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Radon : ce gaz est-il présent dans votre logement ?

Vous avez sûrement déjà entendu parler du radon. Ce gaz présent dans le sol de la plupart de nos régions françaises peut se révéler dangereux pour la santé, en fonction de sa concentration.
Sommaire

D’où vient le radon ? Où en trouve-t-on ? Comment en mesurer la concentration ? Comment atténuer sa présence ? Focus sur un danger domestique dont l’on ne soupçonne pas l’existence.

Radon : ce gaz est-il présent dans votre logement ?



Qu’est-ce que le radon ?

Le radon est un gaz toxique d’origine naturelle, qu’il est possible de retrouver dans l’air de votre logement. Inodore et incolore, ce gaz radioactif provient de la dégradation du radium et de l’uranium que l’on trouve dans la croûte terrestre, essentiellement dans les sols volcaniques et granitiques.

Il est plus rare de relever la présence de radon dans l’eau courante ou dans les matériaux de construction.

Pourquoi le radon est-il dangereux pour la santé ?

Particulièrement toxique, le radon est reconnu comme étant la première source d’exposition aux rayonnements ionisants sur le territoire français.

Le centre international de recherche sur le cancer a classé ce gaz comme « cancérogène pulmonaire certain ». Il représente en effet la deuxième cause de cancer du poumon. Il est à l’origine de 3 000 cas de cancers par an, en France, en raison d’une simple exposition domestique. Ce chiffre représente 10 % du total des cas de cancers du poumon. Le risque est majoré en cas de tabagisme.

Les produits de désintégration du radon sont par conséquent toxiques. Ces éléments radioactifs s’associent aux particules situées dans l’air que nous respirons. Plusieurs années peuvent se passer entre l’irradiation et l’apparition de maladies comme le cancer.

Quel est le degré de toxicité du radon ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déterminé un niveau au-delà duquel le radon est jugé dangereux pour la santé. Cette mesure se fait en becquerel par m3 (Bq/m3). Le niveau moyen se situe à 100 Bq/m3. Par conséquent, la concentration de radon dans votre air intérieur ne doit pas dépasser 300 Bq/m3.

La concentration de radon peut fortement varier d’un logement à l’autre, même situés à proximité.




Comment le radon se retrouve-t-il dans votre logement ?

Le radon est classé parmi les principaux polluants intérieurs. Bien qu’émanant du sol, il se dégage malgré tout dans l’air et se concentre dans les logements mal ventilés.

En extérieur, le radon tend en effet à se diluer rapidement. Sa concentration reste par conséquent relativement basse et peu nocive.

À l’intérieur, il n’est pas rare que la concentration dépasse parfois plusieurs milliers de becquerels par mètre cube. On le retrouve principalement dans les caves et les vides sanitaires. Il s’infiltre en effet dans votre logement par le biais de fissures et par les passages de canalisations.

Vivez-vous dans une zone à risque ?

La présence de radon n’est pas uniforme sur le territoire. Certaines régions affichent en effet des taux de concentration plus importants. Ce phénomène s’explique par l’existence de sols naturellement plus riches en uranium que d’autres.

Les régions les plus touchées sont les grands massifs granitiques :

  • Massif armoricain ;
  • Massif central ;
  • Corse ;
  • Vosges.

L’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a établi un classement des communes en trois catégories, en fonction du risque auquel elles s’exposent :

  • catégorie 1 : potentiel radon faible ;
  • catégorie 2 : potentiel radon faible, mais en raison de la présence de formations géologiques particulières, le radon peut être transporté plus facilement vers les bâtiments ;
  • catégorie 3 : potentiel radon significatif.

Est-il obligatoire de détecter la présence de radon ?

Lorsque vous souhaitez louer ou vendre votre bien, vous devez informer le potentiel locataire ou acquéreur du risque auquel s’expose le logement.

Cette démarche est obligatoire si votre bien se situe dans une commune de catégorie 3.

Dans le cas contraire, il est simplement recommandé, par courtoisie, de prévenir vos acquéreurs ou locataires.

Comment détecter le radon ?

Quel type d’appareil ?

Pour mesurer la concentration de radon dans votre logement, il existe des détecteurs radon ou dosimètres radon.

Il est préférable de confier l’installation de cet appareil à un professionnel, afin de réaliser des mesures fiables et les analyser correctement.

Vous pouvez trouver une liste de professionnels reconnus sur le site de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Où effectuer les mesures ?

Afin que les mesures soient fiables, veillez à faire installer le bon nombre de détecteurs. Il est recommandé de prévoir un appareil pour 200 m² homogènes.

Le détecteur doit être placé :

  • dans les pièces occupées régulièrement ;
  • durant minimum deux mois, entre octobre et mai ;
  • de jour comme de nuit ;
  • à l’abri des animaux ;
  • à l’abri des chutes ;
  • à distance des enfants ;
  • entre 80 cm et 1,50 m de hauteur, afin d’être positionné à l’endroit où les habitants respirent ;
  • loin de sources de chaleur et du rayonnement solaire ;
  • à distance des cuisines, afin d’éviter les dépôts de graisse.

Veillez à ce que le dosimètre reste bien ouvert.

Lorsque la phase de mesure est terminée, vous devez envoyer l’appareil au fournisseur, afin qu’il puisse l’analyser.

Comment réduire la présence de radon dans votre logement ?

Si vous venez de constater que votre logement concentre une dose importante de radon, il est important de rechercher une solution pour l’éliminer ou en limiter la présence.

Trois solutions s’offrent à vous :

  • installer un système de ventilation mécanique ;
  • aérer fréquemment toutes les pièces du logement ;
  • rénover les sous-sols et les canalisations. Les professionnels à qui vous confierez la réalisation de ces travaux doivent être compétents en matière de génie climatique, de maçonnerie et d’étanchéité.

Existe-t-il des aides financières pour vos travaux ?

Lorsque vous prévoyez de réaliser des travaux afin de réduire un taux élevé de radon dans votre logement, ces derniers peuvent être présentés comme des travaux d’amélioration de l’habitat auprès de l’Anah (Agence nationale de l’habitat).

L’aide de l’Anah est attribuée sous condition de ressources.