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Peut-on travailler avec un titre de séjour étudiant ?

Un étudiant étranger peut-il travailler en France avec un titre de séjour étudiant ? Voici les règles, le nombre d’heures autorisées et les démarches à faire.

Mettons tout de suite les choses au clair : oui, un étudiant étranger non européen peut travailler en France avec un titre de séjour étudiant. L’activité salariée est autorisée, à condition de rester dans un cadre précis : un plafond d’heures par an, des formalités à accomplir par l’employeur et des règles propres à certains contrats, comme l’apprentissage. La réponse dépend aussi de la nationalité et de la durée du séjour. Les étudiants algériens suivent un régime à part, et un séjour de six mois ne se gère pas comme une année universitaire complète. Voici, point par point, ce que permet le titre de séjour étudiant et ce qu’il faut vérifier avant de signer un contrat.

Titre de séjour étudiant : quels documents ouvrent le droit de travailler ?

Pour exercer une activité salariée, l’étudiant doit détenir un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) étudiant ou une carte de séjour étudiant. Ce sont les deux formes courantes du titre de séjour étudiant pour les ressortissants non européens. Les Algériens, eux, ont un certificat de résidence étudiant.

Ce titre donne accès à un travail à titre accessoire, en complément des études. Il ne confère pas un droit de travailler sans limite : le nombre d’heures, le type de contrat et la durée du séjour changent les règles applicables.

Combien d’heures peut-on travailler avec un titre de séjour étudiant ?

Le plafond est fixé à 964 heures par an, ce qui correspond à 60 % de la durée annuelle légale du travail. Tant que l’étudiant reste sous ce seuil, son employeur n’a pas à demander d’autorisation de travail.

Le compteur ne suit pas l’année civile. Il démarre à la date de délivrance de la carte de séjour, ou à la validation du VLS-TS. Un titre délivré le 19 octobre 2026, par exemple, ouvre une période de douze mois qui s’achève le 18 octobre 2027, et c’est sur cette période que les 964 heures se comptent.

Bon à savoir : si l’étudiant dépasse ce plafond, il s’expose au retrait de son titre de séjour et au refus de son renouvellement.

Quid de l’apprentissage et du contrat de professionnalisation ?

Le titre de séjour étudiant permet aussi de signer un contrat d’apprentissage ou un contrat de professionnalisation. Dans les deux cas, l’étudiant doit être présent en France depuis plus d’un an. Une exception existe pour l’apprentissage : la condition d’ancienneté tombe lorsque l’étudiant prépare un master ou un diplôme de niveau I reconnu par la Conférence des grandes écoles.

Le plafond de 964 heures ne joue pas de la même manière selon le contrat :

  • Apprentissage : lorsque l’opérateur de compétences (Opco) valide le contrat, ou la Dreets dans la fonction publique, l’employeur n’a aucune autorisation de travail à demander. L’étudiant peut alors dépasser les 964 heures dans le cadre de son cursus.
  • Professionnalisation : le plafond de 964 heures reste en vigueur. Pour aller au-delà, l’employeur doit demander et obtenir une autorisation de travail avant le début de l’activité.

Et si les études comprennent une période de travail salarié ?

Certains cursus prévoient par nature une activité salariée : c’est le cas des doctorants salariés en thèse ou des allocataires de recherche. L’étudiant concerné peut travailler avec son titre de séjour étudiant, dans la même limite de 964 heures par an.

Pour dépasser ce seuil, l’employeur doit déposer une demande d’autorisation de travail et l’obtenir avant que l’activité ne commence. La demande s’effectue exclusivement en ligne.

Un séjour d’études de 6 mois : une autorisation toujours nécessaire

L’étudiant qui vient en France pour six mois, avec un visa de long séjour de 6 mois, peut lui aussi travailler. La règle des 964 heures sans démarche ne s’applique pas dans ce cas : l’employeur doit demander et obtenir une autorisation de travail avant de le faire commencer.

La durée de travail autorisée est calculée au prorata de la durée des études. Pour 6 mois d’enseignement, le maximum est de 482 heures.

Les étudiants algériens : un régime distinct

Les ressortissants algériens ne relèvent pas des mêmes règles que les autres étudiants non européens. Leur titre est le certificat de résidence étudiant, et la réglementation applicable est celle qui découle de l’accord franco-algérien. Quatre différences se dégagent :

  • Autorisation de travail : l’employeur doit l’obtenir avant tout début d’activité, quelle que soit la situation (emploi pendant les études, apprentissage, professionnalisation, séquence salariée, séjour de six mois).
  • Plafond d’heures : il n’est pas de 964 heures, mais de 50 % de la durée annuelle de travail pratiquée dans la branche ou la profession concernée.
  • Travail lié aux études : une fois l’autorisation obtenue, l’étudiant peut dépasser ces 50 % lorsque l’activité s’inscrit dans son cursus (apprentissage, professionnalisation, séquence de travail salarié).
  • Séjour de 6 mois : la durée de travail autorisée est proportionnelle à la durée des études.

Pour l’apprentissage et la professionnalisation, la condition d’un an de présence en France s’applique comme pour les autres nationalités, avec la même exception pour l’apprentissage en master ou en diplôme de niveau I reconnu par la Conférence des grandes écoles.

Embaucher un étudiant étranger : quelles démarches pour l'employeur ?

Le titre de séjour étudiant ne dispense jamais l’employeur de toute démarche. Dans chaque situation, il doit

adresser une déclaration nominative à la préfecture du département où se trouve le siège de l’établissement employeur. Cette formalité intervient au moins 2 jours ouvrables avant la date d’effet de l’embauche, par un moyen qui donne date certaine à la réception du document. La préfecture fixe elle-même la liste des pièces à fournir.

Les jours ouvrables comptent tous les jours de la semaine, hors jour de repos hebdomadaire et jours fériés habituellement non travaillés dans l’entreprise. Si le préfet ne répond pas dans ces 2 jours ouvrables, la déclaration vaut autorisation de travail.

 

Olivier Calcagno

D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.