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Un nouveau système de péage autoroutier sans barrière pourrait bientôt être mis en place

Des péages sans barrière pourraient bientôt être installés sur le territoire français. Pourquoi le gouvernement souhaite-t-il mettre en place ce système ? Comment fonctionnera-t-il et quel en sera l’impact sur les automobilistes ?
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Afin de fluidifier la circulation et réduire l’impact des péages sur l’environnement, le gouvernement envisage de faire inscrire les péages sans barrière dans la loi d’orientation sur les mobilités qui sera présentée au Conseil des ministres d’ici un mois. Comment fonctionnent-ils ?

Un nouveau système de péage autoroutier sans barrière pourrait bientôt être mis en place


Le fonctionnement du nouveau système de péage sans barrière

Si la loi est votée, vous n’aurez bientôt plus à vous arrêter et à attendre que la barrière se lève à l’entrée et à la sortie des autoroutes. Vous passerez sous un portique équipé de caméras et de capteurs.

Les caméras permettront d’identifier les utilisateurs grâce à leur plaque d’immatriculation tandis que les capteurs détecteront ceux qui sont équipés d’un badge.

Des badges pour payer ?

Il y aura plusieurs moyens de vous acquitter du montant du péage. Sans barrière ne veut, en effet, pas dire gratuit.

Si vous possédez un badge dans votre voiture, le capteur le détectera et donnera l’ordre de prélever le montant du péage sur le compte bancaire qui lui est associé. Celui-ci pourra être commandé en ligne sur les sites internet des sociétés d’autoroute.

Avant votre trajet, vous pourrez aussi vous inscrire en ligne via une application mobile où vous renseignerez votre immatriculation et y associerez un compte bancaire qui sera débité lorsque vous passerez les portiques.

Sans barrière, sera-t-il plus facile de frauder ?

Si vous n’avez pas de badge et que vous ne vous êtes pas inscrit au préalable sur l’application mobile, la caméra relèvera votre numéro de plaque d’immatriculation. Vous disposerez alors de quelques jours pour régler le péage par internet, par téléphone ou dans un commerce partenaire. « Le législateur souhaite que l’automobiliste puisse continuer à payer en liquide, explique Julien Pointillart, directeur de projet nouvelle mobilité à la Sanef. Il pourra donc régler son péage dans des stations-service, les débits de tabac ou des bureaux de Poste. »

Le gouvernement n’a d’ailleurs pas l’intention de laisser la porte ouverte aux fraudeurs.

Ceux qui ne régulariseront pas leur situation après quelques jours recevront une amende. D’ailleurs, l’État envisage déjà la création d’une « fraude d’habitude » comme dans les transports en commun où la multiplication des amendes non payées donne lieu à une amende spécifique de 7 500 € assortie d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 6 mois.

Pour le moment, les fraudeurs immatriculés à l’étranger ne seront pas poursuivis, car les systèmes d’identification par recherche de plaque minéralogique sont des fichiers nationaux qui ne sont pas encore partagés au niveau européen. Mais il est déjà prévu que le Parlement légifère sur ce problème dès l’année prochaine.



À quand la mise en place des péages sans barrière ?

La première expérimentation aura lieu dès 2019 dans le sud-ouest pour Vinci et sur l’A4 à la sortie Boulay-Moselle pour la Sanef. « On envisage aussi de supprimer les barrières sur l’autoroute Paris-Caen d’ici 2021. Sur cet axe, les automobilistes économiseront deux millions d’heures et dix millions de litres de carburant », a expliqué Mr Pointillart.

Toutefois, l’arrivée des nouveaux péages sans barrière se fera sans doute progressivement dans les 10 ans à venir. En effet, après le vote de la loi, l’État devra encore négocier avec les sociétés d’autoroute pour savoir comment seront financés ces nouveaux équipements.

Quels avantages pour les automobilistes ?

En termes de tarif, il n’y en a pas. Le prix des péages ne devrait pas baisser.

En revanche, pour les utilisateurs réguliers, une baisse de la consommation de carburant est au programme, et chacun devrait se réjouir d’une baisse globale des émissions de CO2 grâce à ces nouveaux dispositifs. Enfin, un gain de temps non négligeable est à prévoir pour les utilisateurs réguliers qui n’auront plus à faire la file au péage.