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L'Eurostar et ses voyageurs impactés par la sortie du Royaume-Uni de l'UE

La sortie de l’Union européenne de la Grande-Bretagne va engendrer des contrôles supplémentaires aux frontières. Selon certaines prévisions, cela pourrait provoquer un certain chaos pour l’Eurostar, le temps que les voyageurs présentent leur passeport à la douane. Explications.
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On s’interroge sur les conséquences possibles du Brexit sur l’Eurostar qui relie la France à la Grande-Bretagne. Jusqu’à présent, les voyageurs bénéficiaient des accords de Schengen et pouvaient circuler d’un pays à l’autre sans présenter de passeport, mais la sortie de l’UE des Britanniques sans accord devrait engendrer plus de contrôles aux frontières et impacter l’organisation des transports empruntant le tunnel sous la manche à partir du 30 mars. Un point sur la situation.

L’Eurostar et ses voyageurs impactés par la sortie du Royaume-Uni de l’UE


Le retour du contrôle d’identité entre la France et le Royaume-Uni

« On est maintenant sur des choses très, très concrètes pour que, quel que soit le scénario, les voyageurs d’Eurostar puissent voyager correctement », a récemment déclaré Guillaume Pepy, le Président de la SNCF. « On a parfaitement conscience que le diable sera dans les détails, donc on travaille dans les détails. »

« Et puis il restera concrètement à voir comment ça s’organise Gare du Nord (à Paris) et à la gare de Saint-Pancras (à Londres), pour les contrôles d’identité et les contrôles douaniers », a-t-il ajouté.

En effet, en raison du Brexit, la sortie de l’UE et donc de l’espace de libre circulation Schengen, les voyageurs devront bientôt de nouveau passer par les contrôles d’immigration et se soumettre si besoin au contrôle de leur identité entre la France et l’Angleterre. Le but du voyage pourra être demandé et les bagages fouillés si besoin.

Des solutions sont à trouver pour ne pas impacter la circulation des trains

Certaines prévisions sont inquiétantes pour ceux qui font régulièrement la navette entre Paris et Londres.

L’ETOA (Association européenne du tourisme) prévoit qu’en cas de Brexit sans accord entre la France et l’Angleterre, la vérification des passeports britanniques par l’immigration prendrait plus de 22 h pour autoriser l’entrée sur le territoire des 900 voyageurs d’un Eurostar (en considérant qu’il faudrait 90 secondes supplémentaires pour contrôler un passager britannique à la frontière, et en imaginant que le train soit rempli à 100 % de sujets de Sa Majesté, on atteint 81 000 secondes soit 22 heures !).

Un rapport du gouvernement britannique rendu public par le Financial Times prévoit lui des queues de 15 000 personnes sur un kilomètre et demi de long à la gare Saint-Pancras en misant toutefois sur une efficacité assez faible de la police des frontières française. Si cela venait à se produire, la moitié des trains Eurostar devrait être annulés. « Ce n’est pas très sérieux ! Je ne vais pas me permettre d’aller critiquer ce qui se passe côté anglais » a déclaré la ministre des Transports Élisabeth Borne. Pour elle, il faut surtout « travailler ensemble pour que ça se passe bien » après le 29 mars. « En tous cas, du côté de la police aux frontières et des douanes, il y a une forte mobilisation des Français », a-t-elle assuré.

Le patron d’Eurotunnel se veut optimiste

Bruxelles a refusé la demande de Mme Borne qui préconisait de conserver la commission franco-britannique créée par le traité de Cantorbéry en 1986 pour gérer ce qui a trait à la sécurité du Tunnel sous la Manche. La Commission européenne a rappelé que cette fonction ne peut être partagée avec un pays tiers.

« Il faudra qu’il y ait un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui n’a aucune intention de ne pas appliquer les règles européennes en la matière pour le Tunnel sous la Manche, mais c’est vrai qu’on ne se simplifie pas la vie », a fait observer la ministre.

Dans son côté, Jacques Gounon, le patron de Getlink [Eurotunnel] se veut rassurant : « Nous sommes partis du principe que, quel que soit le Brexit, il y aura certainement un certain niveau de perturbation au deuxième trimestre, mais nous pensons que, la vie étant ce qu’elle est [...], les choses se remettront en place. »