Perdre un emploi étudiant du jour au lendemain, c’est perdre une source de revenus qui permettait de financer ses études. Beaucoup d’étudiants qui travaillent en parallèle de leur formation se demandent alors s’ils peuvent, comme n’importe quel salarié, prétendre aux allocations chômage versées par France Travail. La réponse n’est pas tranchée : le statut d’étudiant n’exclut pas automatiquement le droit aux allocations chômage, mais leur obtention obéit à des règles précises, et leur cumul avec une bourse reste très encadré.
Le statut d’étudiant permet-il de toucher des allocations chômage ?
Contrairement à une idée répandue, être étudiant n’est pas un obstacle en soi à l’ouverture de droits aux allocations chômage. France Travail ne distingue pas les demandeurs d’emploi selon qu’ils poursuivent ou non des études : ce qui compte, c’est le parcours professionnel antérieur, indépendamment du statut civil de la personne.
Un étudiant qui a travaillé suffisamment longtemps et qui perd son emploi dans des conditions ouvrant droit à l’assurance chômage peut donc, en théorie, percevoir l’Allocation d’aide au Retour à l’Emploi (ARE), au même titre que n’importe quel autre travailleur.
La difficulté ne vient donc pas du statut d’étudiant lui-même, mais du cumul des conditions à remplir, qui sont souvent plus difficiles à satisfaire lorsque l’activité professionnelle a été exercée en parallèle d’un cursus.
Bon à savoir : le montant des allocations chômage n’a pas été revalorisé au 1er juillet 2026, faute d’accord au sein du conseil d’administration de l’Unédic.
Les conditions à remplir pour ouvrir des droits
Pour prétendre aux allocations chômage, un étudiant doit répondre aux mêmes critères que tout demandeur d’emploi :
- Une durée d’activité minimale : avoir travaillé au moins 130 jours, ou 910 heures, au cours des 24 derniers mois précédant la fin du contrat de travail. Les jobs étudiants, contrats saisonniers, CDD ou missions d’intérim comptent dans ce calcul, à condition qu’ils aient donné lieu à des cotisations sociales.
- Une perte d’emploi involontaire : seule une fin de CDD, un licenciement ou une rupture conventionnelle ouvre des droits. Une démission, en revanche, ne permet pas de percevoir l’ARE, sauf dans les cas de démission dite « légitime ».
- Une disponibilité pour rechercher un emploi : l’étudiant doit être inscrit comme demandeur d’emploi et rester en mesure de rechercher activement un poste, ce qui implique que le volume horaire de sa formation n’excède pas 40 heures par semaine.
- Résider en France et être physiquement apte à exercer un emploi.
Les stages non rémunérés, eux, n’entrent pas dans le calcul de la durée d’affiliation, faute de cotisations versées.
Le cas particulier des contrats en alternance
Les étudiants en apprentissage ou en contrat de professionnalisation bénéficient d’un régime identique à celui des salariés classiques. Leur temps de travail en alternance est pris en compte de la même manière dans le calcul des 130 jours ou 910 heures, et une rupture de contrat dans les mêmes conditions (fin de contrat, licenciement) leur ouvre les mêmes droits.
Comment calculer le montant de son allocation ?
Le montant journalier de l’ARE se calcule à partir du salaire journalier de référence (SJR), établi sur la base des rémunérations perçues au cours des 24 derniers mois. France Travail retient le montant le plus favorable entre deux formules :
- 40,4 % du SJR, majoré de 13,18 € par jour ;
- 57 % du SJR.
Dans tous les cas, l’allocation journalière ne peut pas dépasser 70 % du salaire journalier de référence, ni descendre en dessous d’un montant plancher fixé chaque année.
Les démarches à effectuer auprès de France Travail
Pour faire valoir ses droits, l’étudiant doit s’inscrire comme demandeur d’emploi sur le site de France Travail, en fournissant son attestation employeur, ses justificatifs d’activité et une pièce d’identité.
Un Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi (PPAE) est ensuite établi avec un conseiller, formalisant les engagements réciproques entre le demandeur d’emploi et France Travail. C’est cette étape qui conditionne le versement effectif des allocations chômage, une fois le différé d’indemnisation écoulé.
D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.