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Violences faites aux femmes : Un lieu d'accueil pour les 15-25 ans inauguré en Seine-Saint-Denis

Les très jeunes femmes victimes de violences trouveront un accompagnement dans un tout nouveau centre d’accueil en Seine–Saint-Denis. Explications.
Sommaire

Un centre d’accueil pour les jeunes femmes de 15 à 25 ans a été inauguré samedi 31 août en Seine–Saint-Denis. Il a pour but d’accompagner et de favoriser l’émancipation des victimes de violences de toutes formes (viol, excision, mariage forcé, prostitution…).

Violences faites aux femmes : Un lieu d'accueil pour les 15-25 ans inauguré en Seine-Saint-Denis


À qui s’adresse ce centre d’accueil et comment fonctionne-t-il ?

Basé à la Seine–Saint-Denis, au 79 bis rue Gallieni à Bagnolet, ce centre est ouvert à toutes les jeunes femmes originaires de Paris ou de Seine–Saint-Denis, âgées de 15 à 25 ans et victimes de violences en tous genres.

Cet établissement unique en France a pour but d’orienter les femmes concernées grâce à un « repérage » réalisé par l’aide sociale à l’enfance, le planning familial, les établissements scolaires, etc. Les très jeunes femmes ne font généralement pas appel à des associations pour les aider à affronter leur quotidien et avoir de l’aide.

La structure est gérée par Camille Maraval, et dirigée par Séverine Lemière, présidente de l’association FIT Une femme un toit. Elle a été financée par les villes de Paris et Bagnolet, ainsi que par le Conseil départemental.

Un refuge pour les victimes de violences

Du 3 septembre au 25 novembre, le Grenelle des violences conjugales est lancé par l’État français. Séverine Lemière gère un centre de 60 lits. Pour elle, cela n’est pas suffisant pour répondre aux besoins croissants des femmes violentées.

Pas moins de 500 jeunes femmes seront alors prises en charge et suivies par le nouveau centre de Bagnolet, notamment grâce à un accueil de jour. Elles pourront avoir accès à une assistante juridique, comme à une contraception ou à des renseignements sur l’IVG, etc.

Des couleurs pastel, des meubles neufs, un étage entier au-dessus de la maison des associations a ainsi été réservé au centre. Une salle conviviale permettra aux femmes de se rencontrer et échanger, une éducatrice spécialisée sera à même d’écouter chacune de ce femmes.

Comment fonctionne le centre ?

À chaque arrivée, l’éducatrice spécialisée s’entretient en tête à tête avec la jeune femme en question. Suite à cet échange, un accompagnement personnalisé est mis en place. Les aides apportées ne sont pas subies. Les jeunes femmes sont en droit de refuser certaines propositions ou certains accompagnements.

Pour toutes les jeunes filles mineures en revanche, la loi oblige l’établissement à signaler un danger immédiat et donc de prévenir l’aide sociale à l’enfance et la CRIP (Cellule de recueil des informations préoccupantes). Cela étant, cette information est partagée avec elles en amont.

Tous les mercredis après-midis, des ateliers débats collectifs sont organisés au centre. Des explications sur divers sujets y sont abordées. De même, le vendredi, de 18 à 20 heures, les femmes du centre sont appelées à se retrouver pour mettre en place des projets qui leur tiennent à cœur.



La Seine–Saint-Denis au-devant des violences faites aux femmes

En France, une agression sexuelle sur trois survient dans la catégorie d’âge entre 18 et 25 ans. Les victimes ne vont généralement pas chercher de l’aide auprès d’associations, ni même auprès de proches.

Stéphane Troussel, le président PS du département indique que la Seine–Saint-Denis se positionne depuis 2002 sur les violences faites aux femmes. En effet, le premier observatoire des violences faites aux femmes, ou encore, le « téléphone grave danger » sont des initiatives nées dans le département.

Les femmes victimes de violences doivent briser le silence

En France, en 2018, 121 femmes sont mortes sous les coups de leur mari, conjoint ou ex. Dans le but de « briser la spirale des violences dès l’enfance », les noms de ces victimes de féminicides ont été affichés au-devant de l’hôtel de ville de Paris.

Selon Hélène Bidard, adjointe PCF chargée des questions à la mairie de Paris indique qu’un milliard d’euros seraient nécessaires pour abriter les victimes.

Le Grenelle des violences conjugales est très attendu, notamment pour que le Premier ministre se positionne et que des mesures concrètes soient prises. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes.