Votre enfant part en vacances sans vous : l'autorisation de sortie du territoire est-elle obligatoire ?
Partir en vacances à l’étranger avec son enfant, c’est souvent synonyme de préparatifs minutieux : valises, passeports, billets d’avion… Mais qu’en est-il lorsque le mineur voyage sans l’un de ses parents ? C’est là qu’entre en jeu l’autorisation de sortie du territoire, un document encore méconnu qui peut pourtant éviter bien des complications à la frontière.
Qu’est-ce que l’autorisation de sortie du territoire ?
L’autorisation de sortie du territoire est un document officiel qui permet à un enfant mineur de quitter la France sans être accompagné d’un parent ou d’un titulaire de l’autorité parentale. Elle vise à prévenir les déplacements illicites d’enfants à l’international, notamment dans les situations de séparation ou de conflit familial.
Dans quels cas l’AST est-elle obligatoire ?
L’AST est requise dès lors qu’un enfant mineur quitte le territoire français sans être accompagné d’au moins un de ses parents (ou d’un tuteur légal). Sont concernés :
- les mineurs de nationalité française résidant en France ;
- les mineurs de nationalité étrangère vivant habituellement en France.
En revanche, plusieurs situations n’imposent pas cette formalité. Un enfant qui voyage uniquement avec son père ou uniquement avec sa mère n’a pas besoin d’AST, même si les parents sont séparés ou divorcés. De même, un mineur français vivant à l’étranger qui séjourne temporairement en France n’est pas soumis à cette obligation lorsqu’il repart.
À noter : si un enfant quitte la métropole pour rejoindre un département ou région d’outre-mer (DOM) via une escale à l’étranger, l’AST reste nécessaire pour cette portion du trajet.
Comment obtenir l’AST ?
Bonne nouvelle pour les parents déjà débordés avant un départ : aucune démarche en mairie, en préfecture ou au commissariat n’est requise. L’autorisation s’obtient en remplissant le cerfa 15646. Il est possible de le saisir directement en ligne (le document renseigné est ensuite téléchargeable) ou d’imprimer le formulaire vierge pour le compléter à la main.
Qui doit signer l’AST ?
Dans la majorité des cas, la signature d’un seul parent suffit. Pas besoin que les deux soient présents, qu’ils soient en couple, séparés ou divorcés.
Lorsque les parents exercent une autorité parentale conjointe, l’un ou l’autre peut signer. Il est cependant conseillé de s’assurer de l’accord de l’autre parent pour éviter tout litige ultérieur. Si un seul parent détient l’autorité parentale exclusive par décision de justice, seul celui-ci est habilité à signer le document.
Combien de temps est valable l’AST ?
La durée de l’autorisation est librement fixée par le parent signataire. Elle peut correspondre à un voyage précis ou couvrir une période plus longue, comme plusieurs mois. La seule limite légale : l’AST ne peut pas dépasser un an de validité.
Quels documents le mineur doit-il présenter à la frontière ?
L’enfant qui voyage sans ses parents doit être en mesure de présenter :
- le formulaire AST dûment rempli et signé ;
- une photocopie lisible de la carte d’identité ou du passeport du parent signataire (avec photo, signature, dates de validité…) ;
- sa propre pièce d’identité valide et un visa si le pays de destination l’exige.
Un point souvent source de confusion : le livret de famille n’est pas exigé, même si l’enfant et le parent signataire ne portent pas le même nom de famille. L’AST est juridiquement suffisante. En pratique, il peut néanmoins être utile d’en glisser une copie dans les bagages pour éviter tout malentendu au contrôle.
Que faire en cas de problème à la frontière ?
Si un agent aux frontières exige des documents non prévus par la réglementation (comme le livret de famille), ou refuse de reconnaître l’AST, il est possible de contacter la Police aux frontières.
Du côté des compagnies aériennes, rappelons-le : un refus d’embarquement basé uniquement sur une différence de nom entre le parent signataire et l’enfant est illégal, dès lors que l’AST est correctement complétée. En cas de litige non résolu, un recours auprès de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) est envisageable.