Suppression de l'abattement de 10 % pour les retraités : quelles conséquences pour votre impôt ?
Face à un déficit public en forte hausse, le gouvernement explore de nouvelles pistes pour redresser les finances de l’État. Parmi les mesures évoquées figure la suppression de l’abattement fiscal forfaitaire de 10 % dont bénéficient actuellement les retraités.
Qu’est-ce que l’abattement forfaitaire de 10 % pour les retraités ?
L’abattement forfaitaire de 10 % est un avantage fiscal accordé depuis 1978 aux retraités, mais aussi aux bénéficiaires de pensions de réversion, d’invalidité ou alimentaires. Concrètement, lors du calcul de l’impôt sur le revenu, les pensions sont automatiquement réduites de 10 %, dans la limite d’un plafond fixé à 4 399 € par foyer fiscal pour les revenus de 2024. Cette mesure avait été instaurée pour compenser la baisse de revenus à la retraite et certaines charges spécifiques liées à l’âge, comme les frais de santé.
Pourquoi le gouvernement envisage-t-il cette suppression ?
Le déficit public a atteint 5,8 % du PIB en 2024, bien au-delà des engagements européens. Pour respecter ses objectifs budgétaires, le gouvernement cherche à élargir l’assiette fiscale. La suppression de l’abattement de 10 % est ainsi présentée comme une mesure d’équité : il s’agirait de ne pas faire porter l’effort uniquement sur les actifs, mais aussi sur les retraités, dont certains disposent de revenus comparables, voire supérieurs, à ceux des actifs. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) ainsi que plusieurs économistes et organisations patronales, comme le Medef, ont déjà soutenu cette piste.
Quelles seraient les conséquences de la suppression de l’abattement forfaitaire de 10 % ?
Selon les premières estimations, la suppression de l’abattement forfaitaire de 10 % rapporterait 5 milliards d’euros par an à l’État. Mais pour les retraités concernés, la facture pourrait être salée :
- quelque 8,5 millions de retraités devraient payer plus d’impôts ;
- environ 500 000 retraités aujourd’hui non imposables le deviendraient ;
- la hausse du revenu fiscal de référence pourrait entraîner la perte d’autres avantages, comme la CSG à taux réduit, ou encore l’accès à certaines aides sociales (MaPrimeAdapt’, etc.).