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Limiter la pollution numérique : les gestes à adopter

Selon l'Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), en 2025, la pollution engendrée par le numérique sera aussi importante que le trafic automobile mondial. Quels gestes peut-on adopter au quotidien pour réduire les effets de la pollution digitale ?
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À l'heure des nouvelles technologies, les échanges sont plus que jamais dématérialisés. Si les outils modernes ont mille et une raisons d'être de formidables inventions, ils n'en restent pas moins polluants. Quels sont les bons gestes à adopter pour limiter la pollution numérique ?

Limiter la pollution numérique : les gestes à adopter



Les chiffres alarmants du monde digital

Il faut l'avouer, la pollution numérique est un terme que l'on entend rarement. Après tout, qui aurait cru qu'il était écologiquement problématique d'envoyer un mail, passer un coup de téléphone, ou télécharger une vidéo ? Pourtant, les statistiques sont formelles, l'univers du digital consomme 10 % de l'électricité mondiale, et représente à lui seul 4 % des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que le secteur de l'aviation. Ce chiffre pourrait même doubler d'ici quelques années...

Les explications sont simples. Parlons dans un premier temps des objets connectés qui envahissent notre quotidien. De la télévision à l'ordinateur en passant par le smartphone, la console de jeu ou la tablette, nous sommes nombreux à ne plus pouvoir nous passer de ces gadgets. Pourtant, la fabrication d'un produit informatique a d'importants impacts environnementaux. Pour cause, ces appareils nécessitent un grand nombre de pièces difficilement recyclables. Par exemple, pour créer un ordinateur, il faut compter 16 fois son poids en matériaux. De même, la fabrication d'un gramme de smartphone nécessite 80 fois plus d'énergie qu'un gramme de voiture. Les acheminements, généralement en avion, sont également nuisibles à la biodiversité.

La pollution numérique ne s'arrête pas là. L'utilisation même du Web a des conséquences écologiques. Derrière cet immense réseau qu'est la toile, se cache une infinité de logiciels, équipements informatiques et centres de données, particulièrement énergivores. Le saviez-vous ? Le simple fait d'envoyer 20 mails par jour est plus polluant que de faire 100 kilomètres en voiture. L'usage mondial du streaming engendre 300 millions de tonnes de CO2.

Une seule requête sur un moteur de recherche comme Google équivaut à laisser une ampoule allumée durant 1 heure. On peut le dire, toutes ces comparaisons donnent le tournis...

Adopter un comportement responsable

Diminuer la pollution digitale au travers de gestes simples, c'est possible !

Les bons réflexes à avoir sur Internet pour limiter la pollution numérique

Lorsque vous naviguez sur le Web, il y a quelques bons réflexes à intégrer. Tout d'abord, tentez autant que possible de limiter l'ouverture des onglets. Il est également toujours préférable de taper directement l'adresse d'un site Internet, plutôt que de passer par un moteur de recherche. Il existe par ailleurs des outils plus éthiques que Google. Par exemple, n'hésitez pas à découvrir Ecosia, une création allemande qui reverse 80 % de ses bénéfices à des associations pour l'environnement.

Concernant votre boite mail, il y a aussi du ménage à faire ! Tout d'abord, évitez d'avoir plusieurs adresses électroniques, surtout si vous ne vous en servez pas. Supprimez régulièrement vos spams et autres messages inutiles. Pensez à vous désabonner des newsletters qui ne vous intéressent pas. Il existe des plateformes gratuites qui peuvent vous y aider, comme Cleanfox. Enfin, n'envoyez un mail que si c'est indispensable, et limitez au maximum les pièces jointes.

Si vous souhaitez visionner une vidéo, il est préférable d'être connecté en Wifi plutôt qu'en 4G. Optez pour le téléchargement plutôt que le streaming. Privilégiez également, dans la mesure du possible, la lecture en basse définition, qui nécessite moins d'énergie. Enfin, pensez à désactiver le démarrage automatique des vidéos sur les réseaux sociaux.

Oser repenser sa consommation

Il est parfois difficile de ne pas céder aux appels de la société consumériste. Pourtant, limiter l'achat d'objets connectés est indispensable pour préserver l'environnement. Il est donc préférable d'éviter de changer un outil informatique tant que celui-ci fonctionne. En cas de panne, il vaut toujours mieux essayer de réparer avant de se tourner vers une nouvelle acquisition.

De même, plutôt que de vous procurer un appareil neuf, tournez-vous vers un produit reconditionné ou un article d'occasion en bon état. Si vous souhaitez changer de smartphone, et que vous avez le budget, pourquoi ne pas choisir Fairphone ? Cette entreprise néerlandaise s'est lancée dans la vente de téléphones éthiques, plus respectueux de l'environnement et des travailleurs.

Ne cédez pas non plus aux sirènes du « tout numérique ». Certains gestes simples, autrefois effectués à la main, deviennent aujourd'hui automatisés. Avez-vous réellement besoin de ces nouvelles fonctions ? Il vaut toujours mieux peser le pour et le contre avant de se laisser séduire...

De même, prenez l'habitude de toujours éteindre et débrancher vos appareils numériques, et tout particulièrement votre box Internet, qui est très énergivore. En cours d'utilisation d'un ordinateur ou d'un smartphone, on choisit également une mise en veille rapide, on désinstalle les logiciels et autres fonctions inutiles, et on baisse au maximum la luminosité de l'écran.