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Facebook ne pourra plus combiner ses données avec celles de Whatsapp et Instagram en Allemagne

En Allemagne, Facebook ne pourra plus faire de croisement entre ses données et celles issues de Whatsapp et Instagram, deux réseaux sociaux dont il est aussi propriétaire. Qu’en est-il exactement ?
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Depuis plusieurs années, l’Allemagne est en tête des pays qui veillent attentivement à l’utilisation des données personnelles des utilisateurs par les géants du net. Le 7 février dernier, pour renforcer la protection de ces données, le Bundeskartellamt, l’autorité de régulation de la concurrence, a interdit à Facebook de combiner automatiquement les données provenant d’Instagram et Whatsapp, au profil de ses utilisateurs. Un point sur cette décision.

Facebook ne pourra plus combiner ses données avec celles de Whatsapp et Instagram en Allemagne


Croisement des données impossible entre Facebook, Instagram et Whatsapp sans autorisation

L’objectif est de réguler l’utilisation des données personnelles que veut mettre en œuvre le mastodonte des réseaux sociaux. Instagram et Whatsapp auront la possibilité de continuer à collecter des données, mais Facebook a interdiction de les croiser avec celles de ses utilisateurs sans leur demander un « consentement explicite », explique le Bundeskartellamt.

Ainsi, le réseau social américain dispose de 4 mois pour présenter un changement de ses conditions d’utilisation à l’autorité de régulation de la concurrence, qui procédera ensuite à leur validation.

« Contraindre les géants de la tech à adapter leur modèle économique au droit de la concurrence »

« Facebook ne peut plus contraindre ses utilisateurs à accepter une collecte quasiment illimitée de leurs données » avec des sites extérieurs. Ceci place Facebook en « position dominante », a précisé Andreas Mundt, directeur du Bundeskartellamt, durant un point presse.

« L’objectif est d’empêcher la fusion de toutes les informations que Facebook collecte à notre sujet », mais aussi de « contraindre les géants de la tech à adapter leur modèle économique au droit de la concurrence », a-t-il souligné.

Le Bundeskartellamt avait déclenché une enquête dès 2016, reprochant au groupe californien de recueillir auprès de ses autres réseaux comme Instagram ou Whatsapp, des données sur ses usagers sans leur consentement.

Facebook veut faire appel

Dans un communiqué, le géant américain a annoncé sa volonté de faire appel, estimant que le Bundeskartellamt « fait une mauvaise application » de la loi en sous-évaluant la concurrence qui existe outre-Rhin, de la part de « YouTube, Snapchat ou Twitter ».

Dans ce même communiqué, Facebook considère que « la popularité n’est pas synonyme de domination du marché ».



Le réseau social fragilisé

Ces derniers mois, le groupe californien est dans la tourmente. Il a dû affronter plusieurs scandales. Le réseau social a été mis en cause lors des élections américaines de 2016 avec l’affaire de manipulation politique « Cambridge Analytica » qui aurait facilité l’arrivée au pouvoir de Donal Trump. Facebook est aussi souvent accusé de ne pas suffisamment protéger les informations de ses utilisateurs.

Le réseau social aux plus de 2 milliards d’utilisateurs dans le monde vient de célébrer ses 15 ans et poursuit sa croissance.