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Grève SNCF du 10 juin 2026 : le trafic sera-t-il fortement perturbé ?

CGT, Unsa, Sud-Rail et CFDT appellent à la grève à la SNCF le 10 juin. TGV, Ouigo, Intercités, RER, Transilien : quelles lignes sont touchées ?

Ce mercredi 10 juin 2026, les voyageurs de la SNCF sont invités à anticiper des perturbations importantes sur l’ensemble du réseau ferroviaire. À l’appel des quatre principaux syndicats du groupe (CGT Cheminots, Unsa Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT Cheminots), une grève nationale d’une journée vient perturber TGV, Intercités, RER et Transilien. Premier mouvement unitaire depuis décembre 2024, cette grève à la SNCF constitue aussi le premier vrai test social pour Jean Castex, à la tête de la SNCF depuis novembre 2025. Salaires, conditions de travail, droits des cheminots des filiales : les revendications sont multiples. Voici ce qu’il faut savoir avant de prendre le train.

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Deux TGV sur trois devraient rouler

Au niveau national, deux TGV sur trois devraient rouler mercredi. Sur le réseau Intercités, seul un train sur deux circulera, de jour comme de nuit. La SNCF indique que les voyageurs dont le train est annulé seront recontactés et pourront obtenir un remboursement ou reporter leur billet. La compagnie précise que les places disponibles sur les trains maintenus devraient permettre à l'ensemble des clients de voyager dans la journée.

Concernant les TER, SNCF Voyageurs recommande également de reporter les déplacements en train si possible. Les perturbations seront les plus sévères en Auvergne-Rhône-Alpes, en Hauts-de-France, en Bretagne, en Occitanie, dans le Grand Est, en Normandie et en Nouvelle-Aquitaine. Un niveau de perturbation moindre, mais réel, est attendu en Bourgogne-Franche-Comté, en Pays de la Loire, dans le Centre-Val de Loire et en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Île-de-France : le détail ligne par ligne

En Île-de-France, les perturbations seront plus marquées. Transilien et Île-de-France Mobilités recommandent aux voyageurs d’éviter le train ce jour-là si possible. Les bus, métros et tramways ne sont en revanche pas concernés, à l’exception des lignes T12 et T13.

Voici les prévisions ligne par ligne :

RER A : Trafic normal, y compris sur les branches SNCF (Cergy-le-Haut, Poissy).

RER B : Deux trains sur trois au sud (Gare du Nord – Saint-Rémy/Robinson) ; un train sur deux au nord. L’interconnexion à Gare du Nord est maintenue, avec possibilité de correspondance à Denfert-Rochereau.

RER C : Un train sur trois en moyenne.

RER D : Un train sur trois entre Creil et Corbeil-Essonnes ; un sur deux entre Goussainville et Melun ; un sur cinq entre Corbeil-Essonnes et Malesherbes (uniquement 5h30–9h30 et 16h30–20h30). Aucune circulation entre Juvisy et Melun via Ris-Orangis.

RER E : Un train sur trois, trafic fortement perturbé.

Ligne H : Un train sur trois en moyenne ; un sur cinq entre Pontoise et Creil.

Ligne J : Un train sur deux.

Ligne K : Un train sur deux.

Ligne L : Un train sur deux.

Ligne N : Un train sur trois, trafic fortement perturbé.

Ligne P : Un train sur trois, trafic fortement perturbé. Des bus de remplacement seront mis en place depuis la gare de l’Est.

Ligne R : 

  • Gare de Lyon – Montargis : un train sur deux, uniquement de 4h45 à 11h00 puis de 16h00 à 20h00.
  • Gare de Lyon – Montereau via Moret : un train sur deux, de 5h30 à 8h30 puis de 16h30 à 21h45.
  • Melun – Montereau via Héricy : un train sur trois, de 6h00 à 9h00 puis de 17h00 à 19h30.

Ligne U : Un train sur trois.

Ligne V : Deux trains sur trois.

Tramway T12 : Un tram toutes les 30 minutes de 6h à 9h, puis toutes les heures jusqu’à 16h, puis toutes les 30 minutes de 16h à 20h.

Tramway T13 : Un tram toutes les 30 minutes de 6h à 9h, puis toutes les heures jusqu’à 17h, puis toutes les 30 minutes de 17h à 20h.

Pourquoi cette grève SNCF ?

Les quatre syndicats voient dans cette journée du 10 juin l’occasion de mettre sur la table deux dossiers qu’ils estiment trop longtemps ignorés par la direction : la question salariale et la dégradation des conditions de travail. Sur le front des rémunérations, ils considèrent que les revalorisations accordées ces derniers mois sont restées en deçà de ce que justifie la montée des prix, en particulier depuis le regain d’inflation lié au conflit au Moyen-Orient.

