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Animaux marins venimeux : Comment se protéger ?

La diversité de la faune marine est extraordinaire, mais de nombreux animaux sont venimeux. Quelles sont ces espèces dangereuses ? Quelles sont les précautions à prendre ? Comment agir en cas de piqûre ou de morsure ?
Sommaire

En France métropolitaine, les envenimations marines sont assez rares, car peu d’espèces venimeuses vivent dans les eaux côtières de la métropole. En revanche, les eaux tropicales des départements et collectivités d’outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion, Polynésie française, etc.) regorgent d’animaux marins venimeux, particulièrement dangereux pour l’homme. Les risques d’envenimement sont plus fréquents lors de baignade en mer où certaines espèces n’hésitent pas à piquer ou à mordre pour se défendre. Parfois, un simple contact suffit pour être blessé.

Afin de protéger les baigneurs, les pêcheurs et les promeneurs des envenimations marines, le ministère des Solidarités et de la Santé tient à faire quelques recommandations et à rappeler les comportements à adopter en cas d’accident. Faisons un point sur ces précieux conseils.

Animaux marins venimeux : Comment se protéger ?


Les animaux marins susceptibles d’envenimer par piqûre

Les vives

Sur la première place du podium des espèces responsables d’envenimations marines en France métropolitaine, on retrouve les vives (la grande vive et la petite vive sont les plus répandues). Elles sont à l’origine des accidents les plus graves.

Ces poissons, mesurant entre 10 et 40 cm, vivent le plus souvent cachés et enfouis sous le sable à faible profondeur dans les eaux côtières de la métropole (surtout en mer Méditerranée). Les vives sont munies d’une nageoire dorsale composée d’épines venimeuses qui dépasse du fond sableux. De nombreux promeneurs ou nageurs se sont malencontreusement blessés en marchant dessus. Certains pêcheurs se blessent également en les manipulant.

Leur piqûre est très douloureuse et peut s’accompagner de nausées qui durent entre 20 et 50 minutes. De la fièvre, des maux de tête, des vertiges, des palpitations ou des vomissements peuvent apparaître.

Les rascasses

Sur la deuxième marche du podium, on retrouve les rascasses, également appelées poissons-scorpions ou crapauds de mer. Ces poissons de mer comestibles ont une tête épineuse, une large bouche et un corps massif avec des lambeaux de peau. Ils sont très présents dans les mers tempérées chaudes ou tropicales et se trouvent généralement près des rochers ou sur le sable (même à faible profondeur). La rascasse possède des épines rigides venimeuses sur la tête et les nageoires (plus de 15 en moyenne). Sa piqûre est très douloureuse et la plaie saigne beaucoup.

Les espèces les plus dangereuses, voire mortelles (poisson-pierre), se situent dans les eaux tropicales de l’océan Indien (Réunion, Mayotte) et l’océan Indo-Pacifique, plus particulièrement dans les récifs coralliens.

Les raies

Sur la dernière marche du podium, on retrouve les raies. Certaines espèces sont dotées d’un aiguillon venimeux situé à l’extrémité de leur queue qu’elles utilisent pour se défendre. Dans la plupart des cas, le « dard » de la raie reste planté dans la plaie ou casse.

La douleur de la piqûre est intense et ne cesse d’augmenter pendant 2 heures. Elle s’accompagne généralement d’un malaise (parfois une syncope), de troubles neurologiques ou cardio-vasculaires et, dans les cas les plus rares, une détresse respiratoire mortelle.

Ces poissons caractérisés par un corps aplati et de grandes nageoires pectorales en forme d’ailes ont pour habitude de vivre sur les fonds sableux. Deux espèces sont particulièrement dangereuses : la raie pastenague commune, responsable de la plupart des envenimations (surtout dans la mer des Caraïbes), et la raie aigle de mer.

