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Soins de nos enfants : les médicaments à éviter selon l'UFC-Que choisir

Le rapport mensuel de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir révèle les médicaments inutiles et dangereux surprescrits aux enfants pour des symptômes souvent bénins. Quels sont ces médicaments à proscrire ? Quels sont les traitements à privilégier ?
Sommaire

En 2005, une étude de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) révélait qu’un enfant sur dix de moins de 15 ans avait été soigné par un médicament contre-indiqué pour son âge. Depuis, de nombreux médicaments « inutiles » voire « dangereux » ne sont plus remboursés par l’Assurance Maladie et certains ont même été retirés du marché. Cependant, plusieurs d’entre eux sont encore en vente et la surprescription pour traiter des maux bénins chez l’enfant persiste. Dans le but d’informer les parents sur ces traitements, l’UFC-Que Choisir a publié un rapport répertoriant les médicaments « à éviter », et ceux dont l’efficacité est réellement prouvée. Le point sur ce rapport.

Soins de nos enfants : les médicaments à éviter selon l’UFC-Que choisir



L’UFC-Que choisir dresse la liste des traitements à bannir et ceux à privilégier pour soigner un enfant

Dans son numéro du mois de mars, l’association de consommateurs rappelle aux parents que l’utilisation systématique de médicaments pour soigner un enfant comporte des risques. Elle établit donc une liste des médicaments qui sont à proscrire, mais également ceux dont l’efficacité est prouvée.

Soigner la toux

Les sirops contre la toux grasse ou sèche sont déconseillés chez les enfants de moins de 2 ans. Leur efficacité n’a pas été prouvée, même chez les plus âgés. Par ailleurs, l’association insiste sur les risques d’apparition d’effets indésirables.

Elle précise également que dans la plupart des cas la toux est bénigne. Elle est souvent provoquée par l’écoulement des glaires du rhume dans la gorge. L’association recommande donc de traiter directement la cause : le rhume.

Traiter un rhume

Les sprays antiseptiques et décongestionnants sont contre-indiqués chez les enfants de moins de 15 ans. Ils peuvent en effet être à l’origine d’irritations ou d’allergies.

Les suppositoires mêlant antiallergique et paracétamol sont également déconseillés. Il en est de même pour les inhalations aux huiles essentielles. Bien qu’elles soient naturelles, l’association indique que leurs composants sont susceptibles d’entrainer des convulsions chez l’enfant.

À l’inverse, les sérums physiologiques et les sprays marins sont plus efficaces et peuvent suffire à soigner un rhume, et la toux qui l’accompagne.

Faire retomber la fièvre

L’UFC-Que choisir précise que la fièvre chez l’enfant n’est pas forcément un symptôme à éliminer. S’il la supporte bien, il est inutile d’avoir recours à un traitement. Elle explique que la fièvre est le signe que le système immunitaire de l’enfant est en marche, et qu’il combat une infection, souvent virale.

Toutefois, si la fièvre est trop importante ou qu’elle persiste, il est possible de soigner l’enfant avec du paracétamol (Doliprane ou Dafalgan pédiatrique par exemple) ou de l’ibuprofène. Ce dernier requiert cependant un avis médical en raison des contre-indications et des effets indésirables qu’il provoque.

Stopper les régurgitations

L’association souligne que les régurgitations du nourrisson sont dans la plupart des cas bénignes. Elles ne sont en effet pas pathologiques et ne requièrent donc pas de traitement médicamenteux.

La HAS (Haute autorité de santé) déconseille par ailleurs l’utilisation de médicaments à base de dompéridone comme le Motilium, le Péridys, ou encore l’Oroperidys. Leur remboursement est très limité et ils sont progressivement retirés du marché. L’inefficacité de ces traitements a clairement été reconnue. Ils peuvent en effet provoquer de graves problèmes cardiaques et neurologiques.

L’UFC-Que choisir précise que la régurgitation chez le nourrisson peut être évitée en fractionnant les repas, ou en épaississant le bol alimentaire.

Traiter la diarrhée

Pour l’UFC-Que choisir les médicaments antidiarrhée pour enfants sont également à proscrire. L’imodium enfant par exemple peut bloquer le transit intestinal et provoquer des somnolences empêchant l’enfant de se réhydrater. Les antiseptiques intestinaux comme le Nifuroxazide ou le Panfurex peuvent quant à eux causer de graves problèmes cutanés et des allergies et sont considérés comme étant inefficaces.

Il est recommandé de ne pas mélanger les traitements antidiarrhéiques et antidouleurs. L’Advilmed ou le Nurofenpro par exemple, sont des médicaments qui sont efficaces en cas de fièvre ou de douleurs, mais lorsqu’un enfant est déshydraté par une diarrhée, ils peuvent provoquer une insuffisance rénale.

L’association de consommateurs insiste sur la nécessité de réhydrater l’enfant en cas de diarrhée aigüe. Pour cela, les SRO (solutions de réhydratation orale) sont recommandées.

Prendre le temps de discuter avec un professionnel plutôt que de « médicamenter »

De manière générale, l’association recommande d’éviter la surprescription de médicaments chez un enfant, car cela conduit à un ralentissement du développement du système immunitaire et peut provoquer des effets secondaires indésirables, voire de lourds problèmes cardiaques, respiratoires et neurologiques.

Elle préconise de « prendre quelques minutes pour en parler clairement avec le médecin et le pharmacien, pour savoir comment surveiller avec patience l’évolution des symptômes et savoir quoi faire sans médicament, au lieu de donner aux enfants l’habitude (nocive) de +médicamenter+ la vie quotidienne ».