Passées À venir

Vers une hausse des prix des médicaments ?

Le ministre de la Santé, François Braun, s’est dit favorable à une augmentation des prix de certains médicaments. Attention toutefois : elle doit être justifiée.
Sommaire

Les Français vont-ils bientôt payer leurs médicaments plus cher ? Si depuis plusieurs semaines, les entreprises pharmaceutiques réclament cette hausse des prix, le ministre de la Santé, François Braun, a entrouvert la porte face à la commission d’enquête sur les pénuries de médicaments.

Vers une hausse des prix des médicaments ?



Les prix des médicaments ont baissé de 41,53 % entre 2000 et 2021, selon le syndicat Leem

Car pour rappel, si l’entreprise pharmaceutique souhaite que son médicament soit remboursé par la Sécurité sociale, alors elle ne peut pas fixer le prix librement. Le tarif est déterminé par « le Comité économique des produits de santé », organisme qui dépend du ministère de la Santé, rappelle sante.gouv.fr. Et pour ce faire, il va notamment se baser sur les prix pratiqués dans les autres pays, les volumes de vente envisagées ou encore les tarifs des autres médicaments qui ont la même visée thérapeutique.

Or, en janvier dernier, le syndicat Leem (Les entreprises du médicament) rappelait que les prix des médicaments de ville n’avaient cessé de diminuer ces dernières années. Ainsi, selon ce lobby pharmaceutique, les tarifs de l’ensemble des médicaments, non-remboursables compris, avait baissé de 41,53 % entre 2000 et 2021, alors que dans le même temps, le coût de la vie avait grimpé de 33,28 %.

« Nous avons les prix parmi les plus bas d’Europe », précisait Thierry Hulot, le président du syndicat lors des vœux à la presse de début d’année. Et comme les tarifs sont déjà encadrés, il n’est pas possible de répercuter « l’explosion des coûts de production » comme les matières premières, l’énergie ou encore la masse salariale, déplorait-il. Avec un prix fabricant hors taxe de la boîte d’amoxicilline, « comment s’étonner des problèmes d’approvisionnement », se questionnait-il également.

Le ministre de la Santé prêt à envisager une hausse

Attention toutefois, le lien entre les pénuries et les prix des médicaments n’est pas réellement établi, car d’autres critères peuvent entrer en jeu comme des règles plus strictes en matière d’exportation ou encore une augmentation de la demande.

Interrogé par la commission d’enquête du Sénat sur les pénuries de médicaments, le ministre de la Santé, François Braun a demandé ce jeudi 15 juin aux laboratoires d’amener « des éléments de transparence » pour voir s’il existe une corrélation entre tarif et difficultés d’approvisionnement. Le cas échéant, il s’est dit prêt « à envisager », une hausse.

Bon à savoir : les groupes pharmaceutiques demandent aussi à être exonérés de la clause dite de sauvegarde. Celle-ci permet de « récupérer une partie du dépassement entre la croissance du chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique et un taux de progression défini en LFSS (Loi de financement de la Sécurité sociale) », précise le rapport de la Sécurité sociale. À titre d’exemple, selon le budget de la Sécurité sociale de 2023, les laboratoires doivent générer 800 millions d’euros d’économies grâce à des baisses de prix.

La politique des prix fait l’objet d’une réflexion interministérielle

Depuis plusieurs mois, le gouvernement cherche d’ailleurs à trouver un juste milieu entre les médicaments innovants très couteux et ceux plus anciens, peu rentables. Ainsi, pour encourager les laboratoires à continuer à produire des génériques, l’exécutif a décidé, en février, de ne plus diminuer leurs prix.

Et plus globalement, la politique des prix des médicaments, dont fait partie la clause de sauvegarde, fait à l’heure actuelle l’objet d’une réflexion au sein d’une mission interministérielle. Les résultats devraient être dévoilés en juillet.




 

Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.