Les autres espèces

Il y a également les cônes, très prisés des collectionneurs qui les considèrent comme les plus beaux coquillages du monde. Fréquent dans les régions tropicales de l’océan Atlantique et les récifs coralliens de l’Indo-Pacifique, ce mollusque est connu pour être l’espèce de coquillage la plus venimeuse et la plus dangereuse du monde. Il est à l’origine de nombreuses envenimations redoutables et parfois mortelles, notamment en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à la Réunion.

Moins dangereux, mais tout aussi douloureux, il y a les oursins qui sont très présents sur les côtes françaises.

Les espèces venimeuses à l’origine d’envenimation par morsure

Animaux marins venimeux : Comment se protéger ?

Les serpents de mer

Tout d’abord, il y a les serpents de mer qui sont très répandus dans les eaux tropicales chaudes de l’océan Indien et l’océan Pacifique. Généralement, ces reptiles aquatiques mesurant entre 120 et 150 cm de long (le serpent marin jaune et noir peut mesurer jusqu’à 2,75 m) ont tendance à vivre dans les eaux peu profondes à proximité des côtes. Ils restent la plupart du temps cachés sous des blocs de corail ou d’autres abris et ne sortent de leur cachette que pour s’alimenter, se reproduire ou respirer à la surface.

Toutes les espèces de serpents marins (plus de 76) peuvent injecter du venin. Même si la plupart d’entre elles ne sont pas agressives et plutôt craintives vis-à-vis de l’homme, il faut savoir que leur venin est répertorié parmi les plus toxiques du monde (20 fois supérieur à celui du cobra).

Leur morsure est indolore, mais particulièrement redoutable, car elle peut provoquer des décès. Les maux de tête, la transpiration, les vomissements, la raideur des muscles, la paralysie progressive et la destruction rapide du tissu musculaire squelettique (rhabdomyolyse) sont les principaux symptômes.

Les murènes

Ensuite, il y a les murènes qui mesurent en moyenne 1,50 mètre de long (la murène à longue queue peut atteindre les 4 mètres) et vivent à la fois dans les mers tempérées et tropicales. Ces poissons anguilliformes sont des animaux très paisibles et peu agressifs, voire pas du tout, sauf lorsqu’ils se sentent menacés.

Dans ce cas, les murènes n’hésitent pas à mordre avec leurs dents longues et pointues en forme de crochet qui déchiquettent la peau. Les plaies causées par leur morsure saignent en abondance et mettent du temps à cicatriser, car la salive de la murène est venimeuse. Elle provoque l’hémolyse (destruction des globules rouges du sang) et la nécrose de la peau (mort des tissus du corps humain).

Deux espèces sont présentes sur le littoral méditerranéen (la murène commune et la murène brune) et sont très peu venimeuses comparées à leurs cousines tropicales. En revanche, leur morsure est susceptible de s’aggraver en raison des souillures alimentaires en putréfaction coincées entre les dents du poisson et les nombreuses bactéries qui s’y cachent.

Les animaux venimeux responsables d’envenimations par contact

Les méduses

Les principales responsables des envenimations par contact sont les méduses. Très connu des vacanciers qui redoutent sa piqûre, cet animal gélatineux dépourvu de squelette et de cerveau est l’une des espèces les plus anciennes sur Terre (plus de 650 millions d’années). La méduse se déplace grâce au vent, aux courants et aux marées et prolifère dans tous les océans du globe.

Les espèces européennes ne sont pas dangereuses pour l’homme (peu venimeuses), mais leurs tentacules urticants provoquent des démangeaisons, des rougeurs et des brûlures. Il faut savoir que parmi les 1 500 espèces de méduses répertoriées à travers le monde, très peu d’entre elles sont mortelles.

La piqûre d’une physalie peut l’être. Il s’agit d’une grande méduse qui flotte à la surface de l’eau en permanence dans les mers chaudes. Sa piqûre provoque une douleur intense et s’accompagne de différents symptômes (malaise, général, vertiges, sueurs, vomissements, convulsions, douleurs musculaires, etc.), voire d’un décès.

