Vous avez entre 16 et 25 ans (30 ans en cas de handicap) et vous envisagez de vous engager quelques mois auprès d’une association, d’une administration ou d’un établissement public ? Le service civique permet de vivre cette expérience sans condition de diplôme, en échange d’une indemnité mensuelle et d’un accompagnement personnalisé tout au long de la mission. Recherche d’une mission adaptée, dépôt de candidature, signature du contrat, formations obligatoires, droits et indemnités : voici comment se déroulent, étape par étape, les démarches pour devenir volontaire.
Le service civique, c’est quoi ?
Le service civique est un engagement volontaire d’une durée comprise entre 6 et 12 mois, effectué au bénéfice d’organismes à but non lucratif : associations, fondations, ONG, coopératives, organisations internationales, administrations ou établissements publics. La mission confiée doit constituer un soutien direct à la population ou aux bénéficiaires de l’action de la structure, et non une simple aide au fonctionnement interne de celle-ci.
Ce dispositif s’adresse aux jeunes âgés de 16 à 25 ans, un plafond porté à 30 ans pour les personnes en situation de handicap. Il faut également être de nationalité française, ressortissant d’un pays de l’Espace économique européen, ou disposer d’un titre de séjour régulier en France. Aucun diplôme ni expérience professionnelle préalable n’est exigé : le service civique repose avant tout sur la motivation à s’investir dans une cause d’intérêt général.
En contrepartie de son engagement, le volontaire perçoit une indemnité mensuelle, bénéficie d’un accompagnement par un tuteur désigné au sein de la structure d’accueil, et suit des formations obligatoires au cours de sa mission.
Les jeunes bénéficiaires de certaines prestations liées au handicap (PCH, AEEH, RQTH, AAH, notification MDPH, pension d’invalidité, projet personnalisé de scolarisation ou taux d’incapacité reconnu) peuvent accéder au dispositif jusqu’à 30 ans, avec des aménagements possibles sur les horaires de mission.
Comment trouver une mission adaptée à son profil ?
Une fois convaincu que le service civique correspond à son projet, il s’agit d’identifier la mission la plus pertinente parmi celles proposées en continu sur la plateforme officielle. Deux approches sont possibles : remplir un formulaire de recherche détaillé en précisant le lieu, le type de structure, les dates souhaitées, le public bénéficiaire ou le domaine d’action visé, ou bien effectuer une recherche libre par mots-clés pour explorer les offres correspondant à ses centres d’intérêt.
Dix grands domaines d’action sont couverts par le dispositif, incluant notamment l’éducation, la solidarité et l’environnement, ce qui permet à chacun de trouver un secteur en phase avec ses valeurs.
Comment déposer sa candidature ?
Une fois une mission repérée, la candidature se fait directement en ligne. Contrairement à un recrutement classique, il ne s’agit pas de fournir un CV traditionnel : le candidat répond à une série de questions destinées à cerner sa personnalité et ses centres d’intérêt, puis rédige quelques lignes pour se présenter et expliquer les raisons de son engagement. Il est également possible de joindre des documents complémentaires, comme une réalisation personnelle, une vidéo ou un lien vers un projet déjà mené.
Après l’envoi de la candidature, le volontaire peut compléter son espace personnel en renseignant sa date de naissance, son adresse, et ses préférences en matière d’actualités reçues. Toutes les données transmises sont traitées conformément au règlement général sur la protection des données (RGPD).
Le suivi des candidatures s’effectue ensuite dans une rubrique dédiée de l’espace personnel, qui indique le statut de chaque demande : en attente, relance, non retenue ou retenue. Les rendez-vous fixés avec les organismes y apparaissent également, avec la possibilité de les ajouter directement à son agenda. Une messagerie interne permet par ailleurs aux structures de contacter les candidats.
Que se passe-t-il une fois la mission acceptée ?
L’engagement débute par la signature d’un contrat de service civique avec la structure d’accueil. Ce document précise les dates de la mission, sa durée hebdomadaire (comprise entre 24 et 48 heures, avec un plafond fixé à 35 heures pour les volontaires mineurs) ainsi que la description des activités confiées. Il peut également mentionner les modalités de versement d’une éventuelle indemnité complémentaire, l’identité du tuteur, ou encore la fréquence des points d’échange prévus avec ce dernier.
Il n’est pas possible de cumuler un service civique avec un stage. En revanche, si les activités réalisées permettent d’acquérir des compétences en lien avec une formation suivie en parallèle, il est envisageable de demander à son établissement de valider cette période au titre d’un stage, voire d’obtenir des crédits universitaires selon les règles propres à chaque établissement.