Mais c’est peut-être le volet social qui inquiète le plus. Les syndicats décrivent une souffrance qui traverse l’ensemble de la hiérarchie, des agents de terrain aux cadres. La CGT Cheminots avance des chiffres préoccupants : une progression des accidents du travail de 15,9 % entre 2024 et 2025, une hausse de 40 % des arrêts maladie d’origine psychologique, et treize suicides recensés depuis janvier 2026. Les organisations syndicales relient en partie cette situation aux bouleversements organisationnels engendrés par l’ouverture à la concurrence, particulièrement sensibles sur les lignes régionales, où les TER ont été les premiers concernés par les appels d’offres.

Serez-vous rémunéré si vous ne vous rendez pas à votre travail ?

En cas de grève SNCF vous empêchant de rejoindre votre lieu de travail, vous n’êtes en principe pas rémunéré, sauf disposition contraire prévue par votre convention collective ou un accord d’entreprise, de branche ou d’établissement.

Pour ne pas perdre une journée de salaire, plusieurs solutions existent : télétravail, récupération des heures manquées, ou pose d’un RTT ou de congés payés. Ces aménagements restent toutefois soumis à l’accord préalable de votre employeur.

Pouvez-vous quitter votre travail plus tôt ce mercredi ?

Même si vous êtes touché par la grève des trains, vous ne pouvez pas quitter votre travail plus tôt ce mercredi, sauf autorisation expresse de votre employeur.

Déplacement professionnel perturbé par la grève : quelles solutions ?

Pour les salariés en mission ce 10 juin, la grève SNCF peut compliquer sérieusement le retour. Sur le plan juridique, l’employeur n’est pas tenu de rémunérer le salarié au-delà de la durée initialement prévue pour sa mission. En revanche, il a l’obligation de prendre en charge les frais supplémentaires engendrés par la perturbation, qu’il s’agisse des repas ou d’un hébergement rendu nécessaire par l’allongement du déplacement.

Si le salarié souhaite rentrer plus rapidement, il peut demander à son employeur l’autorisation de recourir à un autre moyen de transport, dont les frais devront alors être remboursés. Location de voiture, covoiturage ou transport en car peuvent constituer des alternatives à envisager selon la destination et les contraintes de la mission.

Certains trains peuvent-ils être annulés au dernier moment ?

Oui, et c’est l’un des aspects les plus contraignants d’une journée de grève à la SNCF. Même lorsqu’un train figure dans les prévisions de trafic publiées la veille, une annulation de dernière minute reste possible. Le niveau de participation réel à la grève ne se confirme qu’au moment de la prise de service des agents, ce qui peut conduire la SNCF à revoir son plan de transport dans les heures précédant le départ.

Retard de train dû à la grève : avez-vous droit à un remboursement ?

Grève ou pas, en cas de retard à l’arrivée, les voyageurs SNCF peuvent prétendre à une indemnisation, selon un barème encadré par la réglementation. Pour tout retard sur un TGV, un Intercités ou un trajet national effectué dans le cadre d’un service international de transport, les compensations minimales applicables sont les suivantes : 25 % du prix du billet pour un retard compris entre une heure et deux heures, et 50 % du prix du billet au-delà de deux heures de retard à l’arrivée. Depuis le 1er janvier 2025, ces dispositions s’étendent également aux billets comportant une correspondance avec un service régional de transport ferroviaire (TER).

Un salarié en retard à cause de la grève peut-il être sanctionné ?

C’est une question que beaucoup de salariés se posent lorsqu’une grève des transports perturbe leur trajet domicile-travail. La réponse est nuancée. En droit du travail, un salarié ne peut pas être sanctionné disciplinairement pour un retard causé par une perturbation des transports en commun, à condition qu’il soit de bonne foi et qu’il en informe son employeur dans les meilleurs délais. Ce type d’absence ou de retard est en effet considéré comme un cas de force majeure indépendant de la volonté du salarié. 

En revanche, l’employeur est en droit de procéder à une retenue sur salaire proportionnelle au temps d’absence, sauf disposition contraire prévue par la convention collective applicable ou un accord d’entreprise. Certaines entreprises choisissent également de proposer des solutions alternatives, comme le recours au télétravail ou un aménagement temporaire des horaires.

