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Pollution plastique en Méditerranée, le WWF tire la sonnette d'alarme et propose des solutions

La mer Méditerranée traverse une forte crise écologique due au plastique. Le WWF (World Wide Fund for Nature) lance l’alerte et presse les gouvernements et citoyens à agir. Il y a urgence à sortir du « piège plastique » méditerranéen. Un point sur la situation.
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La mer Méditerranée, notamment parce qu’elle est quasiment fermée de par sa situation géographique, contient une des plus grosses concentrations de plastique au monde. Cette pollution a un impact catastrophique sur la faune et la flore comme le souligne le WWF dans son dernier rapport. Un point sur la situation.

Pollution plastique en Méditerranée, le WWF tire la sonnette d’alarme et propose des solutions



La mer méditerranée étouffée sous le plastique

La concentration de plastique en mer Méditerranée est 4 fois plus élevée que dans le désormais célèbre « continent de plastique » situé dans le nord du Pacifique. Le rapport du WWF en révèle les principales causes : « l’Europe est le deuxième producteur de plastique au monde derrière la Chine », « 200 000 touristes par an » envahissent les côtes méditerranéennes provoquant « une hausse de 40 % de la pollution marine tous les étés », 27 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année et seulement 1/3 de ce plastique est recyclé.

Les plus grands pollueurs de la Méditerranée sont la Turquie qui déverse 144 tonnes de plastique par jour dans la mer, l’Espagne avec 126 tonnes, l’Italie (90), l’Égypte (77) et la France (66) avec leurs principaux fleuves, autoroutes pour les déchets plastiques qui finissent pour la plupart dans la mer. En France, seulement 22 % du plastique est recyclé, un des pires chiffre en Europe, le reste finissant dans des décharges.

80 % du plastique provient des terres, 20 % de la pêche. La plupart de ces déchets ne sont absolument pas biodégradables et mettront parfois des centaines d’années à disparaître : « cinq ans pour un mégot de cigarette, 20 ans pour un sac, 50 ans pour un gobelet en plastique et jusqu’à 600 ans pour une ligne de pêche. »

« En Méditerranée, les principales victimes sont les oiseaux (35 %), les poissons (27 %), les invertébrés (20 %), les mammifères marins (13 %) et les tortues marines ». Ils se blessent ou meurent entravés dans des emballages plastiques et en ingèrent beaucoup, parfois jusqu’à en avoir l’estomac complètement rempli.

Beaucoup d’espèces intoxiquées, y compris les humains

« La conséquence de ce flot de contamination, associé à la spécificité de la Méditerranée qui est une mer semi-fermée, est le niveau de concentration record de dangereux microplastiques qui menacent à la fois les espèces marines et la santé humaine », explique Giuseppe Di Carlo, directeur de l’Initiative Méditerranéenne Marine du WWF.

En effet, la plus grosse pollution en mer est engendrée par les microplastiques, ceux qui font moins de 5 mm. Ils proviennent de la dégradation de plus gros débris, ou des microbilles utilisés dans certains produits cosmétiques, ou par l’usure de certaines matières comme les pneus ou les fibres synthétiques des vêtements. « L’impact des microplastiques dépasse l’environnement marin. Il va jusqu’à contaminer l’air, l’eau du robinet et mise en bouteille — et la nourriture et les boissons, y compris le sel, le miel et la bière » alerte le WWF.

« Les microplastiques contenus dans nos cosmétiques ou encore les bouteilles en plastique que nous jetons avec négligence et qui une fois en mer, se brisent en minuscules fragments, sont ensuite mangés par les poissons. Ils entrent ainsi dans la chaîne alimentaire jusqu’à nos assiettes : nous mangeons ce qu’ils mangent ! » rappelle Isabelle Autissier, Présidente du WWF France. Ces microparticules de plastique « contiennent des polluants organiques, tels que des pesticides, des phtalates, des PCB et du bisphénol A », qui, une fois absorbés par l’organisme peuvent causer de graves dommages sur la santé de tous, animaux et humains.

Quelles solutions pour enrayer cette pollution plastique ?

Le WWF en appel aux gouvernements pour qu’enfin soient ratifiés des accords internationaux pour faire cesser les rejets de plastique dans les océans, de prendre des mesures sérieuses et concrètes pour réduire à 0 les fuites de plastique venues de l’industrie, d’organiser la récupération du « matériel de pêche fantôme », c’est-à-dire des filets et autres crochets, déchets jetés ou abandonnés dans les océans qui tuent la faune de façon passive, mais conséquente, et d’« adopter des règlementations commerciales internationales sur les déchets plastiques définissant les critères de recyclage ».

À un niveau individuel, chacun peut limiter au maximum sa consommation de plastique en évitant de consommer des produits jetables (couverts en plastiques, pailles, assiettes, rasoirs...), en choisissant des produits avec moins d’emballage au supermarché, et en participant aux initiatives de tri sélectif et de recyclage autant que possible.