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Bourse étudiante 2025 : pourquoi le calcul repose-t-il toujours sur les revenus N-2 ?

En 2025, les bourses étudiantes sont toujours calculées sur les revenus parentaux de 2023. Pourquoi ce décalage persiste-t-il ? Explications du ministère.

C’est la rengaine qui agace chaque année des milliers d’étudiants : pour obtenir une bourse étudiante, le dossier repose encore et toujours sur les revenus parentaux d’il y a deux ans, autrement dit l’année N‑2. Face à une précarité galopante, à des vies familiales souvent chamboulées, et au besoin urgent d’adapter les aides à la réalité, ce principe suscite autant d’incompréhension que de frustration. Alors, pourquoi persiste-t-on à regarder dans le rétroviseur pour attribuer cette aide ?

Le calcul de la bourse étudiante : la mécanique de N‑2

Pour toute demande de bourse étudiante 2025‑2026, c’est bien le revenu fiscal de référence des parents en 2023 (année N‑2) qui est pris en compte. Ce choix structure toutes les aides sociales à l’accès à l’enseignement supérieur et détermine votre échelon Crous, ainsi que le montant attribué : de 145,40 € à 633,50 € par mois selon la situation familiale et la distance d’études.

Cette méthode, critiquée depuis plusieurs années, engendre un « déphasage entre la situation réelle du demandeur ou de la demandeuse et celle estimée », selon la députée Sylvie Ferrer (La France insoumise - Nouveau Front Populaire) qui a interpellé le gouvernement au printemps 2025. Quand la situation familiale évolue brutalement, le dossier ne reflète plus la réalité, et le montant de la bourse étudiante peut s’avérer bien inférieur à ce dont l’étudiant a réellement besoin.

Entre inertie administrative et contraintes techniques

Alors, pourquoi ne pas actualiser ? La réponse du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, publiée au Journal officiel ce 4 novembre 2025, est limpide : « La référence à l’année N‑2 permet de faire bénéficier de certains droits à l’étudiant (attribution de logements Crous, exonération des droits d’inscription et de la contribution de vie étudiante et de campus), ce qui ne serait pas possible en prenant en compte les ressources à l’année N‑1 en raison du calendrier universitaire (les ressources correspondantes étant connues de manière trop tardive) ».

En clair, le timing fiscal et la coordination entre campagnes de déclaration de revenus et procédure de bourse étudiante rendent trop complexe une actualisation systématique à N‑1. Les dossiers doivent être instruits avant que l’administration fiscale ne communique les derniers chiffres, sous peine d’empêcher l’accès à d’autres dispositifs.

Des dérogations très limitées

Face à ce cadre rigide, le ministère rappelle que « la réglementation autorise déjà à déroger au principe de la base ressources N‑2 » : dans des cas très exceptionnels (séparation, décès, perte d’emploi, retraite ou maladie) le calcul peut se faire sur les revenus N‑1 ou même N.

Une possibilité qui reste « restreinte », déplore Sylvie Ferrer. « Dans le contexte actuel où 43 % des étudiants manquent un repas faute de moyens, une différence de quelques euros a déjà un impact fortement significatif sur les situations individuelles », rappelle-t-elle.

 

Olivier Calcagno

D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.