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Blocage des lycées : que risquent les élèves qui sèchent les cours pendant les mobilisations ?

Un lycéen peut-il faire grève ? Que se passe-t-il en cas d'absence pour manifester ou de participation à un blocus ? Découvrez les règles.

Le blocage des lycées se poursuit ce lundi 5 octobre 2026. Partie de la région parisienne à la mi-septembre, la mobilisation s’est étendue à tout le pays et s’est durcie la semaine dernière, avec des incidents et des heurts avec les forces de l’ordre. Face à ces journées de blocus, beaucoup d’élèves et de parents se demandent ce qu’on risque quand on ne va pas en cours pour manifester.

Blocage des lycées : où en est la mobilisation ce lundi ?

Selon le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, les cours sont totalement ou partiellement suspendus ce lundi 5 octobre dans 400 à 500 des 3 700 lycées du pays, là où les conditions de sécurité ne sont pas réunies. En Île-de-France, plus d’un tiers des lycées, soit plus de 160 établissements, seraient fermés d’après la présidente de la région, Valérie Pécresse.

La suite se prépare déjà : l’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne appellent à une grande manifestation mardi 6 octobre, et la CGT a annoncé qu’elle rejoindrait le mouvement. Des appels à une « semaine noire » avec des blocus quotidiens circulent aussi sur les réseaux sociaux.

Les lycéens ont-ils le droit de faire grève ?

Non. Le décret du 18 février 1991 sur les droits et obligations des élèves ne reconnaît pas de droit de grève aux lycéens. Les élèves sont soumis à un devoir d’assiduité : ils doivent suivre les enseignements prévus à leur emploi du temps.

Ils disposent en revanche d’une liberté d’information et d’expression, dans le respect du pluralisme et de la neutralité. Concrètement, un lycéen peut manifester ou se rassembler, par exemple en dehors des heures de cours. Cette liberté ne doit pas perturber le déroulement des enseignements.

Sécher les cours pour manifester : quelles conséquences ?

Quitter les cours pour participer à une mobilisation est considéré comme une absence injustifiée. Les conséquences suivent une gradation :

  • Dès la première absence : les responsables légaux sont informés.
  • Sanction de l’établissement : elle dépend du règlement intérieur. Il peut s’agir d’un avertissement ou d’une retenue.
  • À partir de la quatrième absence injustifiée : la Direction académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) est informée et une procédure de suivi peut être engagée.
  • Si les absences persistent : pour un élève de moins de 16 ans, les parents peuvent, dans certaines situations, être exposés à une amende pouvant atteindre 750 euros.

Et si le lycée est fermé par décision de l’établissement ?

Tous les élèves qui ne vont pas en cours ne sont pas forcément en train de sécher. Depuis le début du mouvement, de nombreux lycées suspendent leurs cours, en totalité ou en partie, quand les conditions de sécurité ne permettent plus d’accueillir les élèves : blocage de l’entrée, dégradations, risque d’incidents.

Dans ce cas, l’élève ne risque rien. En effet, c’est l’établissement qui décide de ne pas ouvrir, et non l’élève qui choisit de ne pas venir. Les règles sur l’absence injustifiée visent le lycéen qui manque un cours auquel il aurait dû assister, ce qui n’est pas la situation d’un élève devant un lycée fermé.

Le ministre a par ailleurs indiqué que les cours pourraient être assurés à distance dans certains lycées lorsque les blocages ou les dégradations empêchent un accueil en sécurité. Les modalités varient d’un établissement à l’autre : les familles ont donc intérêt à consulter l’espace numérique de travail (ENT) du lycée, à surveiller les messages de la vie scolaire et à vérifier chaque matin si l’établissement ouvre ses portes.

Bloquer un lycée : une faute plus lourde

Participer à un blocus ne se limite pas à une absence. Empêcher l’accès à un établissement ou perturber les cours porte atteinte aux activités d’enseignement, et les élèves concernés s’exposent à des sanctions disciplinaires, surtout quand la sécurité des élèves ou du personnel est en jeu. Dans les cas les plus graves, la sanction peut aller jusqu’à l’exclusion définitive.

Le débat politique s’élargit aussi sur la question des dégradations. Un projet de loi dit « casseurs-payeurs » doit être examiné au Sénat le 27 octobre.

 

Olivier Calcagno

D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.