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Sélection en licence, hausse des frais de scolarité… Les pistes du Sénat pour réformer l'université

Le Sénat dresse un constat critique de l’université et propose plusieurs mesures pour renforcer la réussite et l’excellence.
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L’université pourrait connaître un profond changement de cap. Dans un rapport, le Sénat dresse un constat sévère sur l’enseignement supérieur et avance plusieurs pistes pour améliorer la réussite des étudiants, renforcer l’excellence académique et donner davantage d’autonomie aux établissements. Sélection à l’entrée en licence, droits d’inscription, accueil des étudiants internationaux, financement : plusieurs propositions pourraient alimenter les débats sur l’avenir de l’université.

Sélection en licence, hausse des frais de scolarité… Les pistes du Sénat pour réformer l’université



L’université face à plusieurs difficultés

Car l’université occupe une place centrale dans l’enseignement supérieur. Selon le rapport, elle accueille plus de la moitié des étudiants et concentre une part importante de la recherche publique. Elle délivre également la majorité des diplômes nationaux et dispose d’un réseau d’établissements répartis sur l’ensemble du territoire.

Malgré ce rôle essentiel, le Sénat estime que plusieurs indicateurs témoignent d’une dégradation de la situation. Le rapport souligne notamment les difficultés rencontrées par les étudiants au cours du premier cycle. Selon les données présentées dans le document, moins d’un tiers des étudiants obtiennent leur licence en 3 ans. Près d’un étudiant sur deux n’obtient par ailleurs aucun diplôme au bout de 5 ans. Le Sénat parle ainsi d’un « échec massif » en premier cycle.

Le rapport relève également une image de l’université fragilisée. Si celle-ci conserve une opinion globalement favorable auprès des Français, elle est moins souvent associée à l’excellence académique. Les conditions d’études et les perspectives d’insertion professionnelle sont également au cœur des critiques rapportées par les sénateurs.

Une sélection à l’entrée en licence davantage assumée ?

L’une des propositions les plus importantes concerne l’accès à l’université. Le rapport considère que l’organisation actuelle conduit à une situation paradoxale : les établissements doivent accueillir les titulaires du baccalauréat alors que les profils des étudiants peuvent être très différents et ne correspondent pas toujours aux exigences des formations.

Le Sénat propose donc de « lever le tabou de la sélection à l’entrée en licence ». Il recommande notamment de mettre fin au droit d’accès automatique à l’enseignement supérieur pour les titulaires du baccalauréat et de donner aux universités davantage de responsabilités dans la définition des conditions d’admission à leurs formations de premier cycle.

Cette évolution s’accompagnerait d’une adaptation de la procédure Parcoursup. Les universités pourraient déterminer les modalités d’accès à leurs formations dans le cadre du calendrier national, avec une information des candidats sur la plateforme. Le rapport préconise également de supprimer la possibilité pour le recteur d’inscrire dans une formation de premier cycle un candidat n’ayant reçu aucune proposition d’admission sur Parcoursup.

Davantage accompagner les étudiants en licence

Le Sénat ne préconise toutefois pas uniquement de modifier les conditions d’accès à l’université. Il souhaite également renforcer l’accompagnement des étudiants une fois leur formation commencée. Parmi les pistes avancées figure la généralisation des tests de positionnement en début de parcours. Ceux-ci pourraient permettre d’identifier plus rapidement les difficultés et de proposer, lorsque cela est nécessaire, un accompagnement personnalisé ou une réorientation.

Le rapport propose également d’améliorer l’encadrement en licence et de limiter le recours aux enseignements dispensés en amphithéâtre. Il suggère par ailleurs de développer des parcours permettant une spécialisation progressive, afin que les étudiants puissent acquérir des connaissances générales et transversales avant de se spécialiser.

Autre proposition : renforcer le suivi de l’assiduité et lutter contre le phénomène des « étudiants fantômes », expression utilisée dans le rapport pour désigner les étudiants participant de manière très discontinue à leur formation.




Une évolution envisagée pour le master et le doctorat

Le rapport entend également agir sur les deuxième et troisième cycles universitaires. Les sénateurs proposent notamment d’affirmer plus clairement le caractère sélectif de l’accès au master. Ils souhaitent aussi renforcer l’attractivité du doctorat, notamment en orientant davantage les meilleurs étudiants vers les formations doctorales et en poursuivant la revalorisation de la rémunération des doctorants.

L’objectif affiché est de mieux valoriser les formations universitaires les plus avancées et de renforcer la place du doctorat dans les parcours professionnels.

Les étudiants internationaux davantage ciblés

L’accueil des étudiants internationaux constitue également un volet important du rapport. Le Sénat estime que la politique d’accueil doit davantage prendre en compte les besoins des formations et la recherche d’excellence académique. Il propose notamment de favoriser certaines filières considérées comme prioritaires ainsi que les niveaux master et doctorat.

Le rapport préconise également un rééquilibrage géographique, avec une attention accrue portée aux étudiants originaires d’Asie-Océanie et des Amériques. Le développement des bourses d’excellence fait aussi partie des pistes avancées afin d’attirer les meilleurs étudiants internationaux.

Les conditions d’accueil seraient par ailleurs renforcées. Le Sénat recommande notamment un meilleur contrôle du niveau de français et des ressources financières des étudiants concernés. Il propose aussi de rendre systématique le paiement des droits d’inscription pour les étudiants extra-communautaires qui ne bénéficient pas d’une exonération de droit.

Des droits d’inscription qui pourraient augmenter

Le financement de l’université constitue l’autre grande question soulevée par le rapport. Les sénateurs considèrent que les droits d’inscription actuels ne permettent pas suffisamment de contribuer à l’amélioration des conditions d’enseignement. Ils proposent donc de les porter à 900 euros en licence et 1 300 euros en master, soit, selon le rapport, 10 % du coût moyen d’une formation.

Cette évolution devrait toutefois s’accompagner d’une réforme des bourses sur critères sociaux et d’une meilleure prise en compte du mérite. Le rapport insiste également sur le fait que l’augmentation des droits d’inscription ne doit pas remplacer le financement public. Il recommande ainsi une progression des financements accordés aux universités et à la recherche ainsi que la compensation des nouvelles mesures décidées par l’État.

Vers une nouvelle étape de l’autonomie des universités ?

Le Sénat souhaite enfin modifier la relation entre l’État et les universités. Le rapport appelle à un véritable « acte II » de l’autonomie des universités. Il propose notamment de définir une nouvelle stratégie nationale de l’enseignement supérieur, accompagnée d’une programmation pluriannuelle des moyens.

Les établissements pourraient également bénéficier de davantage de marges de manœuvre concernant la gestion de leurs ressources humaines, leur offre de formation et leurs capacités d’accueil. Le rapport préconise aussi de poursuivre la dévolution du patrimoine immobilier aux universités et de favoriser la diversification de leurs ressources.

La gouvernance des établissements serait elle aussi revue. Le Sénat propose une organisation plus resserrée, une évolution de la composition des conseils d’administration et une simplification de certaines instances universitaires.

 

Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.