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Alicem : L'application d'authentification en ligne certifiée qui ne fait pas l'unanimité

L’application pour smartphone Alicem ou « Authentification en ligne certifiée sur mobile » permettrait à tout utilisateur de prouver son identité sur le net. Un point sur cet outil qui ne fait pas l’unanimité.
Sommaire

En partenariat avec l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés), le Ministère de l’Intérieur a mis en place une application smartphone pour que les utilisateurs puissent prouver leur identité sur le net, de façon sécurisée et facile. Celle-ci est actuellement en phase de test sur FranceConnect, et l’objectif serait de la déployer d’ici la fin d’année 2019.

Alicem : L'application d’authentification en ligne certifiée qui ne fait pas l'unanimité


Un système d’identification sûr selon le gouvernement

Les règles de l’identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques (eIDAS) visent à renforcer la sécurisation des transactions électroniques dans l’Union européenne, et ce, tout particulièrement avec les services publics. Trois niveaux de sécurité sont mis en place : faible, substantiel et élevé.

Selon le gouvernement, l’application Alicem est protégée par un niveau de garantie élevé, en accord avec le règlement européen. En parallèle, une demande de qualification auprès de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) est actuellement en cours.

Les tentatives d’usurpation d’identité sur le net seront donc mises à mal si les internautes utilisent l’application du ministère de l’Intérieur.

Plus de 500 services disponibles depuis l’application

Alicem donnera accès aux quelque 500 services publics disponibles dans l’hexagone et partenaires de FranceConnect.

De plus, l’application est totalement libre, et il ne sera pas obligatoire de l’utiliser.

Trois alternatives seront alors disponibles pour réaliser une démarche administrative : créer un compte sur Alicem, utiliser les autres moyens d’identification de FranceConnect ou continuer d’utiliser les procédures administratives actuelles.

Une grande avancée numérique pour l’État français

Avec Alicem, l’État français conforte sa présence digitale en facilitant l’accès au monde numérique. Conjointement avec la ministre de la Justice et le secrétaire d’État chargé du numérique, le ministre de l’Intérieur élargit l’éventail des services publics.

De plus, l’application Alicem a pour but de simplifier les démarches administratives, afin d’atteindre les objectifs du programme Action Publique 2022. Pour rappel, celui-ci prévoyait un accès dématérialisé à l’ensemble des services publics les plus utilisés, dès 2022. Pour l’heure, il n’y en a que 67 %.

La lutte contre l’usurpation d’identité sur le net est également l’un des chevaux de bataille du gouvernement, au même titre que la cybercriminalité. En proposant une identification numérique à un niveau élevé, l’État français démontre son ambition quant à la protection des citoyens sur le net, mais répond également à la modernisation du pays, comme demandé par la Commission européenne.



Les avantages mis en avant par le ministère de l’Intérieur

Selon le ministère de l’Intérieur, les démarches en ligne seront grandement simplifiées. En effet, avec un seul accès, les utilisateurs pourront se connecter à une multitude de services en ligne. Il n’est plus utile de mémoriser plusieurs mots de passe.

De plus, grâce à la sécurisation de la connexion, l’identité d’un internaute sera en adéquation avec son passeport biométrique ou son titre de séjour. Une reconnaissance faciale depuis l’application sera disponible, afin de vérifier que le détenteur du smartphone soit bien la personne qui tente de se connecter.

Grâce au niveau de sécurité élevé, l’application pourra aussi donner l’accès à des services n’étant pour l’heure accessibles qu’en guichet (exercice de droits pour lesquels la certitude de l’identité est obligatoire, les demandes de titres ou leur modification, l’accès à des données d’ordre juridique, certaines prestations sociales, etc.).

Enfin, les données personnelles des utilisateurs ne seront quant à elles conservées que dans leur smartphone et uniquement sous leur contrôle. Elles ne seront partagées qu’avec les services en ligne avec lesquels l’usager interagit, après identification avec un code de sécurité. Ces mêmes données ne feront l’objet d’aucun traitement et ne pourront donc pas être transmises à des tiers.

Une application qui ne fait pas l’unanimité

Alicem ne fait pas l’unanimité. L’association de défense des libertés numériques, La Quadrature du Net, a déposé un recours devant le Conseil d’État le 15 juillet dernier dans le but de faire annuler le décret autorisant la création de l’application.

Élément contesté : l’obligation de recourir au dispositif de reconnaissance faciale pour pouvoir utiliser l’application Alicem.

Ainsi, l’État ne respecterait pas selon elle, certaines dispositions du RGPD (Règlement général sur la protection des données personnelles) relatives au consentement libre et non imposé des utilisateurs.