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Feux de forêt : les origines des incendies et les solutions pour y faire face

Eviter les incendies de forêts : quelles sont les précautions à prendre et les règles d’usages à respecter ? Comment réagir face à un embrasement ?
Sommaire

L’ONF (l’office national des forêts) dénombre environ 4 000 incendies par an dont 80 % se produisent autour des bassins méditerranéen et landais. En effet, le climat chaud et sec de ces régions est propice aux embrasements. Face aux risques accrus, le gouvernement prend des mesures préventives pour protéger les populations. Nous décrivons ici ce qu’est un feu de forêt, les zones à risque identifiées, la façon dont vous pouvez vous informer, et les solutions et gestes simples à appliquer qui peuvent vous sauver face à un feu de forêt.

Feux de forêt : les origines des incendies et les solutions pour y faire face


Qu’appelle-t-on un feu de forêt ?

C’est la formation d’un seul foyer qui se propage sur plus de 5 000 m2 (soit 0,5 hectare) et qui parvient à détruire une partie de la cime des arbres ou le premier étage d’arbustes.

Comment se déclenche un feu de forêt ?

Deux principaux phénomènes expliquent ces déforestations. L’un de cause naturelle et l’autre de nature humaine.

Au total, chaque année, ce sont pas moins de 24 000 hectares de forêts qui brûlent et autant d’écosystèmes mis en péril.

Les causes naturelles

Des évènements tels que la foudre ou une éruption volcanique peuvent être à l’origine de ces feux de forêt.

Notons également que la période estivale y est particulièrement favorable, à cause de la sècheresse et la faible teneur en eau des végétaux.

Les causes humaines

90 % des embrasements sont la résultante de la négligence de l’homme. En effet, même si l’on déplore quelques actes de vandalisme isolés, la plupart des incendies sont accidentels. Il s’agit principalement du mauvais usage d’un barbecue ou du jet d’un mégot de cigarette.

Moins fréquemment, ce sont les infrastructures comme des lignes de transport d’énergie, les dépôts d’ordures, ou les lignes de chemin de fer qui peuvent provoquer un brasier.

Quelles sont les zones à risque d’embrasement ?

Il existe 2 niveaux d’alertes.

D’abord les terres considérées comme ayant un « risque très élevé ». Il s’agit des pinèdes landaises, du maquis corse, de la garrigue provençale et des zones de moyennes montagnes.

Puis, les communes dites « à risque » qui sont actuellement au nombre de 6 000 et principalement situées dans le sud de la France. D’ici 2040, elles devraient s’étendre aux régions du Nord, en raison du réchauffement climatique.



Où s’informer du niveau de menace de combustion d’un site ?

Les multiples moyens de communication actuels nous permettent d’être avertis. Ainsi, pour anticiper une excursion, vous pouvez consulter la carte de classification des risques, disponible sur le site du gouvernement.

Sur place, interrogez la mairie de la commune, la DDT ou DDTM. Vous saurez alors s’il existe un PPRIF (plan de prévention des risques d’incendie de forêt) dans le secteur concerné et quelles sont les précautions à prendre.

En ligne, restez informé en temps réel sur les sites des préfectures et autorités locales, les pages Facebook officielles et Twitter @gouvernementFr, @place_Beauvau.

Quelles sont les solutions pour protéger les espaces boisés du feu ?

La destruction des sites forestiers par le feu est un problème récurrent notamment pour 32 départements du sud de la France. Pour les préserver, l’État engage des actions.

La mobilisation d’hommes de terrain et d’équipements

Dans les zones affectées, le gouvernement emploi des ouvriers forestiers qualifiés. Ils sont gérés par l’ONF (office national des forêts) qui veille à assurer la protection des sites.

En fonction de la dangerosité et des besoins de la région, ces agents sont épaulés par des sapeurs forestiers, des cellules forestières qui assurent des patrouilles, des équipes pluridisciplinaires d’investigation (il s’agit généralement des gardes forestiers et des gendarmes). Mais il y a également des bénévoles réunis en CCFF (comités communaux de feux de forêt), l’existence d’une réserve de 1 500 militaires ou agents de la sécurité civile, et, une aide financière de la DPFM (délégation à la protection de la forêt méditerranéenne) sur l’espace méditerranéen. La DPFM y assure la coordination des actions de prévention incendie sur 15 départements.

