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Lancement de la nouvelle version du DMP (Dossier Médical Partagé)

La nouvelle version du dossier médical partagé va être lancée ce mardi 6 novembre sur tout le territoire national et la ministre de la Santé Agnès Buzyn invite chaque Français à en ouvrir un. Un point sur ce lancement très attendu.

Ce mardi 6 novembre 2018, le DMP (Dossier médical partagé) va finalement être lancé. Le gouvernement s’est fixé un objectif de « 40 millions de dossiers ouverts d’ici 5 ans », selon les termes de l’accord signé début octobre entre la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie) et l’UNPS (Union nationale des professionnels de santé). Un objectif que la ministre de la Santé Agnès Buzyn compte bien tenir. C’est pourquoi elle invite dès à présent les Français à créer un carnet de santé en ligne ou chez un pharmacien. Un point sur ses déclarations.

Lancement de la nouvelle version du DMP (Dossier Médical Partagé)


Un million de DMP déjà ouverts

Cela fait une quinzaine d’années que les gouvernements successifs ont tenté de faire adopter un système de carnet de santé partagé. Mais jusqu’ici, ça n’a été que beaucoup d’argent investi et peu de résultats.

Une nouvelle phase test a été lancée depuis 2016 dans 9 départements et la dernière version du DMP sera déployée au niveau national ce mardi.

« Je vais rendre hommage à mes prédécesseurs, c’est grâce à leurs échecs successifs que je vais peut-être réussir », s’est amusée Agnès Buzyn dans l’émission Audition publique (LCP/Public Sénat/Le Figaro/AFP). « On a compris de ces échecs ce qui dysfonctionnait », a-t-elle expliqué. À l’heure actuelle, « 1 million de carnets » sont déjà ouverts, a-t-elle également précisé.

Le carnet de santé numérique pour rassembler les données médicales du patient

Le but du dossier médical partagé est de rendre accessible facilement aux professionnels des informations sur la santé de leurs patients. Particulièrement utile lorsque le malade a un parcours de santé complexe et voit plusieurs médecins, elle permet une meilleure collaboration et de réaliser des économies en évitant de prescrire deux fois des examens déjà réalisés, de prescrire des médicaments en double ou encore, cette fois pour la santé du patient, d’éviter les interactions médicamenteuses.

Pour les patients, c’est aussi l’assurance d’avoir une sauvegarde de leurs examens médicaux, de leurs prescriptions précédentes, et de ne pas avoir à conserver tout un tas de papiers, de radios ou de résultats sanguins qui se perdent parfois.

Grâce à la généralisation du DMP, la ministre de la Santé prévoit des « gains de temps, peut-être des économies ». Mais « avant d’être un outil d’économies, c’est avant tout un outil de partage d’information pour faire de la meilleure médecine, c’est la sécurité des soins », a-t-elle précisé.

« Je demande à tous les Français d’aller se faire ouvrir » un DMP « soit sur internet (...), soit chez leur pharmacien », a déclaré Mme Buzyn.

Les professionnels de santé vont-ils trouver un avantage à utiliser le dossier médical partagé ?

Pour les patients, aucun doute, le DMP possède de nombreux avantages. Mais jusqu’ici, c’est plutôt les professionnels de santé qui avaient du mal à utiliser cet outil, notamment dans les versions précédentes du DMP qui ont été mises en place par le passé.

Pour la ministre de la Santé, il n’y a aucun doute. « Je crois qu’ils [les professionnels de santé] sont très demandeurs », a-t-elle déclaré, car « cela permet d’éviter de faire des actes deux fois parce qu’on n’a pas un résultat », ou encore « de savoir tous les actes qui ont été réalisés chez un patient, même s’il a été vu en urgence dans une autre région », d’être informé des « antécédents » du patient et de « centraliser » toutes ses données de santé.

La CNAM n’exclut pas le recours à « des mécanismes d’incitation » financière pour convaincre les professionnels de santé d’utiliser le DMP, comme c’est le cas pour les pharmaciens, à qui elle versera 1 € pour chaque nouveau « carnet » ouvert.

Et bien sûr, il faudra que l’aspect technique soit à la hauteur des attentes des médecins, avec des logiciels simples à utiliser, sans bugs, avec une réelle efficacité de la transmission de l’information « en un clic » comme ils le demandent depuis longtemps.