant entre autres, une concentration accrue durant un laps de temps important. D’autre part, le rythme de travail est aussi montré du doigt, puisque 70 % des sondés expliquent qu’ils doivent travailler toujours plus vite ou très intensément.

7 salariés sur 10 pensent que leur travail est trop épuisant tant sur le plan nerveux que physique. Cela représente 7 points de plus chez les jeunes de moins de 30 ans. 41 % des cadres et des jeunes salariés ont de plus en plus de mal à concilier vie professionnelle et vie personnelle. Enfin, les cadres et managers voient également leurs responsabilités s’effeuiller puisque seuls 39 % sont encore en mesure de prendre des décisions (contre 59 % il y a 10 ans). Les tâches répétitives imposées prennent le pas sur l’initiative et le travail autonome.



Les Français travaillent-ils plus ?

9 % des sondés déclarent avoir 2 employeurs, indiquant qu’ils cumulent deux emplois. 1 salarié sur 5 précise devoir aider un proche malade ou dépendant après ses heures de travail, représentant 10 points de plus qu’il y a 10 ans. Il s’agit d’une autre forme de travail qui n’est pourtant pas prise en compte par la société actuelle. Pourtant, la population étant vieillissante, cette donnée sera amenée à augmenter encore dans les années à venir.

Quelles solutions pourraient être mises en place pour inverser la tendance ?

Près de la moitié des salariés pensent qu’il serait bon d’assouplir les horaires de travail. Un quart pensent que le télétravail doit être plus développé et 31 % estiment que le temps de travail doit être réduit.

26 % pensent qu’il serait bon d’adapter les objectifs en tenant compte du facteur humain, c’est-à-dire de les fixer en fonction de la masse salariale.