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Accessibilité : L'association APF France Handicap dénonce le retard dans la mise aux normes

L’APF France Handicap rappelle le gouvernement à ses obligations de mettre aux normes l’accessibilité des bâtiments et de la voirie pour les personnes handicapées. Explications.
Sommaire

Selon une étude de l’IFOP, deux tiers des personnes en situation de handicap sont encore limités dans leurs déplacements quotidiens à cause d’infrastructures non adaptées. Ce problème concerne l’ensemble de la population : invalides, comme valides. Selon l’association APF France Handicap, le gouvernement doit imposer l’avancement du chantier d’accessibilité en France.

Accessibilité : L'association APF France Handicap dénonce le retard dans la mise aux normes


La circulation et l’accès aux bâtiments de plus en plus complexe

Deux tiers des personnes en situation de handicap disent rencontrer des problèmes de circulation et d’accès à certains bâtiments. C’est du moins le constat révélé par une étude IFOP menée sur 11 905 Français (dont 51 % en situation de handicap) et publiée le 29 janvier dernier par l’association APF France Handicap.

Trottoirs trop hauts, escaliers dans les lieux publics sans rampe d’accès, obstacles sur les trottoirs, manque d’accès aux transports en commun, etc., tel est le quotidien de milliers de personnes à mobilité réduite en France.

Cependant, un tiers des personnes valides précisent également rencontrer des problèmes quant à leurs déplacements dans les rues ou pour accéder à certains lieux. Cela concerne entre autres, les personnes âgées non handicapées, les jeunes parents et leurs poussettes, les livreurs portant des charges conséquentes, mais aussi les personnes temporairement blessées et à béquilles ou fauteuil roulant.

Un taux de satisfaction « globalement très faible »

Lorsque l’on demande aux Français interrogés dans le cadre de l’enquête s’ils sont satisfaits des infrastructures françaises dans leur ville, leur réponse est « globalement très faible ».

Cela est d’autant plus visible à Grenoble, pourtant championne pour son accessibilité. Seuls 30 % des personnes trouvent qu’il est facile de se déplacer dans les rues et d’accéder aux bâtiments grenoblois.

Pire encore, Nice, Paris et Marseille figurent parmi les villes les moins « accessibles », générant un taux de satisfaction de 9 à 10 % de la part des habitants respectifs.

Les accès aux cabinets médicaux inappropriés

Un grand nombre de bâtiments ou lieux recevant du public ne sont pas adaptés pour permettre l’accès aux personnes en situation de handicap. C’est notamment le cas des cabinets médicaux.

En effet, d’après l’enquête, 50 % des sondés éprouvent des difficultés à entrer chez leur médecin en fauteuil ou avec des béquilles.



Un appel aux politiques

Nicolas Mérille, chargé du dossier de l’accessibilité au sein de l’APF France Handicap a interpellé les pouvoirs publics et leur demande de prendre le problème à bras le corps en « rappelant tout le monde à ses obligations pour que ce chantier avance ».

Selon lui, un portage politique est nécessaire, ainsi que l’application de sanctions pour les récalcitrants. Pour rappel, la loi de 2005 prévoyant une amende de 1 500 euros envers les établissements non aux normes n’est quasiment jamais appliquée.