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Les conseils pratiques du CSA pour protéger les enfants des écrans

Une exposition excessive des enfants aux écrans peut avoir des effets néfastes sur leur développement et leur santé physique. Comment les parents doivent-ils agir pour éviter ces risques ?

La révolution numérique et la multiplication des écrans (environ 5 par foyer) ont totalement bouleversé les habitudes de la jeunesse actuelle. Désormais, vos enfants ont tendance à trop regarder la télévision ou pris la fâcheuse habitude de réclamer systématiquement votre smartphone ou votre tablette après l’école pour regarder leurs dessins animés préférés ou s’adonner aux plaisirs des jeux vidéo. Les experts de l’enfance et de la santé ont largement démontré qu’une exposition permanente aux écrans peut entraîner des risques pour le développement et la santé physique des jeunes enfants. Ce problème est devenu un véritable enjeu de santé publique. C’est pourquoi le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) émet des recommandations quant aux attitudes que doivent adopter les parents face à cette nouvelle addiction numérique.

Les conseils pratiques du CSA pour protéger les enfants des écrans


Choisir un programme adapté à l’âge de votre enfant

Il est important d’adopter un usage éducatif des écrans en fonction de l’âge de vos enfants.

Les enfants de moins de 3 ans

Le CSA, le ministère des Solidarités et de la Santé ainsi que de nombreux experts de l’enfance et de la santé estiment que la télévision n’est pas du tout adaptée aux tout-petits, même si des chaînes et des programmes leur sont dédiés.

Ce loisir audiovisuel ne doit pas intervenir dans le processus de développement d’un enfant de moins de 3 ans qui s’axe principalement sur la motricité et l’interaction avec le monde qui l’entoure (parents, frères et sœurs, jouets, etc.). En effet, il a été démontré que la télévision peut provoquer un risque d’enfermement chez les enfants : au lieu d’être un acteur du monde réel et interagir avec son environnement, l’enfant devient un simple spectateur d’un monde factice.

Le CSA tient également à préciser que les tout-petits ne sont pas en mesure de comprendre les informations reçues par les images et les sons. Attention, il ne faut surtout pas croire que la télévision apaise les bébés. Certaines personnes ont tendance à placer leur enfant devant un écran pour les calmer. Cependant, cet effet calmant n’est qu’une illusion, car tout ce flux d’images et de sons ne fait que capter son attention. De plus, ce calme ne dure qu’un temps puisqu’il est généralement suivi d’une forte agitation inexpliquée qui peut amener les parents à augmenter la fréquence d’exposition à la télévision et ainsi accentuer les risques de trouble du développement de l’enfant.

Conscient des dangers d’une exposition excessive des enfants aux écrans, le CSA milite depuis une décennie afin de bannir les écrans pour les enfants de moins de 3 ans et ne cesse de marteler les chaînes de télévision et les radios pour diffuser le slogan « Pas d’écran avant 3 ans ».

À l’occasion de ces 10 ans de campagne, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a tenu à apporter son soutien au CSA pour son action face aux dangers des écrans : « S’il ne faut pas culpabiliser les parents, il ne faut pas ignorer les risques qui pèsent sur les jeunes enfants et les conséquences sur le développement du cerveau, l’acquisition du langage et le niveau de concentration. » Elle évoque également les dangers pour la santé physique des enfants allant des troubles de la vision et du sommeil jusqu’à l’obésité due à la sédentarité.

Les enfants âgés de 3 à 6 ans

Il existe des émissions et des programmes destinés exclusivement aux enfants âgés de 3 à 6 ans pour stimuler certaines de leurs capacités comme la mémoire ou la reconnaissance des chiffres et des lettres de l’alphabet.

Le CSA rappelle toutefois l’importance de limiter la durée d’exposition aux écrans des enfants. Il faut partir du principe que 10 minutes passées devant la télévision, représente déjà un temps de concentration relativement élevé pour leur âge. Le CSA vous conseille de privilégier des sessions d’exposition courtes et de faire en sorte que votre enfant regarde plusieurs fois le même programme afin qu’il puisse mieux « comprendre l’action et les interactions entre les personnages ». Dans cette même optique, il est déconseillé de « zapper » continuellement entre plusieurs émissions.