Deux formations sont obligatoires au cours du premier trimestre de la mission : une formation aux premiers secours citoyens (PSC) et une formation civique et citoyenne, l’occasion d’échanger avec d’autres volontaires de la région sur des sujets de société comme la lutte contre les discriminations ou le développement durable. L’inscription à ces formations est prise en charge par le tuteur, et les frais afférents sont à la charge de la structure d’accueil.
Tout au long de la mission, le volontaire bénéficie d’un accompagnement continu : un entretien d’entrée en mission avec son tuteur, des points réguliers pour ajuster le contenu de la mission si besoin, ainsi qu’un référent départemental ou l’Agence du service civique en cas de difficulté.
Quels sont les droits et indemnités du volontaire ?
Le volontaire en service civique bénéficie d’une protection sociale complète assurée par le régime général de la Sécurité sociale, et la durée de sa mission est prise en compte dans ses droits à la retraite. S’il était inscrit comme demandeur d’emploi avant sa mission, il conserve son ancienneté d’inscription.
L’indemnité, versée entre le 21 et le 30 de chaque mois par l’Agence de services et de paiement (ASP), s’accompagne de divers avantages liés à la carte de service civique : complémentaire santé, assurance logement, offres bancaires, tourisme ou transports, selon les partenariats en vigueur. Le volontaire bénéficie également de jours de congés, à raison de 2 jours par mois de mission effectué, portés à 3 jours pour les volontaires mineurs.
En cas d’arrêt maladie, de congé maternité ou d’accident survenu dans le cadre de la mission, le versement de l’indemnité est maintenu. À l’inverse, une absence prolongée et non justifiée peut entraîner la rupture du contrat par la structure d’accueil.
Il est possible de mettre fin à sa mission avant son terme, sous réserve de prévenir l’organisme un mois à l’avance. Ce délai pouvant être levé en cas d’embauche en CDI, de CDD d’au moins six mois, de faute grave ou de force majeure. La structure d’accueil peut également rompre le contrat, à condition de motiver sa décision par écrit.
Pour une mission réalisée à l’étranger, le statut du volontaire reste identique et l’indemnité brute demeure la même qu’en France. Une assurance couvrant maladie, accident du travail et rapatriement doit obligatoirement être souscrite par l’organisme d’envoi. Les frais de transport et d’hébergement restent en revanche généralement à la charge du volontaire, sauf aide exceptionnelle d’une collectivité ou de l’État.
Comment se déroule la fin de mission ?
Quelques jours avant l’échéance du contrat, un entretien de bilan est organisé avec le tuteur afin de faire le point sur les activités menées, les compétences acquises et les perspectives à envisager pour la suite : recherche d’emploi, poursuite d’études ou nouvelle formation. Un questionnaire de satisfaction est également transmis au volontaire pour évaluer son expérience.
Entre quinze jours et un mois avant la fin de la mission, une attestation de service civique est envoyée par voie postale. Signée par la présidente de l’Agence du service civique, elle officialise l’engagement accompli et doit ensuite être contresignée par le responsable de la structure d’accueil.
Que faire après son service civique ?
Une fois sa mission achevée, il n’est pas possible d’effectuer un second service civique. Plusieurs voies permettent néanmoins de prolonger son engagement. Le volontaire peut devenir ambassadeur du dispositif, en témoignant de son expérience sur les réseaux sociaux, auprès d’établissements scolaires ou de missions locales.
Il peut aussi se tourner vers le bénévolat via des plateformes dédiées, ou explorer d’autres formes de volontariat en France, en Europe ou à l’international : volontariat associatif, volontariat de solidarité internationale (VSI) ou Corps européen de solidarité (CES). Pour les profils davantage orientés vers la découverte d’un métier, des dispositifs comme le volontariat international en administration (VIA), le volontariat international en entreprise (VIE) ou une mission de service civique en outre-mer permettent de vivre une expérience professionnelle à l’étranger.
Certains choisissent également de poursuivre leur engagement dans des missions de secours et de sécurité, en devenant réserviste dans l’armée, sapeur-pompier volontaire, ou réserviste opérationnel au sein de la police ou de la gendarmerie.
Enfin, pour ceux qui souhaitent s’orienter vers l’emploi, l’expérience acquise pendant le service civique peut être valorisée dans un CV ou lors de candidatures, à l’aide d’outils spécifiquement conçus pour identifier et mettre en avant les compétences développées durant la mission.