Pour renforcer l’action des hommes, les SDIS (services départementaux d’incendie et de secours) et le ministre de l’Intérieur mettent à disposition de façon permanente 23 canadairs, 3 avions de reconnaissance et 40 hélicoptères.

Les plans de prévention incendie

Il existe les plans de protection des forêts contre les incendies, qui fixent les modalités préventives définies par les pouvoirs publics. Ils sont accessibles aux particuliers en préfecture. Puis, les DDRM (dossiers départementaux sur les risques majeurs), qui recensent les dangers par communes. Ils sont souvent complétés par des cartes dans des DCS (dossiers communaux synthétiques), consultables en mairie.

Quels sont les gestes simples à mettre en place ?

Dans le cadre d’une excursion

Pendant les périodes où les risques d’embrasement sont les plus élevés, l’accès à certains massifs est interdit. C’est pourquoi il est essentiel, quand vous êtes en balade, de respecter les indications locales.

À tout moment, pour éviter la catastrophe, il convient d’adopter les réflexes suivants : ne pas fumer, ni jeter de mégots par la fenêtre de votre voiture, ne pas allumer de feu de camp, ni de barbecue à moins 200 m d’une zone boisée, camper uniquement sur des lieux sécurisés, et, utiliser son automobile uniquement sur les chemins autorisés (en cas de besoin, cela facilite votre géolocalisation et l’accès aux véhicules de secours).

Quand on réside en zone menacée

Les habitants des communes sensibles sont soumis à certaines obligations légales comme celle de débroussaillement (OLD). Si vous êtes dans ce cas, soyez attentifs aux indications régulièrement diffusées par votre préfecture, et veillez à toujours espacer les plantations entre elles et les éloigner d’au moins 3 mètres de votre maison. Puis, il convient d’éviter les espèces de plantes inflammables et les matériaux combustibles, comme les gouttières en PVC. Vous devez élaguer les arbres, ramasser les aiguilles de pin, nettoyer vos gouttières et entretenir les voies d’accès.

Vérifiez aussi régulièrement que vos portes, fenêtres et volets fonctionnent correctement. Mais aussi que votre toiture est saine et que vous n’avez pas laissé traîner de bidon de liquide inflammable.

Enfin, assurez-vous qu’un moyen d’arrosage est accessible immédiatement. Si vous avez une piscine, il est conseillé d’acheter une motopompe thermique, avec un long tuyau permettant de protéger l’ensemble de votre propriété.

Comment faire face à un incendie ?

Le premier réflexe doit être de contacter les pompiers en composant le 112 ou le 18. Gardez votre calme pour être le plus précis possible dans votre description de l’incendie.

Quand on est de passage sur les lieux

Vous assistez à un départ de feu, vous pouvez essayer d’éteindre la braise avec du sable, de la terre ou de l’eau. Attention toutefois à ne pas battre les flammes, sous peine de les voir se propager.

Si le foyer est déjà développé, éloignez-vous dans le sens contraire des flammes, respirez dans un linge humide afin de limiter les effets secondaires des fumées toxiques. À pied, cherchez à vous isoler derrière un rocher, une butte de terre ou un mur.

Quand on réside sur place

N’évacuez les lieux que sur ordre des forces de l’ordre. Sachez que la plupart du temps, c’est dans votre résidence que vous êtes le mieux protégé.

La conduite à tenir pour un confinement optimisé est de fermer les bouteilles de gaz (éloignez celles qui sont à l’extérieur), fermer et arroser vos volets, vos portes et vos fenêtres. Vous devez boucher les sources d’aération avec du linge humide, retirer les éléments combustibles (mobilier en PVC, tuyaux d’arrosage) et limiter vos appels afin de ne pas encombrer le réseau téléphonique.

Habillez-vous pour éviter les brûlures. Ôtez tous les vêtements en tissu synthétique et optez pour une tenue en coton épais qui recouvre tout le corps. Enfilez ensuite une casquette, des lunettes enveloppantes ou un masque, un foulard humide, des chaussures montantes en cuir et une paire de gants en cuir.

Que faire après le départ des secours ?

Une fois le foyer maîtrisé, il faut rester vêtu de sa tenue protectrice. Ainsi, vous pourrez éteindre les flammes persistantes avec de l’eau, vérifier qu’aucune braise ne s’est faufilée dans une bouche d’aération ou sous la toiture.

Dans ces conditions extrêmes, n’oubliez pas de prendre des nouvelles de vos voisins. Ils peuvent être en détresse et avoir besoin de votre aide.