Il ne faut pas oublier que les enfants âgés de 3 et 6 ans réagissent avec leur sensibilité. C’est pourquoi les parents doivent être vigilants et apporter une attention particulière sur ce que regardent leurs enfants, car ils n’ont aucun recul face aux images. À cet âge, les enfants ne font aucune différence entre la réalité et la fiction et considèrent chaque image perçue comme étant réelle.

Entre 6 et 10 ans

Les enfants âgés de plus de 6 ans sont capables de mieux comprendre le monde réel. Néanmoins, ils ont tendance à vouloir imiter tout ce qu’ils voient et ne mesurent pas la dangerosité de réaliser certaines « cascades ». Il est donc nécessaire de leur expliquer qu’il ne faut absolument pas reproduire ce qu’ils ont vu à la télévision et leur rappeler que ce n’est pas la réalité.

Il faut également être attentif et respecter la sensibilité des enfants en favorisant des programmes qui sont destinés à leur âge (film pour enfants, dessin animé, documentaire ou émission éducative). Bien choisir les programmes avec eux est important, de même que limiter la durée d’exposition des séances. Idéalement, les parents doivent essayer de regarder la télévision en compagnie de leurs enfants (dans la mesure du possible bien évidemment).

Après l’âge de 10 ans

Après 10 ans, les enfants veulent accéder aux images qu’ils souhaitent en toute autonomie. Il est donc primordial que les parents accompagnent leurs enfants dans le choix de leurs programmes afin de les « aider à devenir des téléspectateurs actifs ».

Il est indéniable qu’à un moment donné, les adolescents désirent accéder à des contenus violents ou pornographiques, désormais facilement accessibles grâce à internet. Les parents doivent donc être vigilants et maintenir le dialogue avec leurs enfants.

Le journal télévisé n’est pas un programme adapté aux plus jeunes

Avant l’âge de 8 ans, seuls les programmes jeunesse sont adaptés aux enfants. Il est donc fortement déconseillé de laisser les enfants regarder les JT d’informations.

Bien entendu, les enfants ont le droit d’accéder à l’information, mais celle qui est diffusée dans les journaux télévisés n’est pas adaptée à leur sensibilité et risque de les angoisser. C’est la raison pour laquelle les présentateurs de JT doivent obligatoirement prévenir le public avant de diffuser des images ou des témoignages insoutenables qui pourraient heurter la sensibilité des plus jeunes. De cette manière, les enfants peuvent détourner les yeux de l’écran. Vous pouvez toujours évoquer oralement les évènements marquants de l’actualité avec votre enfant en utilisant des termes adaptés à son âge.

Imposer une durée limitée d’exposition aux écrans

Afin de limiter le temps passé devant l’écran, le CSA vous conseille de ne pas installer de télévision dans la chambre de votre enfant (il risquerait de s’isoler encore plus de la vie familiale et vous n’aurez aucun contrôle sur ce qu’il regarde), de choisir un moment précis où votre enfant peut regarder la télévision, de privilégier le visionnage d’un programme en entier et éviter qu’il zappe d’un programme à l’autre, de prendre soin du confort de visionnage de votre enfant en favorisant de bonnes conditions de distance et d’éclairage, et surtout d’instaurer des moments d’échanges en famille sans aucun écran (repas, sorties, jeux, discussions, etc.).

Protéger vos enfants des contenus inappropriés

Il est primordial que les parents choisissent des contenus adaptés à l’âge de leur enfant pour éviter qu’il ne soit troublé par ce qu’il a vu. En effet, les enfants ne voient pas la même chose que les adultes, certaines images peuvent les choquer et susciter des émotions complexes.

L’exposition à des contenus violents ou choquants peut provoquer des troubles chez les enfants tels que des difficultés à s’endormir, des cauchemars, des angoisses, la banalisation de la violence et l’agressivité. Même si elles ne sont pas visibles au premier abord ou sur le moment, ces émotions négatives peuvent ressurgir plus tard et se manifester dans le sommeil de votre enfant ou lorsqu’il se retrouve seul dans le noir. Soyez attentif aux différents signes d’un éventuel traumatisme liés à l’exposition d’images choquantes.



