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Contenus pornographiques : Comment mieux protéger les enfants ?

Le gouvernement cherche à mieux protéger les enfants du « fléau » de la pornographie sur internet. Une charte devrait être signée entre les différents acteurs d’internet et un rapport a été commandé pour faire le point sur les dispositifs techniques pouvant être mis en place pour restreindre l’accès des mineurs au contenu pour adultes sur internet. Le point dans cet article.
Sommaire

Les enfants sont exposés de plus en plus jeunes à du contenu pornographique sur internet, souvent via des sites de streaming vidéo illégaux. Ces images, rarement compensées par une éducation sexuelle appropriée engrangent une perception erronée de la sexualité, et les comportements qui vont avec : rapports non protégés, violences faites aux femmes, etc.

Le gouvernement cherche à lutter contre ce qui est aujourd’hui considéré comme un véritable « fléau » en impliquant différents acteurs d’internet et de la société civile. Quelles sont les solutions envisagées ?

Contenus pornographiques : Comment mieux protéger les enfants ?


Une charte en préparation

« Il y a près de 60 % des mineurs qui ont eu accès à la pornographie », et « la première fois, c’est autour de 10-11 ans », a commenté le secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance Adrien Taquet.

« Cela affecte leur sexualité, leur développement et leur relation au monde. Il faut véritablement que l’on agisse pour lutter contre ce qui est un véritable fléau ».

En visite au siège parisien de Google, Adrien Taquet, accompagné du secrétaire d’État chargé du numérique, Cédric O, ont fait savoir qu’une charte était en préparation pour que des acteurs d’internet et de la société civile mettent en place des solutions pour limiter l’exposition des mineurs à du contenu pornographique en ligne.

Un rapport attendu pour septembre

Un rapport a également été commandé auprès de hauts fonctionnaires de Bercy. Le gouvernement leur a demandé d’explorer les « dispositifs techniques » possibles pour limiter l’accès des mineurs à du contenu pour adultes sur internet.

« Ce sont des difficultés plus juridiques que technologiques », a expliqué M.Taquet. En effet, les plateformes qui diffusent du contenu pornographique gratuit et accessible, souvent piraté, sont hors-la-loi et souvent situées dans des paradis fiscaux.

Le secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance a établi un parallèle entre exposition précoce à des images pornographiques et l’augmentation de la « prostitution enfantine ». En France, 10 000 enfants en seraient victimes. « On constate qu’il y a une forme de banalisation de certains comportements sexuels chez des enfants qui ont 13/14 ans, et j’ai du mal à ne pas faire le lien avec l’accès plus grand aux contenus pornographiques », a-t-il déclaré.

La pornographie en guise d’éducation sexuelle

« On est face à un échec en matière d’éducation sexuelle et affective. Voilà trente ans qu’on se plante ! » s’insurge Thomas Rohmer, le président de l’Open (Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique). « Et il reste très compliqué de parler de sexualité en France en 2019. Le porno est pourtant le modus operandi choisi par les ados, à un âge où ils sont des volcans hormonaux, pour pallier le manque d’accompagnement des adultes sur ce sujet. »

La gynécologue Ghada Hatem, fondatrice de La Maison des femmes en Seine–Saint-Denis, note que les jeunes femmes qui viennent consulter se renseignent de plus en plus sur la labioplastie, une chirurgie pour modifier l’aspect de leur sexe « pour avoir, comme dans les vidéos pornos, un sexe d’adolescente. »

La pornographie « met aussi les jeunes hommes dans une logique de performance », explique Mme Hatem. « Ils se sentent en difficulté puisque, bien sûr, leur pénis n’a pas la taille de ceux montrés à l’image. »

De plus, la pornographie « banalise » les comportements violents : on y voit trop souvent des femmes asservies au seul plaisir de l’homme. « Un message désastreux. »