Formation, montant d'indemnisation… Qui sont les demandeurs d'emploi ?
Le mot « demandeur d’emploi » évoque souvent une image unique, figée d’une personne au chômage, en quête d’un travail. Pourtant, derrière ce terme se cache une réalité bien plus complexe. En 2024, la France comptait 3,8 millions d’allocataires de l’Assurance chômage, soit autant de parcours, d’âges et de profils bien distincts. Une étude de l’Unédic permet d’ailleurs d’en savoir plus sur ces demandeurs d’emploi.
Demandeurs d’emploi : une mosaïque de profils
Première constatation : la moitié des demandeurs d’emploi indemnisés par France Travail en 2024 proviennent de contrats courts, tandis que l’autre moitié est issue d’une rupture de contrat plus longue ou classique (licenciement, rupture conventionnelle, démission, etc.).
Les salariés du secteur privé en fin de CDD sont les plus représentés (14 %), parmi les allocataires qui proviennent de contrats courts. Suivent : les intérimaires (13 %), les saisonniers (6 %), les alternants (6 %), les intermittents du spectacle (4 %), les agents du secteur public en fin de CDD (4 %) et les titulaires de CDD d’usage (3 %).
Concernant les demandeurs d’emploi touchés par une rupture de contrat de travail, la majorité provient d’une rupture conventionnelle (18 %) et d’un licenciement pour faute (9 %). Les licenciements économiques et ceux pour inaptitude concernent quant à eux chacun 5 % des demandeurs d’emploi. D’autres situations restent plus marginales : les employés de particuliers (4 %), les fins de période d’essai (3 %), des départs volontaires (3 %), les démissions pour reconversion (1 %) ou encore les travailleurs frontaliers (1 %).
Bon à savoir : en tout, il y avait en 2024 6,2 millions de demandeurs d’emploi. Parmi eux, 3,8 millions étaient indemnisés par France Travail.
Un niveau de formation et un statut professionnel variés
Le niveau de formation est extrêmement variable selon les catégories d’allocataires. Par exemple, les intermittents du spectacle ou les alternants bénéficient souvent d’un diplôme supérieur, alors que les saisonniers ou licenciés économiques sont majoritairement sans diplôme. Les titulaires d’un CAP ou BEP sont particulièrement nombreux parmi les employés par des particuliers, les licenciés pour inaptitude ou les intérimaires.
Ce large éventail se reflète également dans les catégories socio-professionnelles : 12 % des allocataires sont cadres, avec une proportion très variable (8 % à 31 %) selon le type de rupture de contrat. Les cadres sont plus nombreux parmi ceux venus d’un CDI que parmi les fins de CDD, sauf chez les intermittents où le taux est notable (21 %).
De même, les profils de demandeurs d’emploi indemnisés ne sont pas répartis uniformément sur le territoire. La Corse, par exemple, se distingue par une forte proportion de travailleurs saisonniers, tandis que le Nord concentre davantage d’intérimaires. Les frontaliers sont majoritairement situés dans les départements limitrophes des pays voisins (Suisse, Luxembourg, Allemagne, Belgique).
Les allocations et activités : une diversité des situations économiques
Le montant quotidien moyen des allocations versées varie fortement : de 27 € net par jour pour les alternants à 69 € pour les frontaliers qui perdent leur emploi en dehors de France.
| Allocation journalière moyenne nette selon les catégories | |
|---|---|
| Catégories | Allocation journalière moyenne nette |
| Frontalier | 69 € |
| Intermittent du spectacle | 57 € |
| Démission pour reconversion | 55 € |
| Licenciement économique | 55 € |
| Rupture conventionnelle | 49 € |
| Licenciement pour faute | 46 € |
| Fin de période d’essai | 43 € |
| Départ volontaire | 40 € |
| Licenciement pour inaptitude | 39 € |
| Employé d’un particulier | 35 € |
| Saisonnier | 32 € |
| CDD | 31 € |
| CDD d’usage | 28 € |
| Alternant | 27 € |
Source : Unédic
Autre donnée à connaître : la moitié des demandeurs d’emploi indemnisés cumulent recherche d’emploi et activité professionnelle, mais ce taux fluctue énormément selon les profils. Alors que les intermittents du spectacle travaillent à 82 % tout en percevant des allocations, seuls 33 % des licenciés pour inaptitude continuent une activité. La création d’entreprises est également un phénomène fréquent, notamment après des départs volontaires pour reconversion ou rupture conventionnelle.
| Part d'allocataires qui travaillent selon les catégories | |
|---|---|
| Catégories | Part d'allocataires qui travaillent |
| Intermittent du spectacle | 82 % |
| Employé d’un particulier | 74 % |
| Démission pour reconversion | 71 % |
| Intérimaire | 59 % |
| CDD d’usage | 58 % |
| Départ volontaire | 58 % |
| Fin de période d’essai | 46 % |
| Rupture conventionnelle | 46 % |
| Licenciement pour faute | 43 % |
| Licenciement économique | 39 % |
| Licenciement pour inaptitude | 33 % |
Source : Unédic