Anef : une enquête révèle les dysfonctionnements du logiciel pour les étrangers en France
L’Anef (Administration numérique des étrangers en France) a été lancée avec l’ambition de simplifier et de moderniser les démarches administratives des étrangers. À l’heure actuelle, il est possible d’y faire une demande d’autorisation de travail, une validation de visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS), ou encore une partie des premières demandes ou des renouvellements de titre de séjour. Le hic ? Une enquête de la FAS (Fédération des acteurs de la solidarité) révèle des « dysfonctionnements du logiciel ».
Trop de dysfonctionnements de l’Anef ?
La Fédération des acteurs de la solidarité, organisation engagée dans la défense des droits des plus vulnérables, a décidé de s’intéresser de près au fonctionnement de l’Anef après avoir reçu de nombreuses remontées au sein de son réseau. En tout, 485 travailleurs sociaux ont pris le temps de répondre à cette enquête.
Résultats : 58 % des personnes interrogées estiment que les étrangers dont ils s’occupaient ont perdu leurs droits à la CAF en raison de dysfonctionnement de l’Anef. Pour 50 % des répondants, les personnes concernées ont perdu leurs droits à France Travail en raison de ces dysfonctionnements et pour 45 %, c’était leurs droits à l’emploi.
Autre problème ? 82 % des sondés qui ont contacté le Centre de Contact Citoyen (CCC) n’ont eu aucune aide concrète ou des réponses stéréotypées ne permettant pas de remédier au problème. Pourtant, ce dispositif a été mis en place pour accompagner les usagers lorsqu’ils rencontrent des difficultés avec l’Anef. Enfin, 70 % déplorent qu’il n’y ait aucune information sur le site de la préfecture pour savoir ce qu’il faut faire en cas de difficultés avec l’Anef.
Quelles sont les recommandations de la Fédération des acteurs de la solidarité ?
Face à ces résultats, la Fédération des acteurs de la solidarité lance plusieurs préconisations :
- lancer une communication nationale de grande envergure sur la valeur de l’API (attestation prolongation d’instruction) auprès des différentes administrations ;
- mettre de réels moyens pour débloquer les dysfonctionnements techniques du logiciel ;
- mettre plus de moyens financiers et humains dans les services préfectoraux et dans les associations ;
- permettre un renouvellement automatique des API lorsque la demande est en cours d’instruction ;
- mettre en place une API de 6 mois minimum pour ne pas créer de ruptures de droit ;
- améliorer l’accessibilité et la qualité du service public.