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Ségur de la santé : quelles avancées pour les personnels hospitaliers ?

Le Ségur de la santé a été officiellement signé lundi 13 juillet, après plusieurs semaines de négociations. Quelles sont les avancées pour les personnels hospitaliers ?
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Lundi 13 juillet, le volet sur les carrières et les rémunérations du Ségur de la santé a été signé par le gouvernement et validé, après plusieurs jours de négociation, par une majorité de syndicats (Unsa, Force Ouvrière et la CFDT). Quelles sont les principales avancées permises par ces « accords de la santé » ?

Ségur de la santé : quelles avancées pour les personnels hospitaliers ?


7,5 milliards pour les personnels paramédicaux et non médicaux

Un budget de 7,5 milliards d’euros sera attribué aux personnels paramédicaux, catégorie à laquelle appartiennent les infirmiers, les aides-soignants ou encore les kinés par exemple, ainsi qu’aux personnels non médicaux comme les techniciens, les agents administratifs ou les brancardiers.

Cette somme sera principalement utilisée pour financer une hausse de salaire, ou « socle », de 183 euros nets par mois, pour tous les personnels des hôpitaux et des Ehpad publics. L’augmentation sera votée fin 2020 dans le budget de la Sécurité sociale et se fera en deux temps : tout d’abord, 90 euros d’augmentation, rétroactive au 1er septembre, puis 93 euros à compter du 1er mars 2021.

Pour certains métiers, une révision des grilles de salaire est également prévue avant le printemps : les personnels concernés verront leur salaire net mensuel augmenter d’environ 35 euros.

L’accord prévoit en outre de prendre des mesures pour développer l’intéressement collectif et de revaloriser les heures supplémentaires ainsi que le travail de nuit, du dimanche et des jours fériés. Enfin, des recrutements sont envisagés, sans qu’aucun chiffre ne soit acté. Le ministre de la Santé Olivier Véran parlait récemment d’une « création de 15 000 postes », dans un entretien aux quotidiens du groupe Ebra.

450 millions d’euros pour les médecins hospitaliers

Si ce budget englobe 16 mesures, le ministre de la Santé a néanmoins déclaré que la majorité de cette enveloppe servirait à financer l’augmentation de l’indemnité de « service public exclusif », réservée aux médecins qui s’engagent à travailler exclusivement dans les hôpitaux publics, sans dépassement d’honoraires.

Actuellement, pour un poste à temps plein, cette indemnité est de 490 euros bruts par mois et atteint le montant de 700 euros à partir de 15 ans d’ancienneté. Elle sera augmentée en deux temps, en septembre 2020 puis en mars 2021, et sera de 1 010 euros pour tous les personnels répondant aux critères d’éligibilité.

Pour les médecins hospitaliers comme pour certains emplois hospitaliers paramédicaux et non médicaux, une révision des grilles de salaire est prévue, pour un montant total de 100 millions d’euros. La nouvelle grille s’appliquera à partir du 1er janvier 2021 : les trois premiers échelons fusionneront et trois échelons supplémentaires seront créés pour les médecins en fin de carrière.

Les visites médicales deviennent obligatoires pour les praticiens hospitaliers et la pratique de l’intérim sera encadrée par de nouvelles mesures, dans le but notamment de faire respecter le « plafonnement des rémunérations ».

179 millions d’euros pour les internes et les étudiants en médecine

124 millions d’euros vont être débloqués pour les internes et des mesures vont être prises pour leur assurer un « meilleur respect du temps de travail ». Ces futurs médecins, exerçant à l’hôpital dans le cadre de stages de fin d’études, réclamaient depuis longtemps une augmentation de leurs indemnités.

Par ailleurs, les étudiants en médecine, qui ont été nombreux à travailler au plus fort de l’épidémie de Covid-19, se verront attribuer une enveloppe de 55 millions d’euros. Enfin, un budget de 20 millions d’euros sera débloqué pour les étudiants des filières paramédicales.