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Protection de sa vie privée sur internet : réclamer ses données personnelles auprès des plateformes en ligne

La collecte et le stockage de nos données personnelles sur internet par les grandes entreprises ne sont plus vraiment une surprise. Le secrétaire d’État au numérique a fait l’expérience de réclamer ses données entre autres à Amazon et Uber, puis a relaté son expérience lors du salon Big Data.

Lors de son intervention au salon Big Data, Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État au numérique a interpelé les centaines de spécialistes de la donnée présents sur la collecte des données systématiques réalisées par les grands sites comme Google, Amazon, Uber ou Facebook. Il a raconté avoir lui-même demandé la restitution de ses données à ces grands sites. Le point sur ses déclarations.

Protection de sa vie privée sur internet : réclamer ses données personnelles auprès des plateformes en ligne



Des résultats « passionnants », mais aussi inquiétants

« J’ai commandé mes données à Amazon, Google, Facebook, Uber » a-t-il raconté aux professionnels présents lors du salon parisien Big Data qui a eu lieu les 12 et 13 mars 2018. « Sur les quatre, il y en a deux qui l’on fait extrêmement rapidement, deux avec qui cela a été extrêmement long » a-t-il expliqué. Il dit avoir reçu sur CD-ROM « 12 ans de commandes sur Amazon ».

« Le jeu de données qui m’a fait vraiment flipper, pour vous dire le mot » est celui d’une « application de transport en voiture » (Uber), a précisé M. Mahjoubi. Le secrétaire d’État a constaté qu’Uber avait stocké sans surprise « quatre ans » de tous ses points de départ et points d’arrivée, mais aussi, de manière plus inattendue pour lui, sa position géographique 5 minutes après que la voiture l’ait déposée. « Je ne savais pas que j’avais donné mon accord » pour que ces données soient stockées.

La possibilité pour chaque consommateur de récupérer l’ensemble de ses données sur une plateforme numérique qu’il utilise, appelée « portabilité des données », est une des dispositions phares du règlement européen sur la protection des données qui va entrer en vigueur au mois de mai. À cette date, les sites seront obligés de les fournir à celui qui en fait la demande.

Ce droit permet au consommateur de se faire une idée de ce que ces sites savent de lui. Il lui permet aussi, s’il le souhaite, de connaitre la réutilisation de ces données sur d’autres plateformes pour de nouveaux usages, voire de nouvelles valorisations.

Le « nouvel or noir » de l’économie numérique

En plus de représenter une forme d’invasion plus ou moins autorisée dans la vie privée de chacun, ces données numériques sont considérées comme très précieuses. En effet, elles sont étudiées de près et déjà utilisées à des fins commerciales afin de proposer des produits et des services toujours plus en adéquation avec le style de vie et les besoins du consommateur.

Beaucoup d’acteurs du numérique s’inquiètent de l’avance acquise par les grandes plateformes en matière d’accumulation de ces informations personnelles concernant nos achats et nos déplacements.

L’internaute aura bientôt la possibilité de demander la portabilité de ses données, c’est-à-dire le transfert de celles-ci vers de nouveaux prestataires. Elle se base sur le même principe que la portabilité des numéros de téléphone, et l’on pourrait par exemple l’appliquer au mail en demandant le transfert de nos correspondances et de nos contacts. « C’est peut-être un moyen de contrer ce phénomène », a souligné M. Mahjoubi.