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À Paris, les sorties sportives sont interdites entre 10 heures et 19 heures

À partir de ce mercredi 8 avril, les joggeurs et sportifs parisiens n’ont plus le droit de sortir entre 10 heures et 19 heures pour pratiquer leur activité physique. Telle est la décision de la mairie de Paris et de la préfecture de Police. Éclaircissements.
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Au 7 avril 2020, la pandémie de Coronavirus a contaminé plus de 1,3 million de personnes dans le monde et causé la mort de plus de 74 000 personnes. Les nations touchées de plein fouet par le Covid-19 essayent par tous les moyens de prendre les mesures nécessaires pour endiguer la propagation du virus. La France, qui a passé la barre des 10 000 morts, est confinée depuis mardi 17 mars.

Mais, avec l’arrivée des beaux jours, le gouvernement craint que les Français relâchent leurs efforts et ne respectent plus les mesures de confinement. L’État a donc tiré la sonnette d’alarme et autorisé les préfets à durcir les mesures de confinement pour éviter tout « relâchement ». La mairie de Paris et la préfecture de police ont immédiatement répondu à ce cri d’alerte en interdisant toutes les sorties sportives entre 10 heures et 19 heures, à compter de ce mercredi 8 avril. Faisons le point ensemble sur cette décision.

À Paris, les sorties sportives sont interdites entre 10 heures et 19 heures


Malgré les restrictions de déplacements, beaucoup trop de sportifs sont dans les rues

Les mesures de confinement mises en place par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de Coronavirus autorisaient les « déplacements brefs, à proximité du domicile, liés à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective ». Mais, le 23 mars 2020, l’État a décidé de durcir les règles du confinement pour enrayer la propagation du Covid-19 et limiter le risque de transmission ainsi que le nombre de personnes contaminées.

Cette décision gouvernementale a été prise notamment pour éviter certaines dérives que le SNJMG (Syndicat national des jeunes médecins généralistes), l’ordre des médecins et un syndicat d’internes jugeaient inacceptables pour la sécurité collective. Ainsi, depuis le 24 mars, l’activité physique en extérieur est plus encadrée et limitée à une fois par jour, à moins d’un kilomètre de son domicile, pendant une heure maximum et seul.

Malheureusement, il y a eu un contrecoup indésirable à cette nouvelle mesure de confinement, car des dizaines de joggeurs et de sportifs en tout genre se sont retrouvés au même endroit, au même moment. En conséquence, la distanciation sociale d’un mètre minimum n’était pas forcément respectée.

Interdiction formelle de pratiquer une activité sportive en extérieur entre 10 heures et 19 heures

Pour remédier à ces « rassemblements » inopinés, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le préfet de Police, Didier Lallement, ont décidé d’interdire les joggings et autres activités sportives individuelles entre 10 heures et 19 heures. Bien entendu, les sorties sportives sont autorisées en dehors de ces horaires, « au moment où l’affluence dans les rues est la plus faible » précise les autorités locales.

La maire de Paris a estimé sur France Info que sortir pour faire son jogging, « c’est très bien pour la santé, mais un peu moins pour le confinement ».

Laëtitia Vallar, porte-parole de la préfecture de police, a confirmé sur Europe 1 que « cela sera effectif dès ce mercredi ». Elle a par ailleurs précisé que cette mesure ne concernait pas les promenades et que celles-ci restent autorisées en journée.

Cela implique donc que les sportifs qui ne respectent pas cette nouvelle règle s’exposent à une amende forfaitaire de 135 € pour la première violation. Si le paiement n’est pas effectué dans les 45 jours, l’amende est majorée et le montant s’élève à 375 €. En cas de récidive dans les 15 jours, la contravention s’élève à 200 €, et 450 € pour l’amende majorée. Enfin, une multi-récidive dans une période de 30 jours, entraîne une amende de 3 750 € et une peine de prison pouvant aller jusqu’à 6 mois.

Un durcissement des règles de confinement qui répond à l’appel du gouvernement

Avec l’arrivée du printemps et le retour des beaux jours, le gouvernement s’inquiète d’un éventuel non-respect des mesures de confinement. C’est la raison pour laquelle lundi 6 avril, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a demandé aux préfets d’envisager le durcissement des règles en cas de « relâchement ».

En effet, en pleine pandémie de Coronavirus en France, l’État appelle chaque citoyen à faire preuve de civisme et être responsable. Heureusement, les Français ont compris les enjeux et se sont approprié les règles de confinement. Il ne faut surtout pas relâcher les efforts réalisés depuis trois semaines et céder à la tentation de sortir sous prétexte que le temps est ensoleillé.

Face à cette menace de « relâchement », le ministre demande aux préfets de prendre « en lien avec les maires, les mesures qui s’imposent, notamment de limitation de la pratique sportive individuelle, pour assurer un respect strict du confinement ».

Voilà les raisons qui ont poussé Paris à devenir la première ville en France à durcir les mesures de confinement. Et il y a fort à parier que, incessamment sous peu, d’autres villes françaises suivront l’exemple de la capitale.