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Des prothèses capillaires désormais mieux remboursées pour les femmes atteintes de cancer ?

Chaque année, environ 50 000 patients achètent des prothèses capillaires. La plupart d’entre eux sont des femmes, qui dépensent parfois des sommes d’argent importantes pour trouver une perruque adaptée à leurs besoins. Depuis le 2 avril, la prise en charge des prothèses capillaires par l’Assurance Maladie évolue, est-ce une bonne chose pour les patientes ?
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Lorsque certains patients perdent leurs cheveux à la suite d’une maladie ou d’un lourd traitement, ils ont parfois recours à une prothèse capillaire. Le prix d’une perruque varie énormément en fonction de la longueur des cheveux et de la matière utilisée pour sa confection. Les perruques en synthétique dites de classe 1 vont désormais voir leur prix plafonné à 350 euros et seront intégralement remboursées par l’Assurance Maladie, mais les prothèses capillaires les plus couteuses ne seront pas remboursées du tout. Ces changements sont-ils bénéfiques pour les patientes ?

Des prothèses capillaires désormais mieux remboursées pour les femmes atteintes de cancer ?


Une prothèse capillaire pour se reconnaitre dans le miroir

« Mes cheveux, c’était une partie de mon identité » a expliqué Vanessa Bonheur à l’AFP. C’est « pour être en accord avec le reflet dans le miroir », mais elle avoue aussi avoir « peur du regard des autres » sur sa maladie, c’est pourquoi elle a choisi de porter une prothèse capillaire tout au long de sa chimiothérapie. Et elle n’est pas la seule. Chaque année, environ 50 000 patients investissent dans des perruques après avoir perdu leurs cheveux à la suite d’une maladie ou d’un traitement agressif.

« Le cancer, c’est une série de pertes de la féminité dont celle des cheveux est la plus visible. Essayer de garder le visage qu’on avait avant, cela vous tire vers le haut », assure Céline Lis-Raoux de l’association RoseUp.

Vanessa décrit comme un « calvaire » la recherche d’un modèle de perruque adapté à ses besoins : une prothèse capillaire correspondant à son petit tour de tête lui a couté 644 euros, dont 375 euros ont été pris en charge par sa mutuelle et 125 euros par l’Assurance Maladie.

Un meilleur remboursement des perruques, une réelle avancée d’après les associations

Selon le ministère de la Santé, le remboursement à 100 % des prothèses capillaires de classe 1 va permettre une offre « sans reste à charge » et de « qualité » pour les patientes. Il s’agit d’une « formidable avancée ».

Pour Mme Lis-Raoux, c’est une bonne nouvelle, car « ces avancées vont bien au-delà de l’engagement du dernier plan cancer de doubler les remboursements ».

Pour les prothèses fabriquées à base d’au moins 30 % de cheveux naturels dites de classe 2, plus onéreuses, l’Assurance Maladie prendra à sa charge 250 euros à condition que leur prix ne dépasse pas 700 euros.

Les perruques en cheveux naturels ne seront plus du tout prises en charge par la SÉCU

En revanche, les perruques coutant plus de 700 euros, comme celles entièrement confectionnées avec des cheveux naturels, ne seront plus du tout remboursées par l’Assurance Maladie. Elles seront totalement à la charge des patientes. Une « nouvelle inégalité face à la maladie » pour la Ligue contre le cancer. « Les mutuelles ne vont plus intervenir » si la SÉCU ne participe plus, redoute Emmanuel Jammes, le responsable du pôle plaidoyer de l’association.

Pour « les adolescentes, très sensibles à leur image » qui souhaitent garder « des cheveux longs », leurs parents devront payer de leur poche une prothèse en cheveux naturels, les modèles synthétiques n’existant qu’en cheveux courts.

Le ministère de la Santé s’est défendu en rappelant que le remboursement intégral des perruques de classe 1 correspond à « la très grande majorité (plus de 95 %) des perruques prises en charge ».



Les perruques les plus chères ne doivent pas être réservées à ceux qui en ont les moyens

L’aspect naturel d’une perruque peut permettre à certaines patientes de continuer leur carrière professionnelle comme le décrit Céline Onillon. Sa perruque, qui lui a couté près de 1 000 euros, a entièrement été prise en charge par la mutuelle de son mari. Grâce à cette prothèse de belle qualité, elle peut continuer son travail d’agent général d’assurance en vue d’une titularisation et ses « clients ne se rendent compte de rien ».

Certaines patientes n’ont malheureusement pas les moyens d’assumer cette dépense. Marie Pons qui voudrait être « une maman normale » pour ses enfants a du renoncer à l’achat d’une prothèse capillaire à cause de son tour de tête légèrement supérieur « aux standards » qui l’obligerait à se faire confectionner une perruque sur mesure pour un cout avoisinant les 1 000 euros.

Le nouveau système de remboursement des prothèses capillaires « laisse penser que les femmes qui font des demandes supérieures à la norme ont les moyens », regrette Emmanuel Jammes. On fait passer ces perruques pour « un produit de luxe alors qu’[elles correspondent] à un véritable besoin ».