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L'Ordre des infirmiers réclame une meilleure reconnaissance de la profession

Le secteur de la santé est en émoi depuis quelque temps. L’Ordre des infirmiers réclame plus de reconnaissance pour la profession. Explications.
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Le 13 novembre dernier, l’Ordre des infirmiers a publié un livre blanc dans lequel il demande une meilleure reconnaissance de la profession. En effet, étant donné la problématique actuelle du secteur de la santé, les infirmiers sont, sur le terrain, amenés à élargir leurs droits de prescriptions. Voici de quoi il en retourne.

L’Ordre des infirmiers réclame une meilleure reconnaissance de la profession


Un livre blanc remis à la ministre de la Santé

La loi santé adoptée en juillet dernier prévoit la possibilité pour les infirmières et infirmiers de prescrire des produits antiseptiques, du sérum physiologique, mais aussi d’adapter les traitements en fonction des résultats d’analyses biologiques des patients. Pour autant, les textes d’application ne sont pas encore parus et ces changements ne reflètent que très peu la réalité du terrain.

C’est pourquoi pas moins de 20 000 infirmières et infirmiers ont été mobilisés lors d’une consultation nationale. Fruit de cette réunion, un livre blanc a été remis le 15 novembre à la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Il contient exactement 26 propositions ayant pour objectif de bousculer les champs d’application de la profession. Parmi elles : la mise en place d’une consultation infirmière, le droit de prescription, les actes de soins, la prévention, etc.

Infirmier : l’enfant pauvre de la santé ?

Selon le livre blanc, les infirmiers sont la première profession du secteur de la santé. Pour autant, toutes les mesures prises jusqu’à ce jour ne concernent que les médecins.

Bien que leurs compétences aient été élargies, la profession manque de reconnaissance tant sur le plan juridique que financier.

L’Ordre des infirmiers insiste même sur « l’inadéquation du cadre réglementaire avec les pratiques » sur le terrain. En effet, 61 % des infirmiers avouent adapter chaque jour et volontairement, la posologie de traitement, un acte normalement réservé aux médecins. C’est même 69 % qui indiquent administrer des médicaments sans ordonnance à leurs patients et de façon quotidienne.

Des initiatives pour pallier un défaut dans le système

De moins en moins de médecins, des délais de rendez-vous de plus en plus longs, etc., le système de santé français montre des failles impactant directement les patients les plus fragiles ou démunis. C’est pour cette raison que l’Ordre des infirmiers estime qu’en « outrepassant » le cadre de leurs tâches légales, les infirmières et infirmiers deviennent une solution aux déficiences de l’organisation actuelle.

Cela est d’autant plus valable, que sur le terrain, la pratique est déjà actée. En effet, les infirmiers se retrouvent souvent « seuls de nuit pour prendre en charge plusieurs dizaines de patients ou de résidents, ayant plusieurs mois de délais avant de pouvoir consulter un médecin ». Pour autant, même s’il s’avère que cette pratique est courante, elle n’en est pas moins dangereuse, car elle relève de la responsabilité du soignant.



Vers une reconnaissance légale de la profession telle qu’elle est pratiquée

L’Ordre des infirmiers réclame donc une reconnaissance légale de la profession telle qu’elle est exercée actuellement, en prenant en compte tous les paramètres. En effet, toujours selon l’Ordre, un infirmier devrait avoir le droit de prescrire des antalgiques, des lits médicalisés, des actes biologiques pour les maladies chroniques, de même que pratiquer un renouvellement de prescriptions pour les traitements sur du long terme.

Étant sur le terrain et au plus près des patients, les infirmiers sont plus à même de comprendre et de rendre service aux malades, sans pour autant que ceux-ci n’aient à sortir ou prendre rendez-vous avec un médecin qui mettra plusieurs jours avant de pouvoir répondre à leurs besoins.

Enfin, la « consultation infirmière », bien que déjà existante, doit être plus reconnue, et ce, de façon officielle.