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L'Éducation nationale lance une plateforme de signalement des incidents racistes et antisémites pour les enseignants

Sur le même fonctionnement que la plateforme « laïcité », l’Éducation nationale vient d’annoncer le lancement d’une plateforme permettant aux enseignants de signaler des faits racistes et antisémites.
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Le 20 décembre dernier, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé sur l’antenne de France Bleu Azur la mise en place d’une plateforme destinée au corps enseignant leur permettant de signaler des incidents racistes et antisémites. Qu’en est-il précisément ?

L’Éducation nationale lance une plateforme de signalement des incidents racistes et antisémites pour les enseignants


Des équipes capables de se rendre dans les établissements

« J’ai déjà pris un certain nombre d’initiatives sur la défense de la laïcité, avec une plateforme qui permet à tout personnel de l’Éducation nationale de signaler un problème de laïcité. De manière complémentaire, dans le même état d’esprit, on a désormais une plateforme pour signaler les faits de racisme et d’antisémitisme », a expliqué le ministre de l’Éducation nationale, lors d’une interview sur France Bleu Azur.

Le but de ce dispositif est de pouvoir « rectifier le tir à chaque fois que c’est nécessaire ». Dès qu’un fait est signalé, des équipes peuvent se déplacer dans les établissements scolaires concernés.

Des mesures pédagogiques et éducatives peuvent mises en place lorsque qu’un élève « se fait le porte-parole bruyant voire violent de préjugés qui existent dans sa famille », détaille Jean-Michel Blanquer. Un entretien avec les familles peut aussi être organisé si nécessaire.

Enfin, le ministère de l’Éducation nationale peut aussi donner des conseils sur les suites juridiques possibles selon les situations.

« Trouver des solutions »

« Personne ne doit se sentir seul. C’est vrai aussi des élèves et des parents d’élèves », a poursuivi Jean-Michel Blanquer.

« À partir du moment où on est victime ou témoin de quelque chose qui n’est pas normal, qui est contraire aux valeurs de la République et au respect d’autrui, on doit pouvoir avoir une solution et cette solution, ça doit toujours être une solution d’équipe. On sent que la République est forte, par son éducation nationale, derrière chaque personne », a souligné le ministre de l’Éducation nationale.

Une plateforme calquée sur celle dédiée à la laïcité

Cette nouvelle plateforme est inspirée de celle qui permet déjà au corps enseignant de rentrer en contact avec l’équipe nationale laïcité, pour des incidents rejets de certaines matières au nom des convictions religieuses ou le refus de se rendre en cours d’EPS de la part de jeunes filles. Les enseignants peuvent déjà signaler ces comportements qui remettent en cause la laïcité et ensuite être contactés dans les 24 heures.

Sur cette plateforme dédiée à la laïcité, depuis le mois de septembre 2018, 330 cas ont entrainé la venue d’une équipe académique et 40 ont nécessité le déplacement de l’équipe nationale. Les collèges sont plus touchés, avec près de la moitié des incidents signalés entre le 3 septembre et le 23 novembre 2018. Dans 75 % des cas, le problème vient d’un élève ou d’un parent.

Un fascicule « racisme et antisémitisme à l’école » va être envoyé aux établissements début 2019, sous forme de fiches explicatives, afin de délimiter un cadre de référence pour aiguiller les interventions des équipes académiques auprès des établissements scolaires. Des ressources pédagogiques seront aussi disponibles.



Répondre à l’inquiétude des enseignants

Avec cette plateforme, Jean-Michel Blanquer apporte une réponse à l’inquiétude croissante des enseignants face à la multiplication d’incidents, quelquefois sans réaction de leur hiérarchie. Le constat fait suite au mouvement #Pasdevague, après l’agression filmée d’une enseignante dans un établissement de Créteil.

Les enseignants peuvent désormais signaler de manière anonyme tout acte de racisme et d'antisémitisme via l’intranet de l’Éducation nationale, ou tout simplement « parler et obtenir une écoute ». Une « cellule du Ministère » est chargée d’étudier chaque signalement et de déterminer les actions à mettre en place.