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Pénurie de logements étudiants : pourquoi l'Île-de-France est-elle particulièrement touchée ?

Les étudiants peinent à se loger en Île-de-France. Les loyers montent en flèche et les propriétaires sont très sélectifs. Quelles sont les solutions ?

À l’approche de la rentrée, nombreux sont les étudiants qui désespèrent de trouver un logement à Paris. Parmi eux, certains présentent pourtant des dossiers attractifs : un budget adéquat, des études sérieuses et des parents garants. Mais l’écart entre l’offre et la demande s’est creusé et la recherche de location peut prendre des allures de parcours du combattant.

Une demande de logements qui dépasse l’offre

L’Île-de-France, une région étudiante

On compte environ 680 000 étudiants en Île-de-France, et cette population représente un quart des étudiants de France. Dans la région, l’offre est moins importante que la demande et le fait que tous les étudiants recherchent un logement en même temps crée une situation difficile.

Les acteurs de l’immobilier sont dépassés

Tommy Veyrat, directeur du réseau de l’Union régionale pour l’habitat des jeunes en Île-de-France, est submergé de demandes, mais ne peut pas apporter de réponses : « Les étudiants nous demandent des solutions d’urgence que nous n’avons pas ».

Laetitia Caron, directrice générale de PAP, rencontre le même problème : le nombre d’offres locatives a baissé de 15 % par rapport à 2022 tandis que la demande a augmenté de 17 %.

Les propriétaires eux aussi sont dépassés par la situation. Un propriétaire du Val-de-Marne raconte que son studio a été loué un jour après la publication de l’annonce : « Je n’avais pas encore posté de photos, que j’avais déjà reçu une trentaine d’appels ». Il a dû sélectionner un locataire parmi 50 dossiers.

Moins d’investisseurs franciliens

La rareté des logements s’explique aussi par la baisse du nombre de trentenaires qui investissent dans l’immobilier. Aujourd’hui, ces Franciliens préfèrent louer plus grand plutôt qu’acheter, en raison des taux d’intérêt qui eux aussi ont pris de la hauteur. Sans compter que les crédits sont de plus en plus difficiles à obtenir.

Un refus pur et simple des étudiants

Pour les étudiants, un autre obstacle leur bloque l’accès à un logement : certains propriétaires refusent de louer à des étudiants. Parfois, cela est précisé dans l’annonce, parfois non, ce qui peut engendrer une perte de temps pour eux (et d’argent s’ils doivent se déplacer).

Les raisons ? Les propriétaires recherchent les locataires ayant le plus de ressources et ont tendance à ne pas vouloir louer uniquement pour six mois ou un an. Certains ont aussi peur des dégradations et font moins confiance aux étudiants qu’aux salariés.

L’approche des Jeux olympiques n’aide pas

Paris accueillera les Jeux olympiques et paralympiques en 2024 et des propriétaires y voient l’occasion de gagner plus d’argent en louant leur appartement pour une courte durée via Airbnb plutôt qu’à des étudiants.

D’ailleurs, les JO avaient déjà fait les gros titres suite à l’annonce de la réquisition de plus de 3000 logements CROUS pendant l’été 2024. Les logements CROUS sont aussi difficiles d’accès puisqu’en nombre limité (certains sont en rénovation) et réservés à certains échelons de boursiers.

Des loyers très élevés en Île-de-France

Outre la pénurie de logements, la difficulté d’accès aux logements est renforcée par le prix des loyers. En moyenne, un logement étudiant coûte 881 euros (charges comprises) en Île-de-France, contre une moyenne nationale de 547 euros.

Depuis 2019, un dispositif d’encadrement des loyers est en place à Paris. Actuellement, les montants sont plafonnés à 3,5 % et cette limite sera valable jusqu’au printemps 2024. Cependant, beaucoup de propriétaires ne respectent pas les restrictions et contribuent aux problèmes de logement. D’autres se plaignent de ces plafonds et revendent au lieu de mettre en location.

Des logements indécents ou non conformes

En raison de cette pénurie, nombreux sont les étudiants qui acceptent de vivre dans des logements indécents (moisissures, absence de fenêtres, etc.) ou non conformes (passoires thermiques). Certains propriétaires préfèrent vendre leurs biens plutôt que de réaliser les travaux et ce sont autant de logements qui sortent du parc locatif, remarque Éric d’Haene, directeur de l’agence Century 21 à Corbeil-Essonnes.

 

Coline Roux

Rédactrice, traductrice, journaliste, j’aime jouer avec les mots pour informer, émouvoir et aider les lecteurs. Au cours de ma carrière, j’ai travaillé dans les secteurs des télécommunications, de la santé, du tourisme, de l’audiovisuel, du marketing et des démarches administratives. Peu importe le sujet, le plus important pour moi, c’est de produire un contenu utile et agréable qui va réellement servir aux gens et répondre à leur besoin.