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Retraite des fonctionnaires : quel est le montant moyen versé ?

Le rapport annexé au budget 2027 chiffre la retraite des fonctionnaires : montants moyens par employeur, revalorisation 2026 et poids dans les ministères.

2 251 € par mois pour un ancien fonctionnaire civil de l’État, 1 367 € pour un retraité de la fonction publique territoriale : en matière de retraite des fonctionnaires, les montants moyens ne se ressemblent pas d’un employeur public à l’autre. Le rapport joint au projet de loi de finances pour 2027, qui dresse le bilan de l’année 2025, permet de mesurer ces écarts avec précision. Il apporte aussi une nouveauté : pour la première fois, la part des budgets ministériels consacrée aux pensions est présentée ministère par ministère.

Retraite des fonctionnaires : les montants moyens en 2025

Fin 2025, les régimes de la fonction publique versaient une pension à 4,2 millions de retraités. Les montants ci-dessous sont des moyennes mensuelles brutes, accessoires inclus (majoration pour enfants, Nouvelle bonification indiciaire, etc.).

Retraite des fonctionnaires : les montants moyens en 2025
RégimePension moyenne de droit directEnsemble des pensions (droit direct et réversion)
Fonctionnaires civils de l’État2 478 €
2 251 €
Militaires1 914 €
1 663 €
Fonction publique hospitalière1 700 €
1 614 €
Fonction publique territoriale1 472 €
1 367 €
Ouvriers d’État2 280 €
1 895 €

Bon à savoir : les pensions des fonctionnaires de l’État sont versées par l’État lui-même, sans caisse de retraite propre. Un temps envisagée, la création d’une caisse a été écartée à court terme par la Cour des comptes.

Pourquoi les pensions ne sont pas les mêmes selon la fonction publique ?

Ces différences viennent surtout de la structure des emplois. Dans la territoriale, près de trois agents sur quatre relèvent de la catégorie C. À l’État, plus de la moitié des fonctionnaires sont en catégorie A.

Les pensions des nouveaux retraités de 2025 en témoignent. Chez les civils de l’État, elles atteignent en moyenne 2 948 € en catégorie A, 2 027 € en catégorie B et 1 559 € en catégorie C. À la territoriale, la catégorie C tombe à 1 149 €.

La durée de carrière joue aussi. Les agents de la CNRACL, la caisse des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, sont souvent polypensionnés : ils ont passé une partie de leur vie professionnelle dans le privé et touchent donc d’autres pensions en complément. Leurs services effectifs dans le régime sont plus courts, autour de 27 ans à la liquidation, contre près de 35 ans pour un civil de l’État.

Les nouveaux retraités de 2025 touchent un peu plus

Les fonctionnaires qui viennent de partir touchent en moyenne plus que l’ensemble des retraités. Le calcul se fait sur le traitement indiciaire des six derniers mois, et les grilles ont été revalorisées ces dernières années. Voici le montant moyen perçu par les inactifs qui ont pris leur retraite en 2025 :

  • Civils de l’État : 2 453 € par mois.
  • Militaires : 1 754 €.
  • Fonction publique hospitalière : 1 660 €.
  • Fonction publique territoriale : 1 376 €.

L’âge moyen de départ des civils de l’État s’établit à 62 ans et 10 mois. Il grimpe à 64 ans et 5 mois chez les sédentaires, alors que les catégories actives partent vers 60 ans et demi.

Une pension qui suit l’inflation

Les pensions des fonctionnaires sont indexées sur les prix, comme celles du privé. Elles ont été revalorisées de 5,3 % en 2024, de 2,2 % au 1er janvier 2025, puis de 0,9 % au 1er janvier 2026.

Entre 2000 et 2025, la pension moyenne des civils de l’État est passée de 1 438 € à 2 251 €, soit + 56,5 % en euros courants. La hausse dépasse celle des prix, en partie parce que les nouveaux retraités arrivent avec des pensions plus élevées que les anciens qui disparaissent.

Le minimum garanti, plancher de pension de la fonction publique, plafonne à 1 366,35 € par mois pour une carrière complète depuis le 1er janvier 2026. Il concerne près de 35 % des nouveaux retraités de la territoriale, contre 5,6 % pour les civils de l’État.

Ce que pèsent les retraites des fonctionnaires dans les crédits des ministères

C’est la nouveauté de cette édition. Pour la première fois, les annexes budgétaires indiquent, ministère par ministère, la part des crédits consacrée aux pensions. Les chiffres sont élevés, car chaque employeur public finance la retraite des fonctionnaires de l’État, actifs comme anciens, par une contribution versée au compte d’affectation spéciale « Pensions ».

Ce compte doit être équilibré en permanence. Quand les dépenses montent ou que le nombre de cotisants baisse, le taux de contribution des employeurs augmente. Il est passé de 74,28 % en 2024 à 82,28 % en 2026 pour les civils, et reste à 126,07 % pour les militaires. Ces taux s’appliquent au seul traitement indiciaire, hors primes.

Dans le projet de budget 2027 :

  • Éducation nationale : 32 % des crédits, soit 28,5 milliards d’euros, partent vers les pensions (25,1 milliards de contributions employeur et 3,4 milliards de cotisations salariales). Si l’on ne regarde que la masse salariale, la proportion monte à 34 %.
  • Intérieur : 30 % des crédits, soit près de 10,4 milliards d’euros. Rapporté à la masse salariale, cela représente 41 %.
  • Ensemble des ministères : environ 13 % en moyenne.

Ces taux ne signifient pas pour autant que les fonctionnaires bénéficient d’un régime très généreux. Le rapport cite une étude de la Drees : appliquer les règles du privé aux fonctionnaires d’État de la génération 1958 augmenterait leur pension moyenne de 1,5 %. Le poids financier s’explique d’abord par la démographie : 0,94 cotisant pour un retraité de droit direct, contre 1,5 au régime général.

 

Olivier Calcagno

D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.