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Impôts sur le revenu 2018, une année blanche fiscale ?

Avec la mise en place du prélèvement à la source en janvier 2019, les revenus de 2018 ne seront pas imposés. Qu’en est-il ?

« Ne parlez surtout pas d’année blanche, cela laisse penser qu’il n’y aura pas d’impôt à payer », a dit une conseillère de Bercy. En effet, avec la mise en place du prélèvement à la source au 1er janvier 2019, certains voient déjà l’aubaine de voir passer à la trappe tous les impôts sur leurs revenus de 2018 ! Il n’en sera malheureusement pas ainsi, le point dans cet article.

Impôts sur le revenu 2018, une année blanche fiscale ?



Le prélèvement à la source sera mis en place en janvier 2019

Après avoir été reporté d’un an par le gouvernement, cette fois, c’est sûr, le prélèvement à la source entrera en vigueur au 1er janvier 2019.

Ceci permettra entre autres d’éviter certains problèmes de trésorerie au contribuable, parfois lié à des changements personnels ou professionnels qui ont une incidence sur leurs revenus. Par exemple une naissance, un mariage, un divorce, un décès, la perte d’un emploi ou une création d’entreprise.

Jusqu’à présent, ceux qui payaient des impôts le faisaient avec parfois un an de décalage, les sommes prélevées dépendant des revenus de l’année précédente. Le nouveau système permettra à l’impôt prélevé d’être plus en adéquation avec les revenus perçus du moment.

Mais si l’on s’acquitte en 2018 de nos impôts calculés sur les revenus de 2017, et qu’en 2019 nous paierons en fonction de nos revenus de 2019, qu’advient-il des impôts de 2018 ?

2018, une année fiscale « blanche » ?

« Pour beaucoup de gens, rien ne change », rappelle Thomas Rone, du cabinet d’expertise comptable Exco.

Les personnes qui étaient non-imposables jusqu’à présent ne paieront pas d’impôts non plus en 2019 si leur situation n’a pas évolué.

Pour les salariés et les retraités ayant des revenus stables et quasi similaires d’une année sur l’autre, le passage au prélèvement à la source sera assez transparent et n’induira pas de changement notable.

En revanche, certains salariés vont pouvoir tirer des avantages de cette « année blanche » : les heures supplémentaires effectuées en 2018 par rapport à 2017, par exemple, ne seront pas taxées. En cas d’augmentation de salaire, la différence ne sera pas imposée non plus. C’est donc le moment de demander une augmentation.

Pour ceux qui le peuvent ou le souhaitent, il y a également un intérêt à travailler le dimanche, si celui-ci est payé double ou triple, car les primes seront « effacées ».

Pour les commerciaux et les salariés touchant des primes sur leurs performances, ces primes devraient passer entre les mailles du filet malgré le dispositif anti-abus mis en place par le gouvernement, qui prévoit un rattrapage en cas de hausse soudaine des revenus en 2018 qui ne se poursuivrait pas en 2019, dans les faits, cela ne sera pas facile à prouver : ce sera une « zone grise ».

Les non-salariés et les jeunes embauchés seront les plus avantagés par cette « année blanche »

Pour les jeunes qui rentrent dans la vie active et commencent à travailler en 2018, bonne nouvelle, ils ne seront jamais taxés sur les revenus de cette année. Par contre, pour ceux qui vont commencer à travailler en janvier 2019, ils devront payer des impôts dès le mois de janvier, alors qu’avec l’ancien système, ils n’auraient été imposés que l’année suivante.

Pour les commerçants, artisans, indépendants qui connaissent une belle croissance cette année, leurs impôts 2018 ne seront pas à payer, mais attention à ceux qui gonfleraient leur chiffre d’affaires.



Le gouvernement prévoit des mesures pour contrer « l’effet d’aubaine »

Une surveillance sera mise en place pour, par exemple, s’assurer qu’un chef d’entreprise ne se verse pas durant « l’année blanche » une rémunération inhabituellement élevée.

« Le crédit d’impôt sera limité à la rémunération la plus forte des trois années précédentes », explique Thomas Rone. Même chose en ce qui concerne les revenus fonciers « Bercy s’est donné les moyens de rattraper les petits malins qui penseraient possible d’encaisser en 2018 des loyers normalement dus en 2017 ou en 2019. » a-t-il précisé.

Une clause prévoit également de taxer plus généralement toutes les « gratifications surérogatoires », c’est-à-dire, « tout ce qui va au-delà de ce qui est nécessaire ».