Grève SNCF : un mouvement unitaire inédit depuis fin 2024

Le mouvement intervient dans un contexte social tendu, et constitue surtout un premier test majeur pour Jean Castex, arrivé à la présidence du groupe ferroviaire en novembre 2025. Les syndicats ne cachent pas leur intention de peser : « On peut affirmer que ça va être une grève qui va être très suivie », a déclaré Julien Troccaz, secrétaire fédéral de Sud-Rail. Côté CGT, Thierry Nier s’attend à « un pourcentage de grévistes important », qu’il qualifie de « significatif d’une implication des cheminots dans la mobilisation ».

La date de cette grève SNCF n’a pas été choisie au hasard. Comme l’a expliqué Fabrice Charrière, secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire : « Ce n’est ni Noël, ni un dimanche, ni un jour férié. C’est aussi en dehors des jours d’examens du bac. C’est un choix conscient qui a été fait. »

TGV, Intercités : les prévisions ligne par ligne

Les premières prévisions de trafic communiquées lundi 8 juin par SNCF Voyageurs donnent une image assez précise de ce que vivront les voyageurs de grandes lignes.

TGV : en moyenne, un train sur trois sera supprimé. La mesure concerne les TGV Inoui (y compris les liaisons vers l’Europe), Ouigo et TGV Lyria. La SNCF assure néanmoins que « grâce aux places restant disponibles, l’ensemble des clients devrait pouvoir voyager dans la journée ». Tous les voyageurs dont le train est annulé seront contactés individuellement pour se voir proposer un remboursement ou un report sans frais.

Intercités : le niveau de perturbation est plus sévère. Que ce soit en journée ou sur les trains de nuit, un convoi sur deux circulera. Là encore, la SNCF s’engage à contacter chaque client concerné par une annulation.

Transilien et RER : l’Île-de-France fortement touchée

C’est sans doute la situation la plus délicate pour les millions de voyageurs du quotidien en Île-de-France. SNCF Voyageurs prévient que le trafic sera « fortement perturbé » sur « la plupart des lignes » de RER et de Transilien opérées pour le compte d’Île-de-France Mobilités.

Le détail par ligne sera communiqué dans l’après-midi, les prévisions étant habituellement publiées aux alentours de 17h. Transilien SNCF Voyageurs et Île-de-France Mobilités recommandent d’ores et déjà aux usagers qui le peuvent de « reporter leurs déplacements en train le 10 juin ».

Ce que peuvent faire les voyageurs

Pour limiter les mauvaises surprises, la SNCF invite tous les voyageurs à vérifier la circulation de leur train ce mardi à partir de 17h, via l’application SNCF Connect ou tout autre outil de mobilité. Une mesure commerciale accompagne le mouvement : tous les clients ayant un billet pour le 10 juin peuvent l’annuler ou l’échanger sans frais, qu’ils soient ou non concernés par une annulation effective.

Pour faire face aux absences, la direction envisage également de mobiliser des cadres volontaires, comme lors des précédents mouvements sociaux, avec l’objectif affiché de « limiter autant que possible l’impact pour les voyageurs du quotidien comme pour ceux de longue distance ». La SNCF reconnaît toutefois ne pas avoir « les moyens de compenser de manière exhaustive l’ensemble des absences ».

Salaires, conditions de travail : les raisons de la mobilisation

Derrière la grève, les revendications portent sur plusieurs fronts. La question salariale est centrale : les syndicats réclament des revalorisations plus justes face à l’inflation, estimant que les hausses accordées par la direction, qu’elle situe « entre 1 et 1,5 point au-dessus » de l’inflation, restent insuffisantes.

Au-delà des salaires, c’est la cohésion sociale interne du groupe qui est en cause. Depuis la fin des recrutements au statut en 2020, les cheminots intégrés dans les nouvelles filiales ne bénéficient plus des mêmes droits que ceux du groupe public historique. Les syndicats réclament une harmonisation.

Les conditions de travail font également l’objet d’inquiétudes sérieuses. La CGT cheminots fait état d’une hausse des accidents du travail de 15,9 % entre 2024 et 2025, d’une progression de 40 % des arrêts maladie liés à la santé mentale, et signale 13 suicides depuis le début de l’année. Fabrice Charrière (Unsa Ferroviaire) évoque une « souffrance à tous les niveaux de l’entreprise ».

Et après le 10 juin ?

Les syndicats sont clairs sur la suite. « S’il n’y a pas de réponse, il y aura des suites », a prévenu Julien Troccaz (Sud-Rail), qui estime que la direction n’a pas intérêt à « jouer la carte du pourrissement ». Une réunion intersyndicale est prévue dès le jeudi 11 juin, et une rencontre avec Jean Castex est programmée le 23 juin, date que les syndicats souhaitent voir avancée.

 

Olivier Calcagno

D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.