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Travail dissimulé, fausse déclaration à la CAF… Quel est le montant de la fraude sociale ?

Selon la note du Haut Conseil pour le financement de la protection sociale (HCFiPS), la fraude sociale atteint 14 milliards d’euros en 2025.
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La fraude sociale continue de peser lourdement sur les finances de la protection sociale. Selon la note annuelle de suivi et d’évaluation des fraudes sociales publiée ce mardi 13 janvier 2026 par le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale (HCFiPS), le manque à gagner potentiel atteint désormais 14 milliards d’euros pour l’année 2025, « contre 13 milliards d’euros lors de l’évaluation précédente », précise le Haut Conseil.

Travail dissimulé, fausse déclaration à la CAF… Quel est le montant de la fraude sociale ?



Fraude sociale : une répartition équilibrée entre cotisations et prestations

La note divise la fraude sociale en 2 catégories principales, quasi égales en poids financier. Le travail dissimulé et les irrégularités aux cotisations sociales captent 52 % du total, soit 7,3 milliards d’euros. Cette composante, souvent liée à des pratiques d’entreprises, frappe particulièrement les branches famille, maladie et retraites.

De l’autre côté, les fraudes aux prestations sociales totalisent 6,7 milliards d’euros (48 %). Les assurés sociaux en génèrent 36 % (environ 5 milliards), via des déclarations erronées de ressources ou de situation familiale, tandis que les professionnels de santé contribuent pour 12 % (1,7 milliard d’euros), notamment par des facturations excessives.

Bon à savoir : le chiffre de 14 milliards d’euros présente plusieurs limites : il exclut une partie des prestations (notamment en assurance maladie), certains risques de fraude (comme chez France Travail), l’impact sur les recettes fiscales affectées à la Sécurité sociale, et sous-estime l’activité partiellement dissimulée dans les cotisations.

Une détection en hausse

Un motif d’optimisme émerge toutefois de ces chiffres : les fraudes détectées ont connu une « forte hausse », signe selon le Haut Conseil que la Sécurité sociale renforce ses contrôles. Toutefois, même si le taux de recouvrement progresse en 2024 avec près de 70 millions d’euros supplémentaires par rapport à 2023, il demeure « néanmoins relativement faible au regard des sommes détectées », indique le Haut Conseil dans sa note.

Cette faiblesse est particulièrement marquée dans la branche recouvrement, limitée à un peu plus de 100 millions d’euros encaissés, contre environ 200 millions pour la branche maladie et 300 millions pour la branche famille. « Cette hiérarchie s’explique par des di­fférences structurelles entre les branches : alors que la branche famille peut recouvrer les sommes dues sur les prestations à venir, la branche maladie ne le peut que pour partie, alors que la branche recouvrement se heurte à des difficultés très importantes, les entreprises pouvant organiser leur insolvabilité, voire disparaître », précise la note du HCFiPS.

Les recommandations du HCFiPS

Et si le HCFiPS salue l’engagement des caisses de Sécurité sociale dans la lutte antifraude, il identifie des axes d’amélioration pour compléter les champs d’analyse, distinguer fraudes et erreurs, et optimiser la prévention. Ainsi, le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale recommande notamment de :

  • garantir un enregistrement précis des sommes redressées selon leur objet, afin d’améliorer le pilotage des actions ;
  • faire le bilan de la nouvelle méthodologie appliquée au BTP pour détecter les activités partiellement dissimulées, et la généraliser si efficace ;
  • lancer en 2026 une évaluation conjointe Urssaf/administration fiscale sur la fraude des travailleurs indépendants ;
  • séparer fraudes intentionnelles et erreurs pour les recettes gérées par l’administration fiscale, afin d’affiner l’estimation stricte de la fraude sur l’ensemble du champ de la Sécurité sociale ;
  • suivre de près les nouveaux dispositifs à tiers payant (comme les fauteuils roulants), en impliquant les représentants des usagers ;
  • ou encore de réintégrer les loueurs de meublés non classés de courte durée dans le régime micro-entrepreneurial, pour préserver l’efficacité du prélèvement à la source sur les plateformes.



 

Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.