Dialoguer pour aider et accompagner votre enfant

Il est impossible de surveiller tous les programmes que votre enfant regarde. Dans le cas où il aurait été choqué par des images qui ne lui étaient pas destinées, vous pouvez toujours minimiser l’impact de l’image violente en dialoguant avec lui et faire en sorte qu’il exprime ce qu’il a ressenti.

Par peur d’avoir honte qu’on se moque de lui ou que vous le priviez d’écran, votre enfant ne prendra sans doute pas l’initiative de vous parler directement. Dans ce cas, n’hésitez pas à instaurer des moments de dialogue et d’échanges pour savoir ce qu’il a regardé et ce qu’il en a pensé. À partir du moment où un enfant voit qu’un adulte s’intéresse à lui, il sera plus enclin à exprimer ses sentiments et partager ses émotions.

Expliquer la signalétique jeunesse aux enfants

Depuis 2002, le CSA a créé avec les chaînes de télévision un système commun de classification des programmes appelé « la signalétique jeunesse ». Ainsi, des pictogrammes sont apposés sur les programmes pendant toute leur durée, ce qui permet d’avoir des indications précises sur l’âge requis pour regarder un programme (-10 ans, -12 ans, -16 ans et -18 ans).

De plus, pour perfectionner son dispositif, le CSA impose des contraintes horaires aux chaînes de télévision pour diffuser certains programmes classifiés. Par exemple, les films interdits aux moins de 18 ans ne peuvent être diffusés qu’entre minuit et 5 h du matin et sur des chaînes accessibles par abonnement comme les chaînes cinéma et les chaînes de paiement à la séance. Cette autorisation de diffusion est possible, notamment parce qu’il existe un système de verrouillage de ces programmes qui empêche les mineurs d’y accéder.

Il est important d’expliquer à votre enfant la signalétique jeunesse et n’hésitez pas à lui faire comprendre que vous aussi, en tant qu’adulte, vous pouvez être choqué par certaines scènes. Il ne faut surtout pas le laisser croire qu’un adulte ne peut pas éprouver de peur, d’angoisse ou de dégoût en regardant un film violent.

En connaissant les pictogrammes, votre enfant pourra renoncer de lui-même à un programme inadapté à son âge. Veillez à ce que tous les membres de la famille (notamment les grands frères et les grandes sœurs) et les professionnels qui interviennent auprès de votre enfant (comme les baby-sitters) soient vigilants quant aux programmes visionnés par les plus jeunes.

Utiliser les dispositifs de verrouillage

Pour protéger vos enfants des programmes inappropriés, vous pouvez utiliser le dispositif de verrouillage pour les programmes interdits aux moins de 18 ans.

La démarche est relativement simple. Pour bloquer l’accès à ces contenus, vous devez personnaliser le code parental. Il est fortement déconseillé de choisir un code que votre enfant pourra facilement trouver. En d’autres termes, ne mettez pas de date de naissance, choisissez un code difficile et gardez-le secret. En cas d’oubli, vous avez toujours la possibilité de retrouver ce code dans l’espace gestion de votre boîtier TV.

Prendre des précautions face aux risques liés à internet

Concernant les sites de vidéos à la demande ou de replay, les parents retrouveront la signalétique jeunesse du CSA. Mais les autres sites internet sont au-delà du domaine de compétence du CSA qui tient à alerter et à rappeler aux parents les nombreux dangers de la toile : confrontation à des contenus illégaux (racistes, pédophiles, etc.) ou réservés exclusivement aux adultes (violence, pornographie, etc.), la possibilité de rencontrer des inconnus sur des chats, des forums ou des sites communautaires, le harcèlement en ligne, le téléchargement illégal de fichiers...

Attention, il ne s’agit pas d’interdire à votre enfant de naviguer sur internet qui représente une source inépuisable de connaissances et d’échanges, mais simplement de le surveiller attentivement et de ne pas le laisser seul et sans contrôle devant une tablette, un smartphone ou un ordinateur. En plus d’accompagner votre enfant lorsqu’il navigue sur internet, vous pouvez installer un logiciel de contrôle parental.