À ce jour, la méduse la plus dangereuse est la méduse-boîte qui est considérée comme l’une des créatures les plus venimeuses au monde. Donc, faites attention si vous vous baignez dans les océans tropicaux et subtropicaux.

Les anémones de mer

Les anémones de mer sont également responsables d’envenimations par contact, mais contrairement à la méduse, il est généralement sans gravité. Appelés aussi orties de mer, ces animaux marins vivent fixés aux rochers du littoral.

Leur contact ne provoque qu’une légère brûlure transitoire. Soyez tout de même vigilant au choc anaphylactique (réaction allergique exacerbée) qui peut entraîner de graves conséquences et engager le pronostic vital. Dans ce cas, vous devez immédiatement prévenir les secours.



Les conseils pour prévenir et soigner les envenimations d’espèces marines

Animaux marins venimeux : Comment se protéger ?

Les précautions à prendre

Il est important de porter des vêtements de protection et des sandales.

Il faut également être vigilant avec les méduses échouées, car même si elles sont mortes et gisantes sur le sable, leur venin reste actif pendant plusieurs heures.

Avant d’aller vous baigner, il est essentiel de se renseigner sur la faune marine locale et ses dangers potentiels, car au-delà de la présence de certaines espèces venimeuses susceptibles de vous piquer ou de vous mordre pour se défendre, il y a des animaux beaucoup plus dangereux qui rôdent.

En effet, il existe des prédateurs redoutables et mortels dans les eaux des Caraïbes, les océans Indien et Pacifique : les requins, plus précisément le grand requin blanc, le requin-bouledogue et le requin-tigre. Ces énormes poissons carnivores chassent pour se nourrir et ont la fâcheuse habitude de confondre les humains avec leurs proies préférées, comme les phoques par exemple.

Chaque année, des baigneurs et des surfeurs se font tuer accidentellement, notamment à la Réunion qui détient le triste record de 27 attaques depuis 2011, dont 11 mortelles. Il existe certaines consignes de sécurité à suivre comme respecter les panneaux de signalisation « Danger requin », éviter les zones où la baignade est interdite ou encore ne pas se baigner au lever et au coucher du soleil (horaire de chasse des requins).

Si vous êtes un adepte de la plongée et de la découverte des fonds marins, veillez à respecter les consignes de sécurité lorsque vous observez la faune et la flore sous-marine, surtout si des espèces venimeuses vivent dans le coin.

Comment réagir en cas de blessures ?

Si un animal venimeux vous pique, assurez-vous de chauffer la région de votre corps atteinte par la piqûre le plus rapidement possible, car le venin de certaines espèces est très sensible à la chaleur. Par exemple, le venin de la vive est thermolabile, ce qui signifie qu’il se détruit par la chaleur. Donc, si vous avez été piqué par ce poisson, les centres antipoisons préconisent d’appliquer sur la région du corps atteinte par la piqûre une source de chaleur pendant 15 minutes minimum. Utilisez de l’eau chaude (maximum 45 °C), l’air chaud d’un sèche-cheveux ou encore un briquet, voire une cigarette incandescente, à approcher délicatement près de la piqûre (veillez à ne surtout pas toucher la peau pour éviter tout risque de brûlure).

Vous devez ensuite nettoyer et désinfecter soigneusement la plaie et appliquer une crème anti-inflammatoire. Il est conseillé d’utiliser des antibiotiques. Si la douleur persiste, n’hésitez pas à consulter un médecin, car parfois, il faut retirer un fragment d’épine resté dans la peau. Dans certains cas, il peut éventuellement vous recommander de vérifier si vous avez été vacciné contre le tétanos.

En revanche, si un poisson-pierre, un cône ou une physalie vous pique, ou un serpent marin vous mord, vous devez être amené de toute urgence à l’hôpital. Par exemple, une heure après la piqûre d’un cône, il n’est pas rare qu’une mort par paralysie cardio-respiratoire survienne.