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Une formation proposée à tous les jeunes décrocheurs à partir de 2020

Durant l’examen du projet de loi « pour une école de la confiance », l’Assemblée nationale a voté, le 13 février, l’obligation de formation pour les jeunes âgés de 16 à 18 ans. Cette mesure vise à mieux accompagner les jeunes sans projet professionnel.
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Le 13 février dernier, les députés ont adopté un amendement proposé par le gouvernement qui prévoit de mettre en place une obligation de formation pour tous les jeunes âgés de 16 à 18 ans qui décideraient de quitter le système scolaire. Il s’agit d’une mesure qui s’inscrit dans le cadre du plan pauvreté dévoilé, en septembre 2018, par le Président de la République. Qu’en est-il ?

Une formation proposée à tous les jeunes décrocheurs à partir de 2020


20 000 jeunes de 16 à 18 ans sont décrocheurs chaque année

Le plan pauvreté a pour ambition de soutenir les adolescents âgés de 16 à 18 ans qui décrochent du système scolaire. Le gouvernement estime que 20 000 d’entre eux sont concernés chaque année.

Aujourd’hui, les jeunes ont l’obligation d’être instruits jusqu’à 16 ans. Passé cet âge, ils peuvent sortir du système scolaire sans aucun diplôme ni travail.

Avec cette mesure, « il s’agit de ne laisser aucun jeune au bord de la route », explique Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale.

Les missions locales devront repérer les décrocheurs

À partir de 2020, les jeunes de 16 à 18 ans qui décideraient de sortir du système scolaire bénéficieront obligatoirement d’un apprentissage ou d’une formation.

Les missions locales auront à leur disposition des moyens supplémentaires, afin de repérer ces jeunes décrocheurs et ainsi leur proposer des formations. « Le repérage des décrocheurs qui se fait aujourd’hui au mieux deux fois par an se fera désormais en continu », a précisé Emmanuel Macron, le Président de la République.

Plusieurs possibilités pour les jeunes de 16 à 18 ans

Concrètement, cela signifie qu’entre 16 et 18 ans tous les jeunes devront obligatoirement intégrer soit un parcours scolaire, signer un contrat d’apprentissage, ou décrocher un emploi. Ils pourront aussi effectuer un service civique ou bénéficier d’un parcours d’accompagnement ou d’insertion sociale et professionnelle.

Dans le cas de figure où le jeune refuserait toutes les propositions qui lui sont faites, il fera l’objet d’un signalement et un éducateur pourra prendre le relai.

« On a deux millions de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ils sont le nouveau visage de la pauvreté », précise la députée Fiona Lazaar (En Marche), qui connaît bien le sujet pour avoir travaillé sur le plan pauvreté.



L’opposition dénonce la précipitation du gouvernement

De son côté, le député Patrick Hetzel (Les Républicains) critique cet amendement proposé dans l’urgence « pour un sujet aussi important ». Le parlementaire est vent debout contre la méthode : « vous voulez créer la confiance (mais) tout ceci relève de la défiance ».

Par ailleurs, les députés ont aussi adopté l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire qui passe de 6 à 3 ans. Cette réforme est considérée par l’opposition de droite comme contraire à la « confiance » à donner aux familles.