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Vitesse limitée à 80 km/h sur les routes secondaires : une décision attendue le 9 janvier 2018

La décision finale concernant la réduction de vitesse sur routes secondaires à 80 km/h est attendue pour mardi prochain. Elle suscite une vive polémique entre la Sécurité routière et les associations d’usagers de la route. Le point sur leurs arguments.

La limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires à double sens de circulation sans séparateur central suscite une vive polémique notamment entre la Sécurité routière et les associations d’automobilistes. C’est un projet dont le gouvernement a fait l’annonce depuis longtemps, mais dont la décision finale est attendue ce mardi 9 janvier 2018. Les dernières infos sur le sujet et le point sur ce qui oppose les pour et les contre.

Vitesse limitée à 80 km/h sur les routes secondaires : une décision attendue le 9 janvier 2018



Le CISR se réunit le 9 janvier 2018 pour prendre une décision

Le Conseil Interministériel de Sécurité routière rencontre le gouvernement ce vendredi pour le conseiller sur les mesures qui permettraient de réduire le nombre de morts sur les routes chaque année. Parmi ces mesures qui sont en projet depuis 2015, celle qui consiste à réduire la vitesse autorisée à 80 km/h sur les routes secondaires est très décriée.

Le Premier ministre Édouard Philippe soutient personnellement la proposition

Le Premier ministre a annoncé publiquement son souhait de voir la vitesse réduite à 80 km/heure. Une décision motivée par les statistiques qui montrent que « deux tiers des accidents se concentrent sur ces tronçons de routes nationales et départementales bidirectionnelles aujourd’hui limitées à 90 km/h ».

Du même avis, Emmanuel Barbe, délégué interministériel de la Sécurité routière s’exprime sur la corrélation entre la réduction de la vitesse autorisée et la baisse du nombre d’accidents mortels en assurant que « c’est une donnée scientifique qui a été mesurée par de nombreuses études dans le monde », et que « si on fait baisser de 10 % la vitesse moyenne, on obtient une baisse de 4,6 % du nombre de morts ». Il précise également que si les vitesses baissent, on a plus de temps pour éviter des accidents, c’est ce qui fait la différence entre un simple accident et un accident grave. Le délégué interministériel s'étonne que cette constatation fasse l’objet d’un déni.

Une étude menée entre 2015 et 2017 attise les débats

Les pétitions se multiplient sur internet depuis l’annonce du projet de loi. Le principal grief évoqué est le risque d’augmentation massive du nombre d’automobilistes verbalisés sur les routes alors que les associations d’usagers, voitures et motos, prônent le recours à des mesures éducatives plutôt que restrictives.

De plus, ces associations ne s’estiment pas convaincues par les résultats des expérimentations menées entre juillet 2015 et juillet 2017 sur 81 km de réseau routier jugé dangereux, où la vitesse autorisée avait été abaissée à 80 km/h. Non seulement les résultats de l’expérimentation n’ont pas été rendus publics, mais les associations d’usagers de la route disent aussi avoir observé des travaux de rénovation et d’aménagements faits sur les 81 km de routes choisies, ce qui leur permet de contester qu’une baisse des accidents serait seulement liée à la réduction de vitesse.