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80 km/h, le Sénat veut assouplir la limitation de vitesse

Le Sénat vient d’adopter, contre l’avis du gouvernement, un amendement à la loi LOM (Loi d’Orientations et des Mobilités) qui redonne l’autorité aux préfets et aux présidents de région de décider de la limitation de vitesse sur les routes secondaires (à double sens de circulation sans séparateur central). Un point sur la situation.
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Même après l’adoption officielle et la mise en application de la loi qui limite la vitesse des automobilistes à 80 km/h sur les routes secondaires sans séparateur central, la polémique ne cesse pas. Cette fois, c’est le Sénat qui s’oppose au gouvernement en votant un amendement qui permet aux présidents des conseils départementaux et aux préfets de relever la vitesse maximale autorisée.

Cet amendement devra toutefois recevoir l’aval des députés de l’Assemblée nationale en juillet lorsqu’il leur sera présenté. Explications.

80 km/h, le Sénat veut assouplir la limitation de vitesse


Une mesure que le Sénat conteste depuis le début

Le Sénat critique depuis des mois la décision du gouvernement d’imposer la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires. Pour les sénateurs, cette décision a été prise sans concertation et ne tient pas compte des réalités locales.

L’adoption de cet amendement n’est pas vraiment une surprise, car dans le rapport du groupe de travail sénatorial « Sécurité routière : mieux cibler pour plus d’efficacité », datant d’avril dernier, des recommandations avaient déjà été faites en vue de donner la responsabilité des limitations de vitesse aux autorités locales.

Édouard Philippe et Élisabeth Borne opposés à cet amendement

« C’est une sorte d’amendement de cohérence », a défendu Michel Raison, le sénateur des Républicains précisant que « le Sénat est là pour essayer d’apaiser notre pays », « pas pour faire obstruction au travail du gouvernement ou du président de la République ».

Il a aussi rappelé que le Président de la République Emmanuel Macron avait aussi émis le souhait de trouver « une manière plus intelligente de mettre en œuvre » la mesure sur les 80 km/h au cours d’un débat public à Grand Bourgtheroulde en janvier dernier.

En revanche, le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre des Transports Élisabeth Borne se sont opposés à ces amendements. Ils souhaitent que l’expérimentation se poursuive au moins sur 2 ans et attendre les conclusions du Grand Débat National.

Ce sont les députés de l’Assemblée nationale qui trancheront par leur vote au mois de juillet lorsque l’amendement leur sera présenté.