Passées À venir

Assises de l'école maternelle : les ATSEM attendent plus que des félicitations

Le rôle des ATSEM (Agents Territoriaux Spécialisés en Maternelle) est parfois sous-estimé, voire réduit à la fonction de « dame pipi » qui est loin de représenter l’éventail de compétences dont elles ont besoin pour remplir leur fonction auprès des tout-petits à l’école. Une discussion sur leur métier et leur statut a eu lieu lors des Assises de l’école maternelle. Qu’y a-t-il à en retenir ?
Sommaire

Lors des Assises de l’école maternelle, le président de la République, le psychiatre Boris Cyrulnik, et le ministre de l’Éducation nationale ont souligné l’importance du rôle de l’ATSEM (Agents territoriaux spécialisés des Écoles Maternelles) auprès des tout-petits et leur efficacité. Toutefois, même si la reconnaissance de leur fonction a été appréciée, au-delà des compliments, les Atsem réclament des mesures concrètes et une revalorisation de leur métier. Le point sur ce qu’ils demandent.

Assises de l’école maternelle : les ATSEM attendent plus que des félicitations



Les Atsem reconnus dans leur fonction

Contre toute attente, les ATSEM ont reçu les honneurs et la reconnaissance de leur rôle lors des Assises de l’école maternelle 2018.

« Une reconnaissance unanime » qui a été appréciée par Isabelle Dubois, du Collectif indépendant des ATSEM de France. « Boris Cyrulnik, le ministre de l’Éducation nationale et même le Président de la République ! »

« On a sous-estimé leur fonction et efficacité. En Allemagne, par exemple, elles ont un niveau master et sont un pivot essentiel » a fait remarquer le célèbre psychiatre.

Jean-Michel Blanquer, quant à lui, leur a rendu un hommage appuyé quand il a évoqué les professionnels concernés par la transformation de l’école maternelle, et le président Macron a souligné que toutes les compétences, y compris celles des ATSEM étaient nécessaires à l’école maternelle.

Les Atsem apprécient cette reconnaissance, mais veulent un nouveau statut

Isabelle Dubois reste néanmoins prudente. « Notre fonction a été valorisée. Maintenant nous attendons ce qui va suivre. Nous ne souhaitons pas qu’un diplôme plus élevé soit exigé, en revanche, nous voudrions que la difficulté de notre concours soit reconnue et que cela se retrouve dans nos salaires. Nous sommes également demandeurs de formations continues qui nous permettent d’améliorer notre pratique. »

Les principales mesures souhaitées par les Atsem sont un changement de nom, notamment pour le rendre plus « parlant » pour les enfants, des augmentations de salaire en adéquation avec leur rôle qui a évolué au fil des années, des formations continues, une évolution de carrière facilitée, notamment pour passer fonctionnaire catégorie B et une redéfinition de leurs fonctions.

Le gouvernement doit apporter des réponses prochainement sur le statut des Atsem

Depuis plus d’un an, les ATSEM essayent de faire reconnaître leur rôle et d’obtenir des améliorations pour leur carrière. La ministre de la Fonction publique a récemment déclaré : « L’Atsem et l’enseignant forment souvent un duo soudé et complémentaire (...). Si le métier est humainement valorisant, les difficultés sont réelles : des missions trop floues, des conditions de travail parfois extrêmement difficiles, un manque de débouchés et de perspectives ».

Après les grèves de décembre 2017 et du 1er février 2018, la ministre Annick Girardin s’est engagée « à ce que les missions des ATSEM soient clarifiées pour la rentrée prochaine ».