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Hôpital public : Les principales mesures du plan d'urgence annoncées par le gouvernement

Mercredi 20 novembre 2019, le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn ont annoncé une série de mesures visant à améliorer la situation des hôpitaux publics. Après 8 mois de grève, le personnel hospitalier attendait ces annonces avec impatience. Que doit-on en retenir ?
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Mercredi dernier, le gouvernement a annoncé une série de mesures visant à sortir l’hôpital public de l’état de crise dans lequel il se trouve depuis des mois. Que doit-on retenir du « plan d’urgence » qui vient d’être dévoilé ?

Hôpital public : Les principales mesures du plan d’urgence annoncées par le gouvernement


La reprise d’une partie de la dette des hôpitaux

En 2017, la dette accumulée par le millier d’hôpitaux publics français s’élevait à 30 milliards d’euros, soit plus de 40 % de leur chiffre d’affaires. Cette dette est un véritable frein aux investissements, car chaque année, ce sont 840 millions qui s’envolent juste pour les frais d’intérêts.

« Dix milliards d’euros de dette seront repris sur trois ans, ce qui permettra de restaurer l’équilibre financier des établissements, a annoncé Édouard Philippe. Cette reprise de dette permettra aux hôpitaux de retrouver des moyens d’investir. [...] C’est un signe inédit de confiance de la nation », a déclaré le Premier ministre. L’objectif de cette reprise de dette est de « dégager 800 millions d’euros de marge de manœuvre » pour l’hôpital public, a-t-il précisé.

Le budget alloué aux hôpitaux augmentera de 1,5 milliard d’euros sur 3 ans

Le président de la FHF (Fédération hospitalière de France) Frédéric Valletoux s’estime « plutôt satisfait de ce desserrement de l’étau et de la promesse sur quatre ans de ne plus baisser les tarifs d’actes ».

300 millions d’euros devraient être débloqués dès 2020 et le gouvernement a promis un investissement de 1,5 milliard d’euros supplémentaire sur 3 ans.

800 euros annuels de débloqués pour les soignants qui ont de bas salaires à Paris

« Nous reconnaissons la situation spécifique de Paris et de la petite couronne », a déclaré Agnès Buzyn. « Nous prévoyons d’attribuer une prime annuelle de 800 euros net par an aux 40 000 infirmiers et aides-soignants qui gagnent moins de 1 900 euros mensuels » et qui travaillent dans ce secteur, a annoncé la ministre.

La réaction du porte-parole du collectif interhôpitaux, Antoine Pelissolo, est sans équivoque : « les revalorisations doivent concerner tous les personnels. » La prime accordée aux infirmiers et aides-soignants parisiens, c’est « du saupoudrage sur des catégories distinctes », estime-t-il. « Les primes, ce n’est pas pérenne et cela ne compte pas dans la retraite », a-t-il rappelé.

À partir du printemps 2020, les hôpitaux recevront une enveloppe qui leur permettra de donner des primes individuelles à hauteur d’environ 300 euros par an. Les critères d’attribution resteront à la discrétion de l’établissement, mais devraient récompenser la qualité de soin et de prise en charge des patients. Les hôpitaux pourront ainsi « mieux reconnaître les efforts de chacun », a expliqué Agnès Buzyn.

Un nouvel échelon de catégorie B sera aussi créé pour améliorer les perspectives de fin de carrière des aides-soignants.

Puis, une prime de 100 euros net mensuelle sera versée aux soignants qui se formeront à la prise en charge des personnes âgées, à partir de 2020.



Des contrôles renforcés pour lutter contre les médecins « mercenaires »

Autre problème pesant sur le budget des hôpitaux, la difficulté à recruter des professionnels sur certains postes, ce qui oblige parfois la direction à céder aux prestations salariales exorbitantes de certains médecins intérimaires.

« J’annonce des campagnes de contrôles via les comptables publics, a déclaré la ministre de la Santé. L’hôpital ne peut être une zone de non-droit et de chantage pour imposer des conditions tarifaires ». Une loi est également en projet pour permettre de mieux lutter contre ces pratiques abusives.

La plupart de ces annonces seront traduites en amendements qui seront inclus au projet de loi de financement de la sécurité sociale 2020, dont une deuxième lecture est prévue à l’Assemblée nationale la semaine prochaine.