Les puffs sont dans le collimateur du gouvernement. En effet, ce mercredi 3 mai sur France Inter, François Braun, le ministre de la Santé s’est prononcé en faveur de l’interdiction de ces cigarettes électroniques jetables. La raison ? Elles amènent certains jeunes « vers le tabagisme », a-t-il expliqué.
Les puffs attirent notamment les jeunes pour ses prix abordables et les saveurs proposées
Car depuis leur arrivée sur le marché français en 2021, les puffs ne cessent de se répandre dans les collèges et les lycées. Ainsi, dans un sondage de l’Alliance contre le tabac paru en octobre 2022, 13 % des adolescents interrogés révélaient avoir déjà utilisé cette cigarette électronique jetable. Et parmi eux, 17 % se sont ensuite tournés vers du tabac ou une autre forme de nicotine.
Or, la puff, qui plait aux jeunes notamment en raison de son prix très abordable ou encore de ses saveurs proposées (barbe à papa, choco-noisette, cola, etc.), « constitue un piège particulièrement sournois » pour les adolescents, écrivait en février 2023 l’Académie nationale de médecine.
Comme c’est « quelque chose de récent, le danger en lui-même » de ces e-cigarettes « est peu connu », a admis Yves Martinet sur France Info ce mercredi 3 mai. Toutefois, selon le président du comité national contre le tabagisme, « la nicotine » présente dans les puffs est « beaucoup plus addictive » que celle « dans les cigarettes électroniques traditionnelles », car elle est « sous forme de sel ». « Un enfant qui consomme la cigarette électronique a 3 à 4 fois plus de risques » de fumer par la suite des « cigarettes de tabac », affirme-t-il.
Ces cigarettes électroniques jetables sont aussi un danger environnemental
Et au-delà de ces risques pour la santé, ces cigarettes électroniques jetables sont également un « fléau environnemental », estimait dans une tribune publiée dans Le Monde ce dimanche 30 avril, un collectif de défenseurs de l’environnement, tabacologues et médecins. En effet, ces experts rappelaient que les puffs étaient composées de « plastique » mais aussi d’une « batterie non amovible comportant en moyenne 0,15 g de lithium (…) et contenant des traces de métaux lourds ».
Ces cigarettes électroniques n'étant pas recyclable, ces « composants peuvent polluer les océans », mais aussi les « nappes phréatiques » et « les sols », précisait le collectif. Ce « danger environnemental et de santé publique » nécessite « l’interdiction de leur commercialisation » et ce « au plus vite », complétait-il.
Ces e-cigarettes déjà interdites dans des pays européens
Pour rappel, les puffs sont déjà interdites dans certains pays européens comme la Belgique, l’Allemagne et l’Irlande. Concernant la France, les sénateurs avaient voté en novembre dernier dans le cadre du projet de loi de la Sécurité sociale la création d’une taxe pour dissuader les adolescents d’acheter ces cigarettes électriques jetables.
Cependant, le gouvernement s’était dit défavorable à cette mesure, estimant que ce n’était pas « la bonne méthode » et promettant « une réflexion » sur ce sujet. Et d’ailleurs, cette taxe n’a pas été définitivement adoptée par le Parlement.
Désormais, l’exécutif va se mettre autour d’une table « avec les parlementaires » pour permettre l’interdiction des puffs, a expliqué François Braun. Cette mesure pourrait être introduite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 ou dans d’autres textes de loi « avant la fin de l’année », a-t-il dévoilé.
D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.