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Crise des urgences : Les premières mesures pour désengorger les services

Cela fait 6 mois que de nombreux services d’urgence de l’hôpital public sont en grève et réclament des effectifs et des moyens supplémentaires. Lundi 2 septembre, au moment où le syndicat des médecins hospitaliers faisait savoir qu’il se ralliait au mouvement des urgentistes, Agnès Buzyn a annoncé quelques mesures en espérant apaiser une situation devenue explosive.
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La ministre de la Santé Agnès Buzyn s’est rendue aux urgences de Poitiers dans la Vienne ce lundi 2 septembre et a annoncé une première série de mesures pour enrayer la crise des urgences. Alors qu’actuellement la moitié des infirmiers et aides-soignants de l’hôpital public sont en grève et que les médecins hospitaliers veulent se rallier à leur cause, qu’a annoncé Agnès Buzyn ? Le point dans cet article.

Crise des urgences : Les premières mesures pour désengorger les services


Éviter l’afflux de personnes âgées hospitalisées pour des pathologies bénignes

Afin de « réduire au maximum les passages des personnes âgées » dans les services d’urgence, la ministre souhaite la mise en place de « filières d’admission directe ». Pour inciter les établissements à faire ces changements d’organisation, elle a proposé « une incitation financière, une forme de bonus » pour les « hôpitaux qui (les) mettront en place ».

Elle a également suggéré l’utilisation d’« une vidéo-assistance entre les Ehpad et le Samu » pour ne pas que les personnes âgées soient systématiquement envoyées aux urgences lorsqu’elles souffrent de « pathologies bénignes ».

Des médecins libéraux en renfort, des tâches supplémentaires pour les paramédicaux

Autre mesure importante, le Samu pourra désormais décider d’envoyer une ambulance vers le cabinet d’un médecin ou vers une maison de santé où le patient pourra être examiné sans avance de frais. La ministre veut que les patients y « trouvent le même avantage qu’à aller aux urgences ».

Les compétences des personnels paramédicaux des urgences vont aussi être étendues. Ils auront bientôt le droit de « faire des gestes qu’ils ne peuvent pas faire aujourd’hui », comme de « prescrire de la radiologie (ou) faire des sutures ». En échange, ils toucheront une « prime de coopération » s’élevant à 80 euros net par mois.

Les soignants ont « l’impression d’être compris »

Les premières réactions aux annonces de la ministre sont plutôt positives. « On a l’impression d’être compris », a déclaré François Braun, le président de Samu-Urgences de France sur franceinfo. « On va bien dans le bon sens », a-t-il ajouté.

Il s’estime également satisfait de la création du nouveau métier d’infirmier de pratique avancée, qui demandera plus de compétences et qui sera adapté à la spécialité « urgences ». La ministre a annoncé que les premières formations commenceront à l’automne 2020.

Agnès Buzyn a également promis d’autres mesures qu’elle devrait annoncer dès la semaine prochaine, après sa rencontre le 9 septembre avec « tous les acteurs